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TOME III

Tout corps qui a été décomposé doit, évidemment, être conçu, par cela même, comme susceptible d’une recomposition , d’ailleurs plus ou moins difficile et quelquefois presque impossible à réaliser. Or , si cette opération inverse reproduit exactement la substance primitive , la démonstration chimique acquiert aussitôt la plus incontestable certitude. Malheureusement l’admirable extension de la puissance chimique dans le siècle actuel a beaucoup plus porté jusqu’ici sur les facultés analytiques que sur les moyens synthétiques ; en sorte que ces deux voies sont encore très loin de conserver entre elles une exacte et constante harmonie.

Afin de caractériser plus profondément les cas où une telle harmonie est néanmoins indispensable à l’établissement d’une conviction vraiment inébranlable, il faut distinguer, en général, avec plus de soin qu’on ne l’a fait, deux genres très différens d’analyse chimique : une analyse préliminaire, consistant dans la simple séparation des principes immédiats, et une analyse finale, conduisant à la détermination des élémens proprement dits (i). Quoique celle-ci soit toujours

(i) Ce* deux expression», préliminaire et finale, «ont iei seulement sUstiiiecs à caractériser, aussi nettement que possible, lebut propre & cha-

le complément nécessaire de toute étude chimique, l’usage de la première est, cependant, dans un très grand nombre de cas , et surtout relativement aux applications, plus important et plus étendu. Or, il est aisé de concevoir que l’analyse élémentaire peut être , par sa nature, rigoureusement dispensée d’une vérification synthétique. Car, en instituant l’opération avec exactitude et la poursuivant avec soin, on déduira toujours, sans incertitude , de la composition des réactifs employés , comparée à celle des produits obtenus, la composition inconnue de la substance proposée, dont les divers élémens auront ainsi été séparés d’une manière quelconque. L’impossibilité où l’on serait de les combiner de nouveau pour reproduire le corps primitif, ne saurait, évidemment, en un tel cas, jeter aucun doute légitime sur la réalité de la solution ; à moins toutefois, ce qui doit être infiniment rare, qu’on n’eût des motifs valides de contester la simplicité effective de quelqu’un des élémens considérés. La synthèse ne lait donc alors qu’ajouter , à la démonstration ana-

cuue des deux analyses, sans aucune allusion à l’ordre qui s’établit entre elles. Dn point de vue abstrait, il paraîtrait, sans doute, qne la première doit toujours, rationnellement, pre'ce'der la seconde. Mais comme, en réalité, celle-ci est souvent beaucoup plus facile et plus sûre que l'autre, dont elle peut être rendue indépendante, on conçoit sans peine que cet ordre naturel doive se trouver fréquemment interverti.

PHILOSOPHIE positive.

lytique, une confirmation utile et lumineuse, mais nullement indispensable. 11 en est tout autrement, au contraire, quandil s’agit de déterminer seulement les vrais principes imrnédiats.Comme les divers élémens dont ils sont formés seraient nécessairement toujours plus ou moins susceptibles de produire entre eux d’autres combinaisons de différens ordres , on ne peut jamais avoir absolument, dans un tel genre d’analyse, la certitude directe qu’un ou plusieurs des prétendus principes immédiats qu’elle a fournis ne doivent pas leur origine aux réactions provoquées par l’opération analytique elle- même. La synthèse, en général, peut seule alors, en reconstruisant, avec les matériaux trouvés, la substance proposée, décider finalement la question d’une manière irrécusable ; à moins que la faible énergie des réactifs employés ou la puissance des inductions analogiques ne suffisent, ce qui a souvent lieu, pour que les résultats directs des opérations analytiques ne doivent comporter aucun doute raisonnable. Dans les analyses immédiates très compliquées, lors même que la concordance de plusieurs moyens analytiques distincts vient fortement corroborer la solidité des conclusions obtenues , on ne saurait presque jamais, sans la confirmation synthétique, compter sur de véritables démonstrations chi-

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iniques. L’analyse des eaux minérales, et surtout celles des matières organiques, abondent en exemples importans, propres à mettre dans tout son jour la justesse de cette maxime essentielle de philosophie chimique.

