‹ Cours de philosophie positive (volume 3)Chapitre 35 sur 37 · TOME IV. * ’ k \K · texte numérisé non relu

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fj0(j philosophie positive.

ment à l’essor graduel de l’esprit positif. D’une part, la subtilité croissante des conceptions métaphysiques tend ainsi à réduire de plus en plus leurs entités caractéristiques à ne pouvoir consister qu’en de simples dénominations abstraites des phénomènes correspondons , de manière à pousser finalement jusqu’au ridicule le plus décisil la manifestation spontanée de l’inanité radicale propre à de telles explications ; ce qui n’eût pas été, sans doute , autant possible envers les formes purement théologiques. En second lieu, l’impuissance organique d’une semblable philosophie , en vertu de son inconséquence fondamentale , doit empêcher, sous l’aspect politique, les modifications successives qu’elle apporte nécessairement au régime théologique de pouvoir lutter, avec la même efficacité qu’à l’origine, contre l’essor social de l’esprit positif. Toutefois, à l’un et à l’autre titre, la nature éminemment équivoque et mobile de la philosophie métaphysique proprement dite, la rend susceptible, par les innombrables modifications qu’elle peut offrir, de mieux échapper que la philosophie théologique elle-même à une discussion rationnelle, égarée sous de vagues et insaisissables nuances, tant que l’esprit positif, encore imparfaitement généralisé , n’a pu directement attaquer le seul principe actuel de leur autorité

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commune, en s’attribuant enfin l’entière universalité qui leur est également propre. -Quoi qu’il en soit, on ne saurait méconnaître, en général , l’aptitude intellectuelle de la métaphysique à soutenir provisoirement, à l’égard d’un sujet quelconque, *

notre activité spéculative , jusqu’à ce qu’elle puisse admettre une alimentation plus substantielle, tout en nous éloignant déjà du régime purement théologique et nous préparant toujours davantage * au régime vraiment positif : cette philosophie pré- • ' sente d’ailleurs nécessairement la même propriété essentielle pour diriger la transition politique qui 4 '

accompagne continuellement celte grande transi- * -

tion logique. Sans faire oublier les graves dangers, intellectuels et sociaux, qui, malheureusement, caractérisent aussi la philosophie métaphysique, ' une telle appréciation explique le vrai principe général de l’ascendant universel qu’elle a fini par acquérir provisoirement chez les populations les • plus avancées, où il suppose, de toute nécessité, le sentiment instinctif, qui ne saurait être totalement erronné, d’un certain office indispensable rempli par une telle philosophie dans l’évolution fondamentale de l’humanité. L’irrésistible nécessité de cette phase transitoire est donc maintenant • ,

aussi irrécusable qu’elle puisse l’être avant que son analyse directe, soit spéciale , soit générale * .

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s’effectue spontanément dans l’ensemble de noire opération historique. - ^ . •

Quoique notre grande démonstration sociologique se trouve ainsi essentiellement terminée désormais, je crois cependant , afin de n’omettre , autant que possible , sur un sujet aussi capital et aussi difficile, aucune indication essentielle, devoir ici recommander directement âu lecteur la nécessité d’avoir continuellement égard à ma théorie préliminaire de la vraie hiérarchie scientifique, dans toute considération quelconque de cetté grande loi de la triple évolution intellectuelle, soit pour l’appliquer, soit même pour l’apprécier. Dès le début de ce Traité (voyez la 2' leçon), j’ai présenté cette hiérarchie fondamentale comme la suite naturelle et l’indispensable complément de ma loi des trois états : l’usage spontané que j’en ai fait depuis successivement, envers tous les ordres de phénomènes, a dû faire suffisamment ressortir cette intime connexité philosophique. Néanmoins, il n’est pas inutile de la rappeler formellement ici , soit pour prévenir les seules objections spécieuses qu’une irrationnelle érudition scientifique pourrait inspirer contre la loi d’évolution que je viens d’établir directement, soit pour faire acquérir aux diverses vérifications spéciales toute leur portée lo-

