‹ Cours de PhilosophieChapitre 1 sur 33 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

le sujet qui s’y applique ; mais il est bon d’avertir qu'à cet égard , quelle que soit la méthode adoptée par les professeurs , les deux théories sont si clairement séparées dans cet ouvrage , que l’on pourra indifféremment commencer par l’une ou par l’autre.

Nous avons terminé notre Théorie des opérations par un fait qui pourtant est primitif, par l’activité pure. Sans doute la synthèse aurait pu , commençant au contraire par cette activité ,, la saisir et la poser à priori dans son obscurité première , avant de dérouler les diverses classes d’opérations qui sortent du principe actif et se déploient dans Pâme ; mais nous avons préféré le procédé analytique , qui va toujours du plus clair au plus obscur, de l’objet au sujet, et à ce qu'il y a de plus intime dans le sujet.

Nous voudrions qu’après avoir étudié ces leçons, F élève intelligent, reconnaissant comme tous les phénomènes

avertissement.

et tons les actes de la vie intérieure sont soumis à la loi de complexité, pût dénouer le faisceau des laits multiples, et , le décomposant à P aide dune analyse pénétrante, pût facilement isoler ces faits par l’abstraction , les rendre chacun à leur caractère essentiel et primitif, et voir comment ils s’assortissent sans se confondre , excepté à leur origine^ dans cette activité pure à laquelle se ramènent toutes les opérations de l’esprit.

Encore une observation. Sans doute nous avons essayé d’être fidèle à notre méthode d’aller du connu à l’inconnu ; mais non pas tellement que nous ayons pu nous défendre de préétablir^ dès le premier volume , des questions qui ne seront traitées que dans celui-ci. Il n’y a guère qu’en géométrie que l’on ne présuppose rien de ce qui doit être prouvé plus tard. En philosophie surtout , la synthèse , comme nous le verrons, reflue et se glisse sous l’analyse

,v AVERTISSEMENT.

même la plus fidèle; et, par exemple, si le lieu scientifique de prouver l’existence de Dieu ne s’est rencontré qu’à la fin de la psychologie, au dernier degré de l’echelle ontologique , m’aui ait -il ete possible de parcourir une aussi longue carrière, sans que cette grande idée vint plus d’une fois répandre sa lumière sur les développemens auxquels j’ai du me livrer ?

Pour ce qui concerne notre Essai de logique, tout en reproduisant la plupart des questions qui ont coutume de se rencontrer dans ies traités élémentaires, j’ai essaye de généraliser quelques points de vue de la science sous des formules ou des divisions qui ne sont peut-être pas dénuées de nouveauté , et de descendre plus profondément que ne le fait la philosophie des écoles, dans certaines questions, particulièrement dans celle de la certitude transcendante, problème redoutable qui a fatigué tant d’intelligences curieuses de connaître , et qui

Page 1