Pour compléter l’aperçu d’un tel principe, on doit remarquer enfin , à ce sujet , l’existence nécessaire d’une certaine harmonie générale entre la possibilité d’appliquer la méthode synthétique et l’obligation d’y recourir; sans prétendre d’ailleurs , bien entendu, que, sous ce rapport, la correspondance des moyens au but ne laisse jamais rien à désirer. Cela résulte de la loi, mentionnée ci-dessus à autre intention, que les combinaisons deviennent moins tenaces à mesure que l’ordre de composition des particules constituantes s’élève davantage. Or le degré de facilité de la recomposition doit , sans doute , correspondre à celui avec lequel la séparation s’est opérée. Ainsi , l’analyse élémentaire, la seule qui, d’après les considérations précédentes, puisse être rigoureusement dispensée rie la contre-épreuve synthétique, est précisément celle qui obligerait aux recompositions les plus dilliciles, souvent même impossibles pour peu que les élémens soient nombreux , à cause des réactions très énergiques qu’il a fallu d’ordinaire employer , comme l’expérience

chimique le vérifie chaque jour : tandis que les cas d’analyse immédiate, au contraire, n’exigeant, eu général , que de faibles antagonismes , n’opposent pas de grands obstacles aux opérations synthétiques, qui sont alors devenues presque indispensables.

Après avoir suffisamment considéré , du point de vue philosophique, le véritable but général de la science chimique, et les moyens fondamentaux d’exploration qui lui sont propres, l’ordre naturel des idées principales relatives à cette leçon nous conduit à examiner rapidement la position encyclopédique de la chimie , c’est-à-dire à justifier, d’une manière directe et spéciale, quoique sommaire, le rang que j’ai dû lui assigner dans la hiérarchie scientifique établie au début de ce traité.

Ce cas me paraît être l’un des plus propres à constater qu’une telle classification fondamentale ne repose point sur de vaines et arbitraires considérations, mais qu’elle est le fidèle résumé des harmonies nécessaires, naturellement manifestées, entre les différentes sciences , par leur développement commun. Aucune position encyclopédique ne me semble, en effet, se présenter avec plus de spontanéité que celle de la chimie, d’après ma formule, entre la physique et la physiologie. Qui pourrait méconnaître aujourd’hui

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(jue, par plusieurs parties essentielles, et surtout par l’importante série des phénomènes électrochimiques, le système des connaissances chimiques touche immédiatement à l’ensemble de la physique, dont il constitue, en apparence, un simple prolongement ; et que de même , à son autre extrémité, par l’étude, non moins fondamentale, des combinaisons organiques , il adhère , en quelque sorte, à la physiologie générale, dont il établit, pour ainsi dire, les premiers fondemens? Ces relations sont tellement intimes, que, dans plus d’un cas particulier, les chimistes qui n’ont point approfondi la vraie philosophie des sciences n’osent décider si tel sujet tombe effectivement sous leur compétence, ou s’ils doivent le renvoyer , soit à la physique , soit à la physiologie.

Considérons, en premier lieu, la chimie relativement aux sciences qui la précèdent dans notre échelle encyclopédique, et d’abord, à la physique, qui lui est immédiatement antérieure.

Les phénomènes de la première sont, évidemment, d’une nature plus compliquée , que ceux de la seconde; et l’étude en est nécessairement subordonnée à la leur. Quoique les uns et les autres soient rigoureusement généraux, cependant l’ordre de généralité des faits chimiques doit