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gique, en les disposant ainsi de manière à s’éclairer et à se fortifier mutuellement. Sous le premier aspect , je puis affirmer n’avoir jamais trouvé d’argumentation sérieuse en opposition à cette * loi, depuis dix-sept ans que j’ai eu le bonheur de la découvrir, si ce n’est celle que l’on fondait sur la considération de la simultanéité, jusqu’ici nécessairement très commune, des trois philosophies chez les mêmes intelligences. Or, un tel ordre d’objections ne peut être convenablement résolu que par l’usage rationnel de notre hiérarchie scientifique, qui, disposant les diverses parties essentielles de la philosophie naturelle selon leur complication et leur spécialité croissantes, conformément à l’ensemble de leurs vraies affinités, fait aussitôt comprendre que leur essor graduel a dû nécessairement suivre la même succession ; en sorte qu’une seule phase de l’évolution totale a pu faire provisoirement coïncider l’état théologique de l’une d’elles avec l’état métaphysique et même avec l’état positif d’une partie antérieure, à la fois plus simple et plus générale, malgré la tendance continue de l’esprit humain à l’unité de méthode. Ces anomalies apparentes étant ainsi pleinement régularisées , la difficulté ne serait vraiment insoluble que si la simultanéité pouvait présenter

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un caractère inverse; ce dont je défie qu’on puisse indiquer un seul exemple réel, qui d’ailleurs nç saurait prouver que la nécessité de perfectionner, ou tout au plus de rectifier, notre ^théorie hiérarchique, sans qu’il en dût rejaillir aucune incertitude légitime sur la loi d’cvolution elle-même. En second lieu, les secours réciproques qui peuvent ainsi s’établir spontanément entre les éludesspéciales des divers développemens t spécula tifs n’ont pasune moindre importance sociologique. Car, il en résulte la faculté fondamentale de suppléer heureusement, en beaucoup cle cas, à l’insufiisance de l’exploration directe. Quand une telle hiérarchie a été d’abord bien comprise’ et pleinement reconnue, elle doit, en effet, souvent permettre de déterminer d’avance , à une époque quelconque, avec une pleine rationnalité,» le caractère général d’un certain ordre de spéculations humaines, d’après une suffisante connaissance préalable de l’état réel de la catégorie antérieure, ou même, en sens inverse, quoique avec moins de précision , de celui de la catégorie postérieure. Un pareil concours spontané se rat- . tache directement au principe logique établi dans la quarante-huitième leçon , sur les lumières indispensables que l’élude des harmonies peut fournir à celle des successions, par la nature des recherches so-

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ciologiques. La suite entière de ce volume montrera naturellement, en effet, quoique d’une manière implicite et indirecte, mais avec une évidence toujours croissante , que celte théorie de la hiérarchie scientifique, d’après le degré de généralité des divers phénomènes, constitue la principale base de toute la statique sociale, au moins en ce qui concerne l’ordre intellectuel, et même, comme conséquence, envers l’ordre matériel, de manière à embrasser finalement l’ensemble de l’ordre politique. Je n’ai pas besoin maintenant d’insister davantage sur l’importance sociologique d’une théorie aussi indispensable, sans laquelle l’histoire de l’esprit humain devrait rester, j’ose le garantir, essentiellement inintelligible, et dont le lecteur a déjà graduellement acquis, dans le, cours successif des trois volumes précédens, une * notion exacte et familière : je devais seulement caractériser ici, d’une manière spéciale , l’indispensable obligation de ne jamais la négliger, soit en établissant, soit en développant la saine phi- ' losopbie historique, dont nous venons de poser enfin le premier fondement nécessaire, par cette grande loi relative à la triple évolution intellectuelle de l’humanité.

