‹ Cours de philosophie positive (volume 4)Chapitre 17 sur 36 · XXX PRÉFACE PERSONNELLE · texte numérisé non relu

XXX PRÉFACE PERSONNELLE

au perfectionnement des études morales et sociales. Presque* seul alors je compris que, quelque opposition mutuelle qui dût, en effet, existerentre ces diverses tendances spéculatives, leur commune nature métaphysique les réunirait toujours contre moi. C'est donc précisément en qualité de fondateur d'une nouvelle philosophie générale, à la fois historique et dogmatique, que je resterai constamment en dehors, sans aucune discussion possible., d'une corporation instituée pour ranimer, en les centralisant, les influences ontologiques, auxquelles je m'efforce de substituer enfin l'universelle prépondérance de l'esprit positif. Dans un autre cas, une illusion analogue m'avait d'abord, comme je l'ai franchement avoué au tome quatrième, conduit moi-même à compter sur l'appui, au moins moral, de la classe scientifique, qui semblait devoir prendre un vif intérêt direct à l'ex- Lension décisive de la positivité rationnelle. C'était l'erreur naturelle de la jeunesse, disposée à penser que les sciences sont habituellement cultivées en vertu d'une vraie vocation, et que les généreuses tendances spécula tives y prédominent sur les vicieuses impulsions actives Mais, d'après les explications précédentes, celui qui c directement fondé une science nouvelle, la difficile et la plus importante de toutes, et qui, en même temps, s spécialement perfectionné la philosophie de chacune de.' sciences antérieures, sera nécessairement toujours repoussé de ce qu'on appelle improprement l'Académie des sciences, quand même il pourrait se résoudre à er solliciter l'entrée, ce qu'il ne fera certainement jamais depuis les indignités qu'on s'y est permis envers lui.

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Il laissera il. me. sans aucun regret, cel honneur, de plus en plus banal, à la foule de ceux qui accomplissenl aujourd'hui d'une manière presque machinale, eus prétendus travaux scientifiques dont, le plus souvent, l'es prit humain ne saurait conserver, après dix ans, la moindre trace, malgré l'ambitieuse dénomination qui tes décore spécialement d'une chimérique éternité.

Pour achever d'apprécier la tendance profondément naturelle de l'influence scientifique a se réunir aujourd'hui, contre mon essor philosophique, à l'influence métaphysique, et même à l'influence théologique, il faut enfin remarquer, d'après une exacte analyse de notre situation mentale, que, malgré leur antagonisme naturel, la première, en tant que dominée encore par les géomètres, doit être, au fond, beaucoup moins éloignée qu'elle ne le semble de transiger habituellement avec les deux autres, au détriment de la raison publique. Depuis que la rénovation finale des théories morales et sociales constitue directement, dans l'immense révolution où nous vivons, la nécessité prépondérante, la présidence scientifique laissée jusqu'ici à l'esprit mathématique tend à devenir presque aussi rétrograde que le sont déjà les impulsions métaphysiques et les résistances théologiques, comme l'expliqueront spécialement les trois derniers chapitres de ce Traité. Le sentiment secret de leur inévitable impuissance envers ces spéculations transcendantes dispose involontairement les géomètres actuels à en empêcher, autant que possible, l'essor décisif d'où résulterait nécessairement leur propre déchéance scientifique, et leur réduction normale à

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