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je l’ai déjà tant indiqué dans les diverses parties de ce Traité , de l’opposition trop radicale qui existe naturellement entre l’esprit théologique et l’esprit positif, et du caractère bâtard et mobile & des conceptions métaphysiques , susceptibles de s’adapter également au déclin graduel de l’un et
à l’essor préalable de l’autre, de manière à ménager, autant que possible, à notre intelligence, si antipathique à tout changement brusque, une transition presque imperceptible. A mesure que la théologie se retire du domaine spéculatif, et avant que la physique puisse définitivement iv établir, l’occupation spontanée de la métaphysique le prépare provisoirement; en sorte que, dans chaque cas, toute contestation de suprématie entre ces trois philosophies peut, au fond, se réduire à une simple question d’opportunité, jugée d’après l’examen rationnel du développement fondamental de l’esprit humain. Cette modification métaphysique de la philosophie théologique s’opère naturellement, en un sujet quelconque, par la substitution graduelle de l’entité à la divinité , lorsque les conceptions religieuses se généralisent en diminuant sans cesse le nombre des agcns surnaturels aussi bien que leur intervention active, et surtout quand elles parviennent, sinon en réalité du moins en principe , à une rigoureuse unité suprême. Dans ce dernier état général de la philosophie théologique, l’action surnaturelle, perdant sa spécialité primitive, n’a pu habituellement abandonner la direction immédiate du phéuomène sans y laisser, à sa place, une mystérieuse entité, d’abord nécessairement émanee
PHYSIQUE SOCIALE. r * -yo5
d’elle, mais à laquelle, par l’usage journalier, l’esprit humain a dû rapporter, d’iine manière de plus en plus exclusive, la production particulière de chaque événement. Or, cette étrange manière de philosopher a dû être long-temps nécessaire, soit pour faciliter le déclin graduel de la théologie en éliminant peu à peu l’intervention spéciale des causes surnaturelles, soit pour préparer l’essor progressif de la physique en habituant toujours davantage à la considération exclusive des phénomènes : à l’un et à l’autre titre, cette situation transitoire constitue à la fois un symptôme inévitable et un indispensable concours. Du reste, * l’esprit général d’une telle philosophie doit être essentiellement analogue, quant à la méthode et quant à la doctrine, à celui de la philosophie théologique, dont elle ne saurait jamais devenir qu’une pure modification principale. Elle possède seulement, par sa nature, une moindre consistance intellectuelle, et surtout , par suite , une puissance sociale beaucoup moins intense, de manière à convenir infiniment mieux à une simple destination critique qu’à aucune véritable organisation. Mais ces caractères , pleinement adaptés à son office transitoire dans l’ensemble de l’évolution humaine, soit individuelle, soit sociale, ne la rendent que d’autant moins susceptible de résister profondé- *