être classé comme réellement inférieur à celui des faits physiques. En comparant ceux-ci aux faits astronomiques, j’ai démontré, dans le volume précédent, que leur généralité est moindre, parce que, propres à tous les corps, ils ne s’y manifestent point cependantdans toutes les circonstances, leur développement étant toujours soumis à certaines conditions. Or , le même principe est applicable ici, et à bien plus forte raison, car les effets chimiques exigent un concours de conditions variées beaucoup plus étendu. Avec de simples modifications, les propriétés physiques appartiennent, nou-seulemcnt à toutes les substances, mais aussi à tous les états d’agrégation , et même de combinaison, de chacune d’elles : chaque corps ne manifeste, au contraire, ses propriétés chimiques que dans un état plus ou moins déterminé, et souvent tellement restreint qu’il a fallu de lougues séries d’essais laborieux pour parvenir à le réaliser. En un mot, la nature uous offre très fréquemment des effets physiques qui ne sont accompagnés d’aucun effet chimique, tandis que nul phénomène chimique ne saurait avoir lieu sans la coexistence de certains phénomènes physiques. Ainsi , les uns formant les divers modes spécifiques de l’activité propre à chaque substance, et les autres, au contraire , constituant l’existence

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fondamentale de toute matière , le sujet de la chimie se complique nécessairement toujours de celui de la physique, et ne saurait être rationnellement étudié sans la connaissance préalable de celui-ci. D’ailleurs, les agens chimiques les plus puissans sont, désormais, empruntés à la physique, qui, en outre, fournit constamment, par ses dilférens ordres de phénomènes, les premiers caractères distinctifs des diverses substances. 11 serait inutile d’insister davantage aujourd’hui pour laire sentir qu’on ne saurait concevoir de chimie vraiment scientifique sans lui donner, préalablement, l’ensemble de la physique pour base générale. Sous ce premier rapport, qui est décisif, la position encyclopédique de la chimie se trouve donc déterminée, à l’abri de toute incertitude.

De cette relation immédiate, résulte, évidemment, une subordination indirecte, mais nécessaire, de la chimie envers l’ensemble de l’astronomie, et même de la science mathématique , comme londoniens indispensables de toute physique sérieuse. Quant à des liaisons directes, il faut convenir que, sous le rapport de la doctrine, elles sont peu étendues et d’une médiocre importance.

ioute tentative de faire rentrer les questions chimiques dans le domaine des doctrines mathématiques , doit être réputée jusqu’ici, et sans

doute à jamais , profondément irrationnelle , comme étant antipathique à la nature des phénomènes : elle ne pourrait découler que d’hypothèses vagues et radicalement arbitraires sur la constitution intime des corps, ainsi que j’ai eu occasion de l’indiquer dans les prolégomènes de cet ouvrage. J’ai fait ressortir, dans le volume précédent, le tort général fait jusqu’ici à la physique par l’abus de l’analyse mathématique. Mais là , il ne -s’agissait que de l’usage irréfléchi d’un instrument, qui, judicieusement dirigé, est susceptible, pour un tel ordre de recherches, d’une admirable eflicacité. Ici, au contraire, on ne doit pas craindre de garantir que si, par une aberration heureusement presque impossible, l’emploi de l’analyse mathématique acquérait jamais, en chimie t une semblable prépondérance, il déterminerait inévitablement, et sans aucune compensation, dans

l’économie entière de cette science, une immense et rapide rétrogradation, en substituant l’empire des conceptions vagues à celui des notions positives , et un facile verbiage algébrique à une laborieuse exploration des faits.

La subordination directe de la chimie envers l’astronomie, est, pareillement, très faible, mais, néanmoins, plus prononcée. Elle est presque insensible pour la chimie abstraite , seule cultivée

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aujourd’hui. Mais, quand l’ensemble des progrès de la philosophie naturelle viendra permettre le développement de la chimie concrète } c’est-à-dire l’application méthodique du système des connaissances chimiques à l’histoire naturelle du globe, on éprouvera, sans doute, en plus d’une recherche, le besoin de combiner, pour la saine explication des phénomènes , les considérations chimiques et les considérations astronomiques , qui semblent maintenant ne comporter aucun point de contact réel. La géologie actuelle, si informe qu’elle soit, doit nous faire clairement pressentir la manifestation future, et peut-être prochaine, d’une semblable nécessité, qu’un vague instinct avait probablement révélée aux philosophes de l’âge théologique, au milieu de leurs chimériques et pourtant opiniâtres rapprochemens entre l’astrologie et l’alchimie. 11 est, sans doute, impossible, en principe, de concevoir l’ensemble des grandes opérations intestines de la nature terrestre comme radicalement indépendant des mouvcmens de notre globe , de l’équilibre général de sa masse, en un mot, du système de ses conditions planétaires.

