TOME V
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des priueipaux besoins sociaux; cependant ils ne pouvaient aucunement ré^ster au mode irrationuel des discussions métaphysiques propres au siècle dernier, où l’élaboration négative abandonnait entièrement la reconstruction des lois morales à la simple sollicitude spontanée de <%ux~là même qtii devaient en subir l’ascendant, et auxquels le seul aperçu de quelques incoàvéniens,- inséparables-des plus parfaites institutions, inspirait souvent' des préventions absolues ixmtre les plus iadispensables préceptes , comme je l’ai indiqué aa quarante'âxième chapitie. Dans des spéculations aussi compliquées, où les réactions individuelles et sociales doivent être fréquemment pou^ suivies jusqu’à des effets’' très lointains et fort délcwrnés, lorsque d’ailleurs le jugement y est P»*e8que toujours exposé à la séduction de nos plus énei^ques penchans, U est tellenaent impossible de suppléer suffisamment à une éducation régulière, que pas une seule notion morale n’a pu demeurer pleinement intacte tous l’iufluence dissolvante de la métaphysique native, même chea les hommes les plus intell^ens , surtout quand ils prenaient une part active à l’ébranlephilosophique. Par»*»» 1«» témoignages iaron testables q«’on pourrait aisément miiltqdier à l’ap{)Lû de cette triste observation, d’appès l®
PHVSrQlIE SOCIALE.) '
écrits de ceux (|ui, poursuivant systématH|ui’Diciit la régénération sociale , semblaient devoir mieux respecter les lois fondamentales de la sociabilité, il suffira d’en indiquer ici un seul très cnraotéristique envers chacun des deux chefs principaux. On a peine à Comprendre aujourd’bui , par exem|)le, comment la haine aveugle de tout ee qui se rattachait à l’inûuence catholique avait pu conduire un esprit au.ssi éminemment français que celui de Voltaire à oublier assez toutes les lois de la moralité humaine pour destiner exprès* sèment une longue élaboration poétique à flétrir la touchante mémoire de cette noble héroïne à laquelle, en tous pays^ toute âme élevée consa^ crera toujours une re^ectueuse admiration, et qu’aucun Français ne devrait jamais nommer sans un hommage spécial de tendre reconnaissance nationale : le déplorable succès de cette honteuse production indique à quel degré était déjà par* venue la démoralisation universelle. Une apprécia-^ tion non moins sévère doit certes s’appliquer aussi à ce pernicieux ouvrage, scandaleuse parodie d’une immortelle composition chrétienne, où, dans le délire d’un orgueil sophistique, Rousseau, dévoilant,avec une cynique complaisance, les plus ignobles turpitudes de sa vie privée, ose néanmoins ériger directement l’ensemble de sa conduite en
VIIILOSOPJIIE POSITIVE.
