DES SYSTÈMES PSYCHOLOGIQUES
addition importante; mais ces philosophes, en cherchant à expliquer les faits de l'intelligence par le concours de la sensibilité et de la volonté, ou par le travail de la volonté opérant sur les données de la sensibilité, ont fait des idées, des jugements, etc., de simples produits de la volonté, par conséquent tout personnels, par conséquent sans valeur réelle et absolue. Ce n'est donc pas encore là un système qui embrasse^ tous les phénomènes de conscience, c'est un moyen terme entre le sensualisme et le rationalisme, un demi-rationalisme.
12. D'autres se sont aperçus que les faits de l'intelligence sont parfaitement distincts des impressions, des sensations et des sentiments, et parfaitement distincts aussi des volitions. Ils ont donc distingué l'intelligence de tout ce qu'on peut désigner par les mots de sensibilité et de volonté. Mais l'intelligence a deux faces, et ces éléments sont doubles, les uns fournis par Vexpérience, les autres par la raison. De ces deux facultés sous-doubles de l'intelligence, la raison est la plus profonde, l'expérience la plus apparente. L'expérience a d'abord été vue seule, et toute l'intelligence ramenée à cet unique point de vue, c'est Vejupirisme. L'empirisme méconnaît l'absolu, l'impersonnel. Comme d'ailleurs c'est la raison qui nous révèle notre propre causalité principe de l'activité, l'empirisme est ramené par une autre voie au système des sentimentaux et au sensualisme.
13. Enfin, d'autres ont distingué la raison, et c'a été l'effort le plus important de l'observation psychologique. Ils ont reconnu VimpersonnaUté des notions nécessaires, et par là sont enfin sortis du cercle où la conscience individuelle se renfermait elle-même sans fin. Car la raison est la seule faculté qui, quoique discernée par la conscience, ait cependant Téminente vertu de nous faire dépasser les
limites de la conscience et atteindre les réalités, savoir rame elle-même dont la conscience n'est qu'une propriété, le monde matériel et Dieu ; c'est la seule faculté qui, tout en pouvant être saisie par l'observation, élève plus haut que l'observation, la féconde, des faits la conduit aux lois, et de l'empirisme à la véritable science. L'observation de la conscience ainsi achevée par la distinction si difficile des éléments absolus et impersonnels, constitue le seul système psychologique complet, ou le rationalisme (i).
Nous retrouverons et nous aurons à critiquer ces systèmes divers dans l'histoire de la philosophie, et de plus, en logique, le scepticisjne, en morale le fatalisme, en théodicée Vathéisme et le panthéisme qui ont leur racine dans des systèmes psychologiques incomplets. Il suffit, pour la question qui nous occupe, d'avoir aperçu comment l'observation plus ou moins complète des éléments de la conscience engendre des systèmes plus ou moins parfaits sur la nature humaine.
QUESTIONNAIRE
De l'observation de conscience et des systèmes psychologiques.