‹ Cours de philosophie positive (volume 4)Chapitre 15 sur 36 · XXVI PRÉFACE PERSONNELLE · texte numérisé non relu

XXVI PRÉFACE PERSONNELLE

récenl souvenir de celte éminente approbation 411e se fit une telle élection, où son suffrage eùl certainement garanti mon succès, sans la mort prématurée qui a privé le momie savant de cette rare combinaison d'une liante capacité avec une moralité équivalente. En même temps, une noble jeunesse, que je n'ai jamais flattée, j'ose le dire, mais qui connaît mon dévouement continu à ses besoins légitimes, manifestant, à sa manière, son heureux concours spontané avec L'appréciation de son ancien chef, honora ma candidature par une généreuse démarche exceptionnelle, dont j'ai été jusqu'à présent le seul objet, et pour laquelle je lui offre ici la faible expression de mon éternelle reconnaissance, dans La personne collective de Bes successeurs actuels, envers lesquels l'intime solidarité de dos diverses générations polytechniques autorise pleinement une telle substitution continue. Le lecteur sait peut-être que des députa- Lions spéciales furent alors adressées par les élèves à tous 1rs votants quelconques, afin de leur témoigner convenablement le désir unanime qu'une épreuve irrécusable avait inspiré en ma faveur à tous ceux qui avaient pu en sentir l'effet général. A celte convergence décisive, et peut-être inouïe, entre les supérieurs et les inférieurs, se joignaient d'ailleurs, à mon avantage, toutes les considérations accessoires relatives aux règles ordinaires, qu'il a fallu simultanément violer pour m'exclure : une incontestable ancienneté, d'honorables services spéciaux, et la convenance reconnue de recruter, autanl que possible, les professeurs de cette grande école parmi ses anciens élèves, a moins d'insuffisance

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réelle. Si tout autre que moi eût réuni un tel ensemble de litres, son triomphe eût été certain. Mais les antipathies géométriques, spécialement concentrées à l'Académie des sciences de Paris, ne pouvaient ainsi laisser irrévocablement surgir celui qui, connaissant le véritable esprit de nos diverses coteries scientifiques, et d'ailleurs peu effrayé de leur antagonisme, même concerté, aurait directement tendu, dans un tel office, à donner à la haute instruction mathématique la direction la plus conforme à sa véritable destination pour le système général de l'évolution positive. Les honteux moyens qui déterminèrent mon exclusion furent alors en pleine harmonie avec l'évidente iniquité du projet. Comme les meneurs académiques devaient naturellement craindre le vote spontané du Conseil de l'Ecole, où mes ennemis et mes amis croyaient également d'abord que la majorité m'était assurée, et auquel l'usage accordait à ce sujet une priorité naturelle, ils profilèrent habilement contre moi de l'occasion facile à prévoir que leur offrit la discussion philosophique que je cherchai à engager directement, auprès de la masse essentiellement saine de cette académie, par la lettre de candidature dont je parle, à une autre fin, au second chapitre de ce volume. On sait assez comment la lecture officielle de cette lettre fut expressément refusée, en dépil d'une formelle disposition du règlement académique (1).

(1) Celui des iloux secrétaires perpétuels qui rendit compte de là séance du 3 août 1840 sentit tellement, sans doute, la turpitude de cette violence académique, ainsi accomplie contre moi au profil personnel de l'un de ses confrères, qu'il tenta vainement de la représenter comme une sorte d'ajournement, motivé par je ne sais quelle autre

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Après celle première violence, il fut ensuite aisé à la Commission spéciale d'établir, par une nouvelle infraction de tous les usages et de toutes les convenances, une liste de candidature où je n'étais pas même nommé, comme ne méritant sans doute aucune discussion. Le profond mépris personnel que je renvoie solennellement ici à chacun de ceux qui prirent une active participation volontaire à cette dernière indignité académique ne m'empêche pas d'ailleurs de sentir qu'elle eut au fond peu d'influence sur le résultat, puisqu'elle suivit le vote effectif du Conseil polytechnique, déjà tourné contre moi par la réaction presque irrésistible de la turpitude initiale. En un mot, les meneurs d'une telle intrigue n'oublièrent rien pour indiquer d'avance à ce Conseil que, b'îI voulait réaliser sa première disposition en ma faveur, il aurait à soutenir une lutte redoutable contre une corporation plus puissante, qui se montrait ainsi disposée à maintenir à toul prix, en cette grave occurrence, le monopole habituel des hautes positions didactiques, dont l'ensemble de sa conduite prouve depuis longtemps qu'elle regarde chacun de ses membres comme le possesseur légitime, quelle que puisse être sou inaptitude réelle. On devait aisément s'attendre que le Conseil n'oserait engager envers l'Académie une col-

urgence plus immédiate. .Mai?, si cette jésuitique exposition eût été vraiment fidèle, l'Académie eût distinctement réservé, pour la lecture de ma lettre, une séance ultérieure, tandis qu'il u'en fut jamais question ensuite. Comme il importe beaucoup à la morale publique que l'actif accomplissement volontaire des mauvaises actions, individuelles ou collectives, nu puisse, eu aucun cas, éluder uue inflexible responsabilité, j'ai cru devoir ici spécialement rectifier cette officieuse erreur.

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