Si les relations immédiates de la chimie avec la science mathématique, et même avec l’astronomie, sont nécessairement peu considérables sous

le point de vue de la doctrine , il n’en saurait être ainsi, à beaucoup près, relativement à la méthode. En ce nouveau sens , il est aisé de reconnaître , au contraire, qu’une suffisante habitude préalable, chez les chimistes, de l’esprit mathématique et de la philosophie astronomique exercerait inévitablement la plus grande et la plus salutaire influence sur la manière de concevoir et de cultiver la chimie , et , par suite , accélérerait beaucoup scs perfection nemens ultérieurs.

Pour la mathématique ( dont il serait , d’ailleurs, superflu d’expliquer ici que les premières notions élémentaires sont désormais directement indispensables aux travaux journaliers des chimistes ) , je n’ai pas besoin de reproduire les considérations générales, tant exposées dans les diverses parties antérieures de ce traité, qui établissent invinciblement l’ensemble d’une telle élude comme le premier fondement nécessaire du système entier de la méthode positive. 11 n’y a, dans celte subordination commune à toute la hiérarchie scientifique, rien qui soit précisément particulier à la chimie , si ce n’est celte sage réflexion que , plus les phénomènes se compliquent , plus nous devons nous préparer soigneusement, par ce salutaire régime intellectuel, à les analyser avec une judicieuse sévérité. On ne

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doit pas craindre d’attribuer aujourd’hui , en partie, au défaut habituel d’accomplissement de cette indispensable condition, le peu de rationnante, de rigueur, et de liaison que les bons esprits remarquent si péniblement dans la plupart des travaux chimiques. 11 est évident, néanmoins, afin de prévenir ici toute exagération , que l’éducation mathématique des chimistes n’a pas besoin d’être aussi étendue, dans ses détails, que celle convenable aux physiciens , puisqu’elle n’est point destinée à leur fournir, comme à ceux-ci, un secours direct et d’un usage journalier, mais seulement à les pénétrer assez de l’esprit géométrique pour que leur intelligence soit convenablement préparée à l’étude rationnelle de la nature.

Quant à l’astronomie , la subordination directe de la chimie envers elle, sous le rapport de la méthode, est d’une importance tout aussi grande, et encore plus sensible, d’après la propriété fondamentale que nous avons reconnue à la science céleste de constituer nécessairement le type le plus parfait de l’étude de la nature. La salutaire influence d’un tel modèle doit devenir , en général, d’autant plus indispensable, que la complication croissante des phénomènes tend davantage à faire perdre de vue le véritable esprit de la philosophie naturelle. C’est seulement par une semblable

étude préliminaire , que les chimistes , sentant vivement l’inanité radicale des explications métaphysiques dont leur doctrine est encore habituellement viciée, pourront acquérir enfin un sentiment profond et efficace du vrai caractère propre à la science chimique , et du genre de perfection que comporte la nature de ses phénomènes. Sous ce rapport philosophique, la physique elle-même , en vertu de sa moindre perfection nécessaire, ne saurait jamais avoir, pour les chimistes, autant d’utilité que l’astronomie, malgré ses relations bieu plus intimes et plus étendues. Aujourd’hui surtout, où la méthode, en physique, est encore, à plusieurs égards, comme nous l’avons reconnu, radicalement défectueuse, l’imitation exclusive d’un modèle aussi incomplet tend à développer, sans doute, d’une manière beaucoup moins satisfaisante, la saine philosophie chimique.

