‹ Cours de philosophie positive (volume 4)Chapitre 33 sur 40 · TOME III · texte numérisé non relu

TOME III

11 s’agit île la vraie distinction scientifique que la théorie positive de l’irritabilité doit finalement maintenir entre les mouvemens volontaires et les mouvemens involontaires.

La doctrine de Bichat avait au moins cet avantage évident qu’elle représentait, d’une manière directe et, en apparence, très satisfaisante, cette incontestable différence :on voit même que cette considération lui a fourni ses principaux argumens. Au contraire, en ne reconnaissant plus qu’une irritabilité unique, toujours uniformément liée à l’innervation, comme le prescrit certainement l’état présent de la science, on constitue une difficulté fondamentale très délicate, et dont la solution est néanmoins strictement indispensable, pour comprendre de quelle manière tous les mouvemens ne deviendraient point dèslors indistinctement volontaires. La haute insuffisance des explications actuelles à cet égard ne saurait, sans doute, réagir logiquement contre le principe lui-même , puisqu’on peut toujours vaguement attribuer a'u mode d’innervatiou la différence musculaire dont il s’agit ici. Mais cet expédient provisoire ne saurait long-temps suffire aux besoins réels de la doctrine physiologique, à laquelle il importe beaucoup de déterminer avec précision les conditions spéciales d’innervation qui

rendent volontaire ou involontaire tel mouvement effectif. Il faut, sans doute, que, dans cet ordre de considérations comme dans tout autre, des différences anatomiques vraiment appréciables soient exactement coordonnées à d’incontestables différences physiologiques , ce qui certainement est fort loin d’exister aujourd’hui. O11 ne saurait confondre un tel ordre de recherches aveo la vaine enquête métaphysique des causes de la volonté, puisqu’il s’agit seulement ici de découvrir les conditions organiques qui doivent nécessairement exister pour rendre volontaires , par exemple, les mouvemens des muscles locomoteurs, tandis que ceux du muscle cardiaque sont si profondément involontaires. Un phénomène aussi caractérisé comporte sans doute une exacte analyse générale, quoiqu’elle doive cire fort difficile. La science présente donc aujourd’hui , sous ce rapport, une incontestable lacune fondanienlale, qui obscurcit beaucoup la théorie positive de l’irritabilité, dont le principe seul peut être maintenant regardé comme établi; puisque, dans la plupart des cas, le plus habile anatomiste n’oserait encore déeider , autrement que par le fait même, si tel mouvement bien défini doit être volontaire ou involontaire, ce qui constate nettement l’absence de toute loi réelle à cet égard.

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Au reste, quelques.diflicullés que présente, par sa nature, la question ainsi posée, on a droit d’espérer qu’elle comporte une solution vraiment satisfaisante, puisqu’on peut, cerne semble, apercevoir déjà la voie qui doit y conduire. Elle consiste, en eifet , dans une judicieuse analyse des mouvemensen quelque sorte intermédiaires, c’està-dire, qui, primitivement involontaires, finissent par devenir volontaires, ou réciproquement. Ces cas, que l’organisme présente très fréquemment sous l’un et l’autre aspect , me paraissent éminemment propres à vérifier que la distinction incontestable des mouvemens en volontaires et involontaires ne tient nullement à une différence radicale de l’irritabilité musculaire, mais seulement au mode et peut-être même au degré de l’innervation, modifiée surtout par une longue habitude. O11 ne saurait, par exemple, concevoir autrement que les mouvemens . excréteurs de l’urine, qui, dans le jeune âge, ou dans Un grand nombre de maladies, sont si évidemment involontaires, puissent prendre, par la seule influence suffisamment habituelle d’une énergique résolution , le caractère volontaire qu’ils acquièrent ordinairement chez les animaux supérieurs. Pour que ce germe d’explication puisse réellement suffire ultérieurement à résoudre la difficulté pru-

