TOME iii
QgO PHILOSOPHIE PqSITIVE.
Telles sont les principales réflexions philosophiques que doit naturellement inspirer l’exacte appréciation de l’état actuel de la physiologie organique ou végétative, envisage dans son ensemble. Cet examen , quoique sans doute extrêmement sommaire, peut conduire à constater, d’une manière irrécusable, que, comme nous l’avions aisément prévu dès l’origine , c’est à 1 éducation radicalement vicieuse de presque tous les physiologistes, et à l’irrationnelle institution de leurs travaux habituels, qu’il faut surtout attribuer 1 excessive imperfection d’une etude aussi fondamentale , qui, malgré sa haute difficulté caractéristique et sa positivité toute récente, est certainement bien plus arriérée aujourd’hui que ne 1 exigent la nature plus compliquée de ses phénomènes et sou développement moins ancien. La circulation du sang, premier fait général qui ait donné l’éveil à la physiologie positive, et les lois de la chute des corps , première acquisition de la saine physique, sont des découvertes presque absolument contemporaines; et, néanmoins, quelle immense inégalité entre les progrès des deux sciences à parti» de cette commune évolution ! Une telle différence ne saurait uniquement tenir à la complication supérieure des phénomènes physiologiques , et a dû beaucoup dépendre aussi dé l’esprit scientifique
qui a dirigé lettr étude générale* au niveau de laquelle Ja plupart de ceux qui la cultivent n’ont pas su convenablement s’élever.
Par leur nature évidemment physicocbimique, les phénomènes fondamentaux de la vie végétative exigent directement, soit dans leur analyse, soit dans leur explication, l’intime combinaison permanente des principales notions de la philosophie inorganique avec les considérations physiologiques immédiates préparées par une profonde habitude des lois préliminaires relatives à la structure et a la .classification des corps vivans. Or, chacune de ces conditions inséparables n’est aujourd’hui suffisamment remplie que par un ordre particulier de savans positifs. De là sont résultées , d un côté, la prétendue chimie organique, étude radicalement bâtarde, qui n’est qu’une grossière ébauche de la physiologie végétative, machinalement entreprise par des esprits qui ne comprenaient, en aucune manière , le vrai sujet de leurs travaux; d’un -autre côté, les doctrines vagues , incohérentes, et quasi-metaphysiques, dont cette physiologie a été essentiellement composée par des intelligences mal préparées et presque entièrement dépourvues des notions préliminaires les plus indispensables. La stérile anarchie qui est la suite nécessaire d une aussi vicieuse organisation du
travail scientifique, suffirait seule à témoigner irrécusablement de l’utilité réelle et directe du point de vue général, et néanmoins positif, qui caractérise ce Traité.