Afin que cette loi puisse convenablement rem- . plir une telle destination scientifique, il ne me

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reste plus actuellement, pour compléter et confirmer cette longue et difficile démonstration, qu’à établir sommairement, en principe, que l’ensemble du développement matériel doit suivre inévitablement une marche, non-seulement analogue, mais même parfaitement correspondante, à celle que nous venons de prouver d’après le seul développement intellectuel , auquel le système entier de la progression sociale devait être , par sa nature, profondément subordonné, comme je l’ai expliqué dans la première partie de ce chapitre. Celte étude supplémentaire étant aujourd’hui beaucoup mieux conçue que la théorie principale, je n’aurai besoin, après une rapide appréciation totale de l’évolution matérielle, que d’insister ici convenablement sur sa co-relation , fort mal entendue jusqu’ici, avec l’évolutipn intellectuelle, qui se trouvera dès-lorsaussi pleinement Caractérisée dans l’ordre actif qu’elle l’est déjà dans l’ordre spéculatif, quoique la simplicité bien plus grande de cette opération subsidiaire nous permette heureusement de l’abréger beaucoup, sans nuire aucunement à sa destination scientifique. Il s’agira surtout d’expliquer l’intime connexité qui lie nécessairement les deux termes extrêmes et le terme transitoire du développement temporel des sociétés humaines aux phases corres-

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pondantes dont nous venons de démontrer la succession fondamentale pour leur développement spirituel (i).

Tous les divers moyens généraux d’exploration rationnelle applicables aux recherches politiques, ont déjà spontanément concouru à constater, d’une manière également décisive, l’inévitable tendance primitive de l’humanité à une vie principalement militaire, et sa destination finale, non moins irrésistible , à une existence essentiellement industrielle. Aussi aucune intelligence un peu avancée ne refuse-t-elle désormais de recour naître, plus ou moins explicitement, le décroissement continu de l’esprit militaire et l’ascendant graduel de l’esprit industriel, comme une double conséquence nécessaire de notre évolution progressive, qui a été, de nos jours, assez judicieusement appréciée, à cet égard, par

(1) Os qualifications politiques de temporel et spirituel devant être naturellement d'un frequent usage, dans les six chapitres suivans, pour l’ensemble de notre analyse historique, je dois ici directement avertir, en general, que je leur conserverai toujours exactement la destination, régulière à laquelle la philosophie catholique les a consacrées depuis des siècles. Outre l'indispensable besoin , en philosophie politique , de ces deux termes importans, qui ne peuvent être encore constamment remplacés par des expressions plus rationnelles, il n’est pas inutile d’ailleurs de rattacher, autant que possible , sans aucune vaine affectation , les formules actuelles aux anciennes habitudes, afin de mieux rappeler le sentiment fondamental de la continuité sociale, qu’on est aujourd’hui si vicieusement disposé h dédaigner.

la plupart de ceux qui s’occupent convenablement de philosophie politique. En un temps d’ailleurs où se manifeste continuellement, sous des formes de plus en plus variées, et avec une énergie toujours croissante, même au sein des armées, la répugnance caractéristique des sociétés modernes pour la vie guerrière; quand, par exemple, l’insuffisance totale des vocations militaires est partout devenue de plus en plus irrécusable d’après l’obligation de plus en plus indispensable du recrutement forcé, rarement suivi d’une persistance volontaire; l’expérience journalière dispenserait, sans doute, de toute démonstration directe, au sujet d’une notion ainsi graduellement tombée dans le domaine public. Malgré l’immense développement exceptionnel de l’activité militaire, momentanément déterminé, au commencement de ce siècle, par l’inévitable entraînement qui a dû succéder à d’irrésistibles circonstances anomales, notre insLinct industriel et pacilique n’a pas tardé à reprendre, d’une manière plus rapide, le cours régulier de son développement prépondérant , de façon à assurer réellement, sous ce rapport, le repos fondamental du monde civilisé, quoique l’harmonie européenne doive fréquemment sembler compromise, en conséquence du défaut provl-

soir'e de toute organisation systématique des relations internationales; ce qui, sans pouvoir vraiment produire la guerre, suffit toutefois pour inspirer souvent de dangereuses inquiétudes. Il ne saurait donc être ici nullement question de constater, par une discussion heureusement superflue , ni le premier terme , ni surtout le dernier de la progression sociale, relativement au caractère général de l’existence temporelle, dont l’appréciation directe ressortira d’ailleurs, dans les six chapitres suivans, de l’ensemble de notre analyse historique. Seulement, une telle marche n’ayant jamais été suffisamment rattachée aux lois essentielles de la nature humaine et aux indispensables conditions du développement social, il nous reste à signaler , en principe , sa participation * nécessaire à l’évolution fondamentale de l’humanité.

