COURS \)\: J'IIII.OSOI'IIIK GÉNÉRALE
tinio, il provoque dans son sein, à sa surface, dans son atmosphère , une somme d'acles d'extension, d'cvaporation , de division, égale à la somme d'actes de condensation , d'agrégation , de formation , que l'Expansion des globes environnans provoque en même temps , mais sur d'autres points , dans son sein, à sa surface et dans' son atmosphère. TjCS deux grandes sommes d'effets , prises dans leur ensemble , marchent toujours par compensations.
Mais je crois vous entendre m!adressant des questions d'une haute importance :
D'où procède , dans l'Univers , cette distribution en groupes systématiques de matière? Ce n'est point l'Expansion qui a pu la produire; l'Expansion n'est pas un corps , mais une action ; par elle-même, elle ne peut être que de même intensité dans tous les points de l'espace ; sa tendance universelle doit être de distribuer uniformément la matière dans cet espace qui la contient; pourquoi donc la matière est-elle, ici, entassée et agrégée; là , très rare et très mobile?
Ces considérations sont d'une justesse frappante. Il est de toute évidence que si, à une époque quelconque , la matière avait pu se trouver disséminée uniformément dans l'espace , l'Expan-
sioii n'aurait pu elrc que pleinement satisfaite dans sa tendance essentielle ; par conséquent la Matière , rendue immobile, dans tous les points de l'espace , par 1 égalité parfaite et simultanée de toutes les impulsions , aurait persisté invariablement dans cette immobilité absolue ; la substance de tous les Etres aurait existé , et cependant aucun Etre n'aurait pu se composer ; l'existence de la Matière aurait demeuré stérile.
Pour amener la composition des corps, il a donc fallu qu'un trouble universel fût porté dans une distribution de matière qui , par elle-même , ne pouvait être qu'uniforme. Supposerons-nous que ce trouble producteur a toujours existé ? que la matière a toujours été distribuée , comme elle l'est actuellement, en groupes systématiques.^ Mais cette distribution par groupes systématiques ne se présente à notre pensée que comme le fruit d'un accident, tandis que la dissémination uniforme se présente connue naturelle et essentielle, puisqu'elle est le but naturel et essentiel de la Force unique et universelle de l'Expansion.
Laissons-nous donc entraîner à conclure que l'état de dissémination uniforme a été Télat antérieur et préparatoire ; tout alors , daiiS l'espace > était en Equilibre de repos,
La Cause scprème a troublé ce genre d'Equi-
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libre, afin de le ronvcrtir eu Equilibre de mouvement, en Equilibre d'actions et de reactions correspotidantes , en Equilibre de formations et de destructions. Maîtresse de la Force même «qu'Elle avait instituée, Maîtresse de l'Expansion , Elle en a subitement augmenté l'énergie sur un nombre infini de points, séparés les uns des autres par plus ou moins de distance ; ce qui a subitement produit une Compression correspondante sur les points intermédiaires. Ainsi a commencé l'alternative oscillatoire des deux Forces universelles; ainsi a commencé l'entassement, l'agrégation de la matière en certains points de l'espace, et , par compensation , la rareté et la mobilité de la Matière dans les intervalles qui les séparaient ; ainsi a commencé ce qui existe ; l'Univers producteur n'a été qu'une modification imprimée, par la Cause Suprême, à l'Univers stérile.
Souffrez, Messieurs, que, pour être mieux. entendu de vous sur un sujet si élevé , j'emprunte une image d'une application facile.
Supposons une plaine liquide , parfaitement tranquille, par conséquent en Equilibre d'uniformité ou de repos. Donnons à cette plaine liquide une étendue sans limites , afin qu'elle puisse représenter une des dimensions de l'espace
Faisons tomber sur un point quelconque de cette surface, mais sur un seul point , un corps capable de troubler , par sa chute , la tranquillité du liquide ; à l'instant, la perturbation unique diverge circulairement autour de son centre; elle se propage sans ternie , mais aussi sans retour, sans réaction , par cela même que le liquide n'a point de limites.
De même , si , lorsque la matière était uniformément disséminée dans l'espace , la Cause suprême n'avait subitement redoublé qu'en un seul point l'énergie de l'Expansion, la perturbation aurait seulement rayonné autour de ce point; elle se serait étendue indéfiniment dans l'espace , mais sans donner naissance à une seule composition. Il faut que la perturbation ait, à la fois , été imprimée sur un nombre infini de points dans l'infini de l'espace , afin que la divergence , provoquée sphériquement par chaque perturbation particulière, subissant le contrôle de toutes les divergences provoquées sphériquement par toutes les perturbations environnantes, il ait pu s'établir , dans l'infini de l'espace , un système universel d'action et de réaction.