posée, il faudrait concevoir que les mouvemens les plus involontaires, qui, suivant la juste remarque de Bichat , sont toujours en effet les plus indispènsables à la vie générale, eussent été susceptibles de suspension, volontaire , sans excepter les mouvemens du cœur, si leur rigoureuse nécessité continue n’eût point empêché de contracter à leur égard des habitudes convenables. Quoiqu’il devienne ainsi très probable que la nature volontaire ou involontaire des divers mouvemens animaux, loin de provenir d’aucune différence directe dans l’irritabilité fondamentale, est seulement un résultat indirect et très composé du genre d’action exercé, par l’ensemble du système nerveux sur le système musculaire , on comprend néanmoins combieu ce sujet exige un nouvel examen approfondi , dont les considérations précédentes ne peuvent qu’indiquer la direction générale.

Tels sont les principaux aperçus philosophiques propres à mettre en pleine évidence l’extrême imperfection générale de l’étude actuelle de l’animalité, en ce qui concerne l’explication, même la plus élémentaire, des phénomènes essentiels. En nous bornant désormais à considérer la physiologie animale sous le seul aspect beaucoup plus simple d’une exacte analyse préliminaire de scs

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divers phénomènes généraux , il ne sera que trop aisé de reconnaître combien celle analyse , qui , au commencement de ce chapitre, devait nous paraître très satisfaisante , par comparaison à l’analyse si mal instituée île la vie organique, est réellement, au contraire, profondément éloignée aujourd’hui de ce qu’exigent les vrais besoins de la science pour permettre de s’élever plus tard à quelques lois positive?».

Quant aux fonctions directement relatives à l’irritabilité, on peut dire, sans la moindre exagération , que le mécanisme d’aucun mouvement animal n’a été jusqu’ici analysé d’une manière vraiment satisfaisante , puisque tous les cas principaux sont encore le sujet de controverses fondamentales entre des physiologistes également recommandables. On conserve même habituellement entre ces divers mouvemens, une distinction vicieuse , qui doit s’opposer à toute saine appréciation mécanique , lorsqu’on les sépare en mouvemens généraux qui produisent le déplacement. total «le la masse animale, et mouvemens partiels qui servent surtout à la vie organique, soit pour l’introduction «les divers a limons, ou l’expulsion des résidus , soit pour la circulation des fluides. Les premiers mouvemens sont, néanmoins , tout aussi réellement partiels, quoique

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leur objet soit différent ; car, sous le point de vue mécanique, l'organisme n’en saurait spontanément comporter d’autres. D'après les lois fondamentales du mouvement, l’animal ne peut jamais, par aucune action intérieure, déplacer divéetemenbson centre de gravité, sans une certaine coopération étrangère; pas davantage qu’un chariot à vapeur qui fonctionnerait , sans aucun frottement, sur un plan tout-à-fait horizontal , et dont la stérile aelivité se réduirait dès-lors nécessairement à la simple rotation de ses roues. J’ai déjà indiqué celte remarque, dans le premier volume, comme conséquence de k loi dynamique générale du centre de gravité. Les mouvemèns qui produisent la locomotion proprement dite ne sont donc pas d’une autre nature mécanique que ceux , par exemple, qui transportent le bol alimentaire le long du canal digestif; leur résultat n’est différent qu’en vertu de la diversité des appareils, caractérisés alors par des appendices extérieurs disposés de manière à déterminer, dans le système ambiant, une indispensable réaction , qui produit le déplacement de la masse animée. Ort pourrait aisément concevoir uûe constitution mécanique assez parfaite pour qu’un moteur unique, le cœur ou tout autre muscle, présidât à la fois, à l’aide d'appareils convenables, à tous les divers

mouvcmens organiques et animaux, comme notre industrie le produit si souvent dans les mécanismes bien organisés. Sans aller jusqu’à cette idéale simplification du système, on voit, en effet, chez certains mollusques, la locomotion proprement dite s’opérer au moyen des contractions du muscle cardiaque ou des muscles intestinaux» ce qui vérifie clairement la réalité de la considération précédente, et, par suite, la futilité des distinctions ordinairement admises à cet égard par les physiologistes actuels.