L’invincible antipathie de l’homme primitif pour tout travail régulier, ne lui laisse évidemment à exercer d’autre activité soutenue que celle de la vie guerrière , la seule à laquelle il puisse alors être essentiellement propre, et qui constitue d’ailleurs, à l’origine, le moyen le plus simple de se procurer sa subsistance, même indépendamment d’une trop fréquente antropophagie la marche générale de l’individu est, à cet égard,

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pleinement conforme à celle de l’esj déplorable que doive sembler d?a nécessité, son universalité caractér développement continu , en dll assez avancés pour que l’existence maté reposer sur d’autres bases, doivent faire tous les vrais philosophes que ce régime mil auquel la société a été si long-temps et si comj tement assujétie , doit avoir rempli un éfainent indispensable office, du moins provisoire, dans I progression générale de l’humanité. 11 est aisé de concevoir, en effet, quelle que soit maintenant la prépondérance sociale de l’esprit industriel, que l’évolution matérielle des sociétés humaines, a dû , au çonlraire, long-temps exiger l’ascendant exclusif de l’esprit militaire, sous le seul eihpire duquel l’industrie humaine pouvait se développer convenablement. Les motifs généraux de- ’ cette indispensable tutelle sont essentiellement! analogues à ceux de la semblable fonction provisoire accomplie par l’esprit religieux pour préparer l’essor ultérieur de l’esprit scientifique , d’a- ’jirès les explications précédentes. Car, elle tient surtout à ce que l’esprit industriel, bien loin depouvoir diriger d’abord la Société temporelle, y supposait . au contraire, par sa nature , l’existence préalable d’un développement déjà considérable ,

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qni\ ne pouvait (loue s’ètre opéré que sous Fià-,

* fluence nécessaire de l’esprit militaire, sans l’heu.reuse spontanéité duquel les diverses familles seraient demeurées essentiellement isolées, de

manière à empêcher toute importante division de ^l’ensfrdble du travail humain, et par suite tout progrès régulier et continu de notre industrie. Les propriétés sociales, et surtout politiques, de l’activité militaire, quoique ne devant exercer qu’une prépondérance provisoire dans l’évolution fondamentale de l’humanité, sont, à l’origine, parfaitement nettes et décisives, en un mot, pleinement conformes à la haute fonction civilisatrice qu’elles doivent alors remplir. Plusieurs philosophes ont déjà suffisamment reconnu , à ce sujet, l’aptitude spontanée d’un tel mode d’existence à développer des habitudes de régularité et

* de discipline, qui n’auraient pu d’abord être autrement produites, et sans lesquelles aucun vrai régime politique ne pouvait, évidemment, s’organiser. Nul autre but suffisamment énergique n’aurait pu, en effet, établir une association durable et un peu étendue entre les familles hu-* maines que l’impérieux besoin de se réunir , d’après une inévitable subordination quelconque, pour une expédition guerrière, ou même pou* la simple défense commuue. Jamais l’objet de.

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l’association ne peut être plus sensible ni plus urgent , jamais les conditions élémentaires du concours ne sauraient devenir plus irrésistibles. Tout cet ensemble d’attributs se trouve admirablement adapté à la nature et aux besoins des sociétés primitives, qui ne pouvaient, sans doute, apprendre réellement l’ordre à aucune autre école qu’à celle de la guerre, comme on peut, même aujourd’hui, s’en former une faible idée à | l’égard des individus exceptionnels que la discipline industrielle ne peut suffisamment assouplir, et qui, sous ce rapport, nous représentent, autant que possible, l’ancien type humain. Ainsi, malgré de vaines rêveries poétiques sur l’institution primordiale des pouvoirs politiques, on ne saurait douter que les premiers gouvernemens n’aient dû être, de toute nécessité, essentiellement militaires, quand on se borne à n’y envisager que les simples considérations temporelles , de même que l’autorité spirituelle ne pouvait y être d’abord que purement théologique. Cet ascendant naturel de l’esprit guerrier n’a pas été seulement indispensable à la consolidation originaire des sociétés politiques ; il a surtout présidé à leur agrandissement continu, qui ne pouvait s’opérer autrement sans une excessive lenteur, comme nous le montrera clairement l’ensemble de l’ana- •