type. moral de l’huammlé.-Il ,faut même reconsaitre que eo derniei' exemple était , par sa nature, beaucoup plus dangereux que le premier, où l’on peut voir seuleoieat une coupable débauche d’esprit; taudis que Rousseau » appliquant une captieuse argumentalioD à la justification systématique des plus blâmables égaremens, tendait certainement à pervertir jnsqu’au. germe des plus simples iiotioDS morales : aussi est-ce particulièremeut sous son inspiration, directe ou indirecte, qu’on voit éclore aujourd’hui tant de doctorales consécrations, personnelles ou collectives, de la plus. brutale pré|^>ondérance des passions sur la raison. C’est ainsi que, soit par la seule impuissance morale d’une métaphysique purement négative, soit par l’active dépravation d’une doctrine sophistique, les principales écoles philosophiques du siècle dernier étaient spontanément entraînées vers des aberrations morales fort analogues à celles *de l’école d’Épieurc, dont la rébabilitatiou sociale est alors devenue le sujet de tant d’illusoires dissertations, qui n’oflreut maintenant d’intérêt réel que comme témoignage historique de la déplorable situatiou des esprits modernes sous cet aspect fondaiuenlui. On voit doue comment l’ébraoleiueDt déisle a spueialciuent. développe les déviations moraiee d’abosvl éaaanécs de-l’éboanleinent proles-
tilut, en poussant jusqu’à son dernier terme la désorganisation spirituelle qui en constituait le principe universel. Rien n’est plus propre assuréf ment qu’un tel résultat final à constater la desti* nation purement temporaire de cette prétendue philosophie, essentiellement ajite à détruire, sans jamais pouvoir organiser, même les plus simples relaliooshumaines. Mais cette conclusion générale devra ultérieurement ressortir, avec une énergie plus décisive, de l’examen direct de la mémorable époque' caractérisée par l’ascendant politique d’une telle doctrine , dont le triomphe complet devait si hautement manifester sou entière impuissance organique. Néanmoins, cette inaptitude radicale de la philosophie métaphysique ne doit jamais faire oublier la décrépitude, dès long-temps équivalente, de la philosophie théologique : si l’une a tendu à dissoudre la morale , l’autre n’a pu la préserver, et sa vaine intervention n’a même abouti qu’à rendre cette dissolution plus active, en faisant rejaillir sur la morale l’irrévocable discrédit mental de la théologie, comme je l’ai déjà indiqué à l’issue de la phase protestante. L’accomplissement graduel de notre élaboration histolique fait donc de plus en pins ressortir la propriété caractéristique de la philosophie positive, comme seule base réelle aujourd’hui d’une vraie réorga-
PHH.OSOPH1E POSITIVE.
nisation sociale, aussi bien morale qu’iateliectaelle, ea tant que seule susceptible de satisfaire simultanément aux besoins opposés d’ordre et de progrès, auxquels les deux anciennes doctrines antagiHiistes satisfont si imparfaitement, malgré la préoccupation exclusive de chacune d’elles, ou plutôt par suite de leur commune impuissance à'concilier deux conditions paiement insurmontables. I
< Mous avons enbu teroainé , dans cette longue mais indispensable leçon ^ la di^cile^ppréciation ratiouDelle^de.l’immen^ monveànent révpluliop- Duire <{ui, depuis le xiv'^ âM&^qsbalne de ptm en plus l’éUte de l’hununiMié alwi^pentiè du «y j^énlogiqiifl et bulitaie^^ui , sous sa demièmpfaivw essentielle, availéenpti, au moyenâge, Mn dernier office nécessaire pour l’ensemble de l’évolution humaine. Au temps où nous somqaes parvenus, la constitution fondamentale de ce régime était radicalement ruinée , soit dans sou principe , soit dans ses divers élémens , par sa réduction finale à une vaine dictature temporelle , déjà privée de tout ascendant spirituel , et dont l’impuissance croissante suffisait à péiue au .maintien , de plus en plqs précaire, d’un ordre matériel de plus en plusimpaiTait , au milieu d’uneimmiuenle anar-
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chie mentale et morale ; en un mot, l’ancien sys; tème social ne conservait, plus, dès-lors presque autant qu’aujourd’hui , que cette débile existence politique qui lui restera nécessairement jusqu’à l’avénement direct d’une l’éorganisation véritable. 11 faut donc maintenant , suivant la marche d’abord tracée, consacrer le chapitre suivant à l’appréciation, non moins indispensable, du mouvement élémentaire de recomposition qui s’était silencieusement développé pendant cette ' grande période révolutionnaire, afin de pouvoir , convenablement terminer , au cinquante-septième chapitre, l’ensemble de notre opération historique par l’examen spécial d’une époque qui n’a pu jusqu’ici manifester pleinement son vrai caractère, parce que, directement destinée à la régénération sociale , elle n’a point encore trouvé la doctrine qni doit diriger son élaboration ' propre , et dont la seule absence y détermine un
vicieux prolongement de la transition n^ative , essentiellement accomplie au xviii* siècle.