‹ Cours de philosophieChapitre 7 sur 62 · XIJ AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

XIJ AVERTISSEMENT

J'ai fait et dû faire mon profit du travail de divers auteurs , de ceux mêmes que je combats. Quand je fais plus que de leur emprunter quelques pensées ou quelques expressions, je renvoie le lecteur à des notes qui contiennent leurs textes mêmes.

L'enseignement élémentaire , devant embrasser un champ très-vaste , est par là même nécessairement trèsrestreint dans le développement des détails. Il y a mille questions que je n'aurais pu traiter avec l'étendue que comporterait un enseignement spécial , sans manquer mon but. Ces leçons ne doivent donc être considérées que comme une indication do la route à parcourir et des différents points d'arrêt : c'est un texte sommaire qui appelle les développements du professeur. Puisse mon faible travail lui épargner quelques veilles, et inspirera ses élèves l'amour de la science!

Si je n'ai suivi, ni pour le fond ni pour la forme, le programme rédigé par l'autorité , voici quels ont été mes motifs. Tracer aujourd'hui un ordre officiel de questions, imposer une forme particulière, prescrire un moule d'une dimension précise à ce qu'il y a au monde de plus essentiellement libre, à la pensée philosophique , c'est un anachronisme de plusieurs siècles, et qui, s'il était pris au sérieux, aurail pour résultat infaillible d'arrêter

AVERTISSEMENT. XUJ

la science tout court , et de faire des professeurs de philosophie les pires de tous les esclaves, puisqu'il leur faudrait sacrifier ce que ne sacrifie jamais celui qui a le sentiment de sa valeur et de sa dignité. Je puis étayer mon opinion d'une autorité bien grave en cette matière. M. Cousin (a) conteste, dans des termes qui surabondent de logique entraînante, et souvent d'une éloquente indignation, le droit que prétendrait s'arroger l'autorité d'imposer, soit la matière, soit la forme de son enseignement à un professeur de philosophie. Je ne puis résister au désir de le laisser parler lui-même : « Il y a, » dans l'esprit humain , une certaine paresse qui s'ar- » range assez bien de la servitude , pourvu qu'elle soit » uniforme et constante; mais, comme l'autorité peut » changer tous les jours, lui accorder le droit de faire » les doctrines des écoles, n'est-ce pas constituer les » écoles en révolution permanente, et placer l'anarchie » dans le pouvoir?.... Où ne sera pas la liberté, n'espé- » rez pas faire germer le talent. Il n'y a que la médiocrité » qui puisse vivre et prospérer dans la servitude... Nous ne » réclamons, nous n'accepterons que la liberté commune » à tous. » Je n'ajouterai rien à cette noble profession

ia) Voir ses Fragmens philosophiques de 1826 , p. 163 et suiv.

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