Les plus simples notions de la mécanique animale étant ainsi obscurcies et même viciées dès leur première origine, on ne saurait être surpris que les physiologistes disputent encore sur le vrai mécanisme de la circulation, et sur celui de la plupart des modes de locomotion extérieure, tels que le saut, le vol surtout, la natation, etc. D’après la manière dont ils procèdent, ils ne sont pas près de s’entendre, et les opinions les plus opposées trouveraient encore long -temps des moyens d’argumentation également plausibles. Ce qu’il y a de plus étrange, du moins en apparence, quoique la saine philosophie l’explique aisément,' c’est la disposition presque uuiverselle des physiologistes, sous ce rapport, à tirer, de leur ignorance meme, autant de motifs d’admirer

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la profonde sagesse d’un mécanisme qu’ils déclarent préalablement ne pouvoir comprendre. Une telle tendance est un reste évident de l’influence tbéologique qui préside encore essentiellement à notre première éducation. Quoique l’élude positive de ce sujet soit, comme on voit, tout entière à refondre, une première vue mathématique de l’ensemble de la question montre clairement, ce me semble, que le caractère le plus prononcé du mécanisme général des mouvemeus animaux consiste, au contraire, dans l’excessive complication des appareils ordinaires. Les géomètres et les physiciens, eu les supposant placés au point de vue convenable et d’ailleurs suffisamment préparés, imagineraient sans doute aisément une constitution beaucoup meilleure, s’ils ' osaient aujourd’hui prendre pour sujet d’exercice intellectuel la conception directe d’un nouveau mécanisme auimal, ce qui ne serait peut-être point sans une véritable utilité, ne fût-ce qu’afin de mieux caractériser l’esprit philosophique qui doit présider aux études effectives. Dans cet ordre de fouclions animales aussi bien que dans tout autre, et plus clairement qu’envers aucun autre, l’organisme ne saurait manquer de nous offrir un mode quelconque de production capable de déterminer les actes que nous voyons effectivement

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se produire; m;iis le mode réel est presque toujours très inferieur au type idéal que notre faible intelligence pourrait créer ,' même d’après nos connaissances actuelles , avec la liberté convenable. Au fond, cette réflexion revient à dire ici que le monde inorganique est, par sa nature, beaucoup mieux réglé que le monde organique ; ee qui, je crois, ne saurait être sérieusement contesté aujourd'hui par aucun esprit judicieux.

Un examen attentif de l’ensemble des études entreprises jusqu’ici sur la mécanique animale, fera, ce me semble, reconnaître, sans la moindre incertitude, que la principale cause de leur extrême imperfection résulte de l’éducation insuffisante et même vicieuse de la plupart des physiologistes,qui demeurent ordinairement beaucoup trop étrangers aux connaissances préalables qu’exigerait naturellement un tel sujet sur les diverses parties de la philosophie inorganique,- sans en excepter le système, vraiment fondamental, des sciences mathématiques. Le simple bon sens indique néanmoins, avec une irrésistible évidence, que la mécanique animale, comme la mécanique céleste, la mécanique industrielle, ou toute autre quelconque, est d’abord de la mécanique , et doit être, par conséquent , à ce litre, nécessairement subordonnée aux lois générales que la mécanique

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rationnelle impose à tous les mouvcmens possible*, abstraction fuite de la nature des moteurs, et en ayant seulement égard à la structure îles appareils. Sans doute, l'extrême complication des appareils animaux, même indépendamment de l'impossibilité manifeste de soumettre les moteurs primitifs à aucune théorie mathématique, ne saurait jamais réellement, comporter, à cet égard , la moindre application numérique, déjà si souvent illusoire envers des appareils beaucoup plus simples mus par des forces inorganiques. Mais la considération générale de ces lois n’y est pas moins strictement indispensable, sous peine de ne pouvoir se former que d’inintelligibles 'notions fondamentales du mécanisme de la locomotion, et même de la station , comme 011 le voit aujourd'hui oh , dans' la plupart des cas, la science serait impuissante à décider quel mouvement va résulter de l’action d’on appareil donné, d’après la seule analyse anatomique du système, indépendamment de toute expérience directe, réduite ainsi , contre sa destination fondamentale, à ne pouvoir prédire que desévénemens accomplis. Aussi des physiologistes moins irrationnels à cet égard ont-ils déjà reconnu imparJuiteuientccttc nécessité logique, en déclinant toutefois la difficulté, et se bornant à renvoyer un tel travail aux géomètres et aux physiciens. Ceux-