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lyse historique : et cependant, une telle extension était préalablement indispensable, à un certain degré, au développement final de l’industrie humaine. La marche temporelle de l’humanité présente donc, par sa nature, à sa première période, un cercle vicieux parfaitement analogue à celui que nous avons reconnu dans la marche spirituelle, et dont la seule issue possible résulte, en l’un et l’autre cas, de l’heureux essor spontané d’une tendance préliminaire. A la vérité, ce régime militaire a dû avoir partout, pour base politique indispensable , l’esclavage individuel des producteurs , afin de permettre aux guerriers le libre et plein développement de leur activité caractéristique. Sans cette condition nécessaire, la grande opération sociale qui devait être ac- , complie , en temps convenable, par la progression continue d’un système militaire fortement conçu et sagement poursuivi, eût été, dans l’antiquité, radicalement manquée, ainsi que je l’expliquerai bientôt. Quoique toute discussion à ce sujet fût ici prématurée, j’y dois cependant indiquer, d’une autre part, cette institution fondamentale de l’esclavage ancien comme destinée à organiser une indispensable préparation graduelle à la plénitude ultérieure de la vie industrielle, ainsi irrésistiblement et exclusivement imposée, malgré

notre native aversion du travail, à la majedt-e partie de l’humanité, dont une laborieuse persévérance devenait dès lors la première condition finale. En se reportant, autant que nôtre pensée peut le faire , à une telle situation primftWf , on ne saurait méconnaître la nécessité correspondante de cette énergique stimulation, en ayant convenablement égard à l’ensemble des conditions réelles du développement humain. La juste horreur que nous inspire aujourd’hui cette institution si long-temps universelle tient surtout à ce que nous devons être spontanément disposés à l’apprécier d’après l’esclavage moderne, cefui de

nos colonies, qui constitue, par sa nature, uq^ véritable monstruosité politique, l’esclavage organisé, au sein même de l’industrie, de l’ouvrier au capitaliste, d’une manière également dégradante pour tous deux; tandis que l’esclavage ancien, assujélissant le producteur au militaire, tendait à développer pareillement leurs activités

opposées, de manière à déterminer finalement leur concours spontané à une même progression sociale, comme je l’établirai spécialement dans la cinquante* troisième leçon.

Quelque irrécusable que doive ainsi devenir l’universelle nécessité politique, pour l’évolution

primitive de l’humanité, d’un exercice loug- .

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temps prépondérant de l’activité militaire, aussi indispensable qu’inévitable , les principes même que je viens d’indiquer nous expliqueront plus tard , avec non moins d’évidence, la nature essentiellement provisoire d’une telle destination sociale, dont 1 importance a dû constamment décroître , à mesure que la vie industrielle a pu poursuivre son développement graduel. Tandis que l’activité industrielle présente spontanément cette admirable propriété de pouvoir être simultanément stimulée chez tous les individus et chez tous les peuples, sans que l’essor des uns soit inconciliable avec celui des autres, il est clair, au contraire , que la plénitude de la vie militaire dans une partie notable de l’humaimé suppose et détermine finalement, en tout le\este, une inévitable compression, qui constitue même le principal office social d’un tel régime, en considérant l’ensemble du monde civilisé. Aussi, pendant que l’époque industrielle ne comporte d’autre terme général que celui, encore indéterminé, assigné à l’existence progressive de notre espèce par le système des lois naturelles, l’époque militaire a du être, de toute nécessité, essentiellement limitée aux temps d’un suffisant accomplissement graduel des conditions préalables qu’elle . était destinée à réaliser. Ce but principal a été atteint

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