‹ Cours de philosophie positive (volume 3)Chapitre 2 sur 37 · AVERTISSEMENT DE L’AUTEUR · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT DE L’AUTEUR

À une e'poque de divagation intellectuelle et de versatilité politique , toute longue persévérance dans une direction rigoureusement invariable peut, sans doute, être justement signalée au public, comme une sorte de garantie préliminaire, non-seulement de la sincérité et de la maturité des nouveaux principes qui lui sont soumis, mais peut-être aussi de leur rectitude, de leur consistance, et même de leur opportunité : car, de nos jours, rien u'est à la fois aussi difficile, aussi important, et aussi rare qu’un esprit pleinement conséquent. Tel est surtout le motif d’après lequel je crois devoir ici rappeler spécialement l’avis général contenu dans le préambule du premier volume de cet ouvrage , sur ma première manifestation , déjà ancienne et presque oubliée , delà plupart des conceptions fondamentales que je vais maintenant développer relativement à l’entière rénovation des théories sociales. La première partie de mon Système de politique positive, écrite et imprimée, en 1822, à l’âge de vingt-quatre ans, sous le titre primitif et spécial de Plan des travaux scientifiques nécessaires pour réorganiser la société, et réimprimée en 1824, sous son titre définitif et plus général ; ensuite mes Considérations philosophiques sur les sciences et les savons, publiées à la

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tions les plus variées. Tous les juges compétens partageront, j’espère, la même impression, en voyant, dans ce quatrième volume et dans le suivant, quelle consistance et quelle lucidité nouvelles mes principes essentiels de philosophie polique tirent naturellement de leur intime connexion avec les indispensables antécédens scientifiquesque je leur ai graduellement préparés par les trois premiers volumes de ce Traité. C'est pourquoi je me fél iciterai toujours d’avoir, dès l’origine, nettement écarté le conseil irrationnel que, dans leur bienveillante sollicitude, plusieurs boinmes distingués avaient cru devoir me donner, de publier d’abord la partie de cet ouvrage relative à la science sociale. Trop exclusivement préoccupés du désir d’attirer sur mes travaux une attention plus prochaine et plus vive, ces amis n’avaient point senti que , par une aussi flagrante perturbation logique, j’aurais tendu à ruiner d’avance les principes fondamentaux de hiérarchie scientifique qui caractérisent le mieux ma philosophie, en même temps que je me serais ainsi radicalement privé, pour l’établissement des théories sociales, des divers fondemens nécessaires que doit leur offrir l’ensemble de la philosophie naturelle , et qui , dans nos temps d’anarchie intellectuelle , peuvent seuls déterminer enfin , entre tous les bons esprits, une communion réelle et durable.

La longue période déjà écoulée depuis la production primordiale de ma philosophie politique, m’a souvent procuré des confirmations d’une autre sorte, et non moins précieuses, que je dois également indiquer ici, par la tendance irrécusable et incessamment croissante, quoique jusqu’à présent toujours très partielle, de la plupart des penseurs contemporains vers une philosophie ana- ; ’ e • • i' ' ■

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