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ci, de leur côté , quand ils ont accepté une tâche qui devait leur rester étrangère, y ont porté involontairement, outre leur ignorance naturelle et fort excusable de la constitution anatomique du système, des habitudes de précision numérique profondément incompatibles avec l’esprit du sujet, et sont ainsi parvenus le plus souvent à des résultats dont ^absurdité évidente suflit, aux yeux île juges irréfléchis, pour discréditer d’avance toute application mieux conçue de la mécanique générale à la mécanique animale. Rien n’autorisait cependant une conclusion aussi vicieuse: il fallait seulement reconnaître que cette indispensable application doit être essentiellement opérée par les physiologistes eux-mêmes, qui peuvent seuls en bien comprendre la nature et l’objet, lien est ici à peu près comme pour l’usage de l’analySe mathématique dans les principales branches de la phv.iique, ordinairement si mal conçu aujourd’hui parles géomètres, parce qu’il doit être dirigé par les physiciens, suivant les remarques indiquées au second volume de cet ouvrage. L’application de tout instrument logique devant évidemment appartenir, non à ceux qui l’ont construit, mais à ceux qui s’occupent du sujet propre auquel il est destiné, les physiologistes vraiment positifs ne sauraient aucunement éluder désor-

mais l’obligation rigoureuse de se rendre aptes, par une plus forte éducation préalable , à introduire convenablement, dans l’étude rationnelle delà mécanique animale, les indispensables notions fondamentales empruntées à l’ensemble de la philosophie inorganique, et d’abord à la philosophie mathématique. Celte obligation générale se formulera ensuite en prescriptions plus précises, à mesure que les divers mouvemens spéciaux viendront à l’exiger. Ainsi , par exemple, l’étude, aujourd’hui si imparfaite, de la phonation, suppose nécessairement que l’analyse des mouvemens de l’appareil vocal soit particulièrement dirigée d’après les indications fondamentales qui résultent des connaissances acquises par. les physiciens sur la théorie du son. 11 serait impossible sans cela de parvenir jamais à comprendre la production générale delà voix, et, à plus forte raison, les modifications si prononcées et si importantes qu’elle présente chez lesdivers animaux susceptibles d’une véritable phonation. Quoique la parole proprement dite soit principalement, sans doute, un résultat de la supérioriléinlellectueile particulière à notre espèce, comme le montre l’exemple des idiots et de divers animaux chez lesquels il n’existe point devrai langage malgré que la phpnation y soit pleinement suflisante, il faut bien cependant

que la structure de notre appareil vocal offre certains caractères spécifiques en harmonie avec cette admirable faculté. Or, la judicieuse application des lois générales de l’acoustique est certainement indispensable pour conduire à découvrir ultérieurement en quoi consistent ces particularités necessaires. 11 serait aisé de faire une semblable vérification spéciale envers tous les autres cas essentiels de la mécanique animale. Sans doute, en plusieurs occasions, et notamment dans celle que je viens de signaler, il arrivera que la branche correspondante de la philosophie inorganique 11c sera point elle-même assez avancée pour fournir à la physiologie toutes les indications préliminaires qui lui seraient indispensables. Mais les physiologistes auront au moins tenté tous les progrès que comporte, à chaque époque , l’état général de la philosophie naturelle, et ils auront d’ailleurs nettement signalé aux divers physiciens spéciaux autant de sujets déterminés d’importantes recherches, ce qui serait déjà , en soi-même, d’un haut intérêt direct. On doit espérer que la considération spéciale et fréquente de telles relations positives entre les sciences fondamentales les plus indépendantes en apparence j ouvrira enfin les ■yeux des jiavans actuels sur les ip.Convéniens réels et immédiats que présente, en général , le système