Ce grand acte de puissance a-t-il été opéré sur des points séparés les uns des autres par des intervalles réguliers? l'observa tibn démon Ire le
26 (X)URs m, pniix)soi'im; (;knk«\lk.
contraire, et la raison justllic le clioix de l'irréi^ularilé. Si les divers centres de condensation , d'où sont nés les premiers groupes de malièje, et que les Etoiles représentent en ce moment, avaient reçu, au premier instant, mie disposition régulière , si , de plus , la force subite qui les produisait , eût agi , partout , avec la même intensité, le balancement universel se serait constitué avec une régularité exacte et invariable; rUnivers aurait éternellement montré une distribution par compartimens égaux et symétriques ; seulement les points de condensation et les points de dilatation auraient alternativement échangé leurs places respectives, mais à intervalles de temps toujours égaux , ce qui aurait donné , à l'ensemble des distributions , et à l'ensemble des mouvemens, une accablante monotonie.
Il n'en est pas ainsi : les distributions générales et les mouvemens généraux sont constamment et universellement variés ; l'Univers, pour ainsi dire, s'entrelace lui-même par ramifications indéfinies; chaque impulsion particulière ayant eu un degré particulier d'intensité , et les diveis points qui ont reçu ces impulsions ne s'étant pas trouvés, les uns à l'égard des autres , dans des positions régulières, chaque sphère d'ondulation a été différente des sphères environnantes;
chaque ondulation , émanée d'un centre quelconque, s'est mise à serpenter à travers toutes les autres ; chacune a eu, devant elle , l'immensité du temps et de l'espace; ce qui a établi, pour l'éternité des temps à venir , l'indéfinie variété des positions et des combinaisons.
On voit maintenant pourquoi le spectacle universel change sans cesse, quoique toutes les pièces qui le composent restent en Equilibre.
C'est ce que nous développerons avec quelques détails, lorsque nous expliquerons la formation successive des étoiles et des planètes; en attendant, l'aperçu que nous venons de tracer suffit pour nous montrer, dans la Constitution universelle, les fruits d'une intention profonde. Dès nos premiers pas dans l'étude de cette Constitution , nous découvrons les preuves d'une Intelligence sublime et d'une Puissance infinie , qui disposent , à leur gré , de toutes les forces et de toute la matière de l'Univers.
De ce seul entrelacement que nous venons d'indiquer , de l'entrelacement continu des deux Forces universelles dans tous les points de l'espace , mais à des degrés indéfiniment variés , résultent tous les genres d'Etres dont l'Univers se compose. L'histoire de l'Univers , cette histoire
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immense que nous allons entreprendre, n'est jamais que la série graduelle des eflets produits par la combinaison de l'Action et de la Réaction, ou de l'Expansion et de la Compression. Si nous savons commencer par celles de leurs combinaisons qui sont les plus simples , continuer par celles qui ont moins de simplicité, continuer encore par celles qui sont d'une complication successivement plus avancée , finir par celles qui ont le plus de complication , nous aurons tout décrit, tout expliqué; car nous aurons suivi Fenchaînement universel des Faits et de leurs conséquences.
Telle est la noble tentative à laquelle nous allons nous livrer; et, de ma part, ce n'est point sans confiance. Je le déclare avec franchise : mon esprit est satisfait des pensées qui le remplissent ; il les juge conformes aux Faits, et à l'ordre des Faits.
Mais vous , Messieurs , tout ce que , par bienveillance en ma faveur, et par estime pour mon sujet, vous pouvez concevoir, ce n'est encore que de l'espérance ; je désire qu'elle soit assez vive dans votre âme pour soutenir votre attention, et pour vous exciter à m'adresser, soit par écrit, soit de vive voix, toutes les questions qui pourront vous conduire à entendre clairement,
à recevoir sans réserve , le Système que j'aurai l'honneur de vous présenter. Mes réponses sont prêtes; je crois avoir prévu tout ce qui peut m'étre opposé.
Et si je me trompe, si des objections que je n'aurai pas prévues , que je n'aurai pas résolues d'avance , vieifnent un moment me surprendre , elles seront, pour mon œuvre, un nouveau secours ; car elles me contraindront à des réflexions nouvelles, qui auront nécessairement pour résultat , d'augmenter l'ordre et la clarté de mes pensées générales.
Tout essai de résistance affermit la Vérité, parce que la Vérité n'est autre chose que l'expression de la Puissance par laquelle tout se iiieut, et à laquelle rien ne peut efficacement résister, puisque tout est son ouvrage.
5o COUUS l)K l'IIILOSOl'IlIi: GlIlMillALK.
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