Telles sont, en aperçu, soit pour la doctrine, soit pour la méthode, les relations générales de la chimie avec les sciences fondamentales qui la précèdent dans notre hiérarchie encyclopédique.

Il serait superflu de considérer formellement ici sa liaison nécessaire avec les sciences qui la suivent, et surtout avec la physiologie, qui vient immédiatement après elle. Cet examen aura na-

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turellement sa place spéciale dans la seconde partie de ce volume. Nous devons nous borner, en ce moment, à concevoir, d’une manière nette mais générale, que toute saine physiologie s’appuie nécessairement sur la chimie, soit comme point de départ, soit comme principal moyen d’investigation. En séparant, autant que possible, les phénomènes de la vie proprement dite, de ceux de l’animalité , il est clair que les premiers , dans le double mouvement intestin qui les constitue, sont, par leur nature, essentiellement chimiques. Les combinaisons et les décompositions qu’on y observe présentent , sans doute, en vertu de l’organisation , des caractères qui leur sont exclusivement propres : mais, malgré ces importantes modifications, elles n’en doivent pas moins être nécessairement subordonnées aux lois générales des efiFets chimiques. Même en considérant l’étude des corps vivans sous le simple point de vue statique, la chimie y est aussi d’un usage évidemment indispensable, en ce qu’elle fournit les moyens les plus certains de distinguer exactement entre eux les divers élémens anatomiques d’un organisme quelconque.

Nous reconnaîtrons, en dernier lieu, dans le volume suivant , que la nouvelle science fondamentale, que je présente aux vrais philosophes,

sous le nom île physique sociale, comme devant constituer l’indispensable complément du système rationnel de la philosophie naturelle, est, pareillement, subordonnée par son objet à la science chimique. Elle en dépend, d’abord, évidemment, d’une manière nécessaire, quoique indirecte, par sa relation immédiate et manifeste avec la physiologie. Mais, en outre, les phénomènes sociaux étant les plus compliqués et les plus particuliers de tous, leurs lois sont inévitablement subordonnées, par cela même, à celles de tous les ordres précédens, dont chacun y manifeste, plus ou moins explicitement , son influence propre. Quant aux lois chimiques surtout, il est évident que, dans l’ensemble des conditions d’existence de la société humaine, sont comprises plusieurs harmonies chimiques essentielles, entre l’homme et les circonstances extérieures fondamentales dont il subit l’empire absolu. La rupture de ces diverses harmonies, ou seulement leur perturbation un peu profonde , soit quant à la composition du milieu atmosphérique , ou des eaux, ou des terrains, etc., ne permettrait plus de concevoir rationnellement le développement social , même en supposant un désordre assez restreint pour que l’existence individuelle fût maintenue.

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Lu position encyclopédique de la chimie, ainsi exactement vérifiée sous tous les rapports essentiels, conduit naturellement à fixer aussitôt le degré proportionnel de perfection générale que comporte celte science fondamentale, comparée aux autres, d’après le principe philosophique établi à ce sujet dans ma théorie préliminaire de la classification des sciences ( voyez la deuxième leçon). Chacun peut, en effet, constater aisément, par un examen direct, que, conformément à ce principe , et sous le double aspect de la méthode ou de la doctrine , le degré de perfection de la chimie est inférieur à celui de la physique et supérieur à celui cio la physiologie. Nousdcvons surtout , par le motif ci-dessus indiqué, nous attacher ici à la première comparaison.

Quanta la méthode, malgré les imperfections radicales que j’ai dû sévèrement signaler dans la manière de procéder de la physique actuelle, la philosophie physique est, néanmoins, sans aucun doute, beaucoup plus rapprochée aujourd’hui que la philosophie chimique de l’état pleinement positif. Si, relativement à la théorie des hypothèses, la première présente réellement encore un caractère quasi-métaphysique, il n’y a aucune exagération à dire que l’esprit de la seconde est jusqu’ici, à quelques égards, esscntielle-

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