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irrationnel (Je inorcuilement anarchique qui présidé aujourd’hui à l’étude de la philosophie naturelle. Les physiologistes doivent nécessairement comprendre à cet égard, avant tons les autres , les vrais besoins de l’esprit humain, eu vertu de la subordination fondamentale et directe, à la fuis générale et spéciale, qui rattache, d’une manière si prononcée .et si variée, leur science à toutes les précédentes , comme nous venons d’en acquérir une nouvelle preuve irrécusable.

L’étude préliminaire du second ordre principal des fonctions animales, ou l’analyse rationnelle des divers phénomènes essentiels de la sensibilité, ne présente pas certainement aujourd’hui un caractère scientifique plus satisfaisant que celui de la mécanique animale, même abstraction faite de ce qiÿ concerne la sensibilité intérieure proprement dite, c’est-à-dire les fonctions intellectuelles et morales, que nous ayons déjà reconnues devoir être, dans la leçon suivante, le sujet d’un examen nécessairement séparé. Celte seconde analyse sera jugée, en réalité , encore moins avancée que la première, si l’on ne se laisse point éblouir par l’imposaul spectacle des notions anatomiques très avancées que nous possédons déjà sur les organes correspondants , et qu’on s’attache exclusivement, comme nous le devons évidemment

ici, aux connaissances purement physiologiques.

Eu considérant la partie la moins imparfaite de cette étude, relative aux simples sensations extérieures, il est clair que le premier des trois élémens indispensables dont se compose toujours le phénomène de la sensation, c’est-à-dire, l’impression directe de l’agent externe sur les extrémités nerveuses à l’aide d’un appareil physique plus ou moins spécial, donne lieu à des remarques philosophiques esséntiellement analogues à celles qui viennent d’ètre indiquées à l’égard des mouvemens. Sous ce rapport, eu effet, la théorie des sensations est nécessairement subordonnée ans lois physiques correspondantes , coinfne cela est surtout manifeste pour les théories de la vision et de l’audition , comparées à l’optique et à l’acoustique, en ce qui concerne le vrai, mode général d’action propre à l’appareil oculaire ou auditif. Or, l’intime combinaison rationnelle qu’une telle étude exigerait entre les considérations physiques et les considérations physiologiques existe, sans doute, encore moins aujourd’hui qu’à l’égard de la mécanique animale. Ces importantes théories ont été plus formellement livrées par les physiologistes aux seuls physiciens , évidemment incompétens pour un tel .sujet, comme je l’ai déjà indiqué dans le second volume : il serait superflu

d’insister davantage ici sur une organisation aussi hautement vicieuse de travail scientifique, ce cas étant, sous ce point de -vue, tout-à-fait analogue au précédent. Il n’y a^ entre eux aucune autre différence • philosppbique essentielle que la déplorable influence exercée encore, dans cette partie de la physiologie animale , par les métaphysiciens, auxquels, jusqu’à ces derniers temps pour ainsi dire, la théorie des sensations avait été essentiellement abandonnée : c’est seulement dépuis la mémorable impulsion donnée par Gall; que les physiologistes ont commencé à s’emparer définitivement de cette importante partie de leur domaine. Ainsi, la théorie positive des sensations est moins bien conçue, et plus récemment instituée, que celle même des mouvemens; en sorte qu’il serait étrauge qu’elle ne fût pas encore moins avancée, si l’on a d’ailleurs égard à sa difficulté supérieure , et à la moindre perfection des parties de la philosophie inorganique dont elle dépend. Les plus simples modifications du phénomène fondamental de la vision ou de l’audition ne peuvent point jusqu’ici être rapportées avec certitude à des- conditions organiques déterminées', comme, par exemple, l’ajustement de l’œil pour voir distinctement à des distances très variées, faculté

que les physiologistes ont laissé successivement

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