AVERTISSEMENT
logue. Dans le cours de ces seize anne'es, on n’a guère publié, j’ose le dire, d’ouvrages politiques de quelque portée, du moins en France, qui n’aient offert d’évidens témoignages de cette incomplète convergence, soit qu’elle ait spontanément résulté d’un même sentiment fondamental de nos principales nécessités sociales, sentiment toutefois bien rare et très vague jusque alors, soit que l’influence inaperçue ou dissimulée de mes premiers travaux ait, en effet, graduellement contribué à la produire (i). Mais, en l’un et l’autre cas, des inconséquences capitales et multipliées auraient pu , d’ordinaire , hautement dévoiler le défaut d’homogénéité ou d’originalité d’une semblable direction, chez ceux même qui * d’abord paraissaient l’avoir lq mieux suivie. Quoique tous lesaspects essentiels de ma philosophie sociale aient peutêtre été déjà saisis isolément par quelques intelligences, ce qui m’autorise à croire à son opportunité, en me pro-
(i) Je ne saurais , par exemple , méconnaître ce second cas chez des écrivains qui, eu s’efforçant, pinson moins heureusement , de s'approprier nne partie de mes idées philosophiques ou politiques, se sont même textuellement emparés de pages entières, en négligeant d’ailleurs presque toujours d’indiquer un nom qu’ils savaient être trop ignoré du public. Ceux de mes lecteurs qui croiraient apercevoir quelque analogie entre certaines parties de ce volume et divers ouvrages antérieurs, devront donc, pour une équitable appréciation, prendre d’abord en considération indispensable les d ites précises que je viens de rappeler. L’onbli d’une telle précaution pourrait entraîner à de graves injustices envers un philosophe qui ose se glorifier d’avoir toujours fait une part pleincmeut consciencieuse , et souvent beancoup trop généreuse peutêtre, à chacun de ses différens prédécesseurs, tandis que lui-même n’éleva jamais jusqu'ici la moindre réclamation contre les emprunts peu scrupuleux dont on a fréquemment honoré ses écrits, scs leçons, et jusqu'à scs conversations.