TOME II. r
Afin de compléter cet aperçu general des moyens fondamentaux sur lesquels repose la perfection des mesures astronomiques, il est indispensable de signaler ici l’instrument capital inventé par ' Roëmer sous le nom de lunette méridienne. Il est destiné à fixer avec une merveilleuse exactitude le véritable iustant du passage d’un astre quelconque à travers le plan du méridien. Avec quelque soin que pût être exécuté un méridien matériel , il laisserait toujours à cet égard une incertitude inévitable. C’est pour l’éluder que Roëmer imagina de réduire ce plan à être purement géométrique, en le décrivant par l’axe optique d’une simple lunette convenablement disposée, ce qui suffit quand on veut seulement connaître le moment précis du passage. La distance zénithale correspondante est d’ailleurs mesurée nécessairement sur un cercle effectif; mais il peut ne pas coïncider entièrement avec le vrai méridien, sans qu’il en résulte aucune inexactitude sur cette distance,
< qui est, à une telle époque de mouvement, sensiblement invariable.
Enfin, il faut encore mentionner, comme instrumensessentiels, les divers appareils micrométriques successivement imaginés pour mesurer avec précision les diamètres apparens des astres , et généralement tous les petits intervalles angulaires.
Dit
ASTRONOMIE
Quoique la théorie en soit extrêmement facile, depuis le simple micromètre réticulaire jusqu’au micromètre à double image, il est neanmoins remarquable qu’ils aient tous été inventés par des astronomes , sans que les constructeurs y aient eu aucune part essentielle, comme le montre, au reste, l’histoire de tous les instrumens de précision. Cela tient principalement , sans doute, à l’éducation si imparfaite de la plupart des constructeurs habiles , dont plusieurs ont évidemment témoigné par leurs productions un génie mécanique plus que suffisant pour inventer spontanément les instrumens qu’ils se bornaient à exécuter, s’ils eussent pu en mieux sentir l’importance et en comprendre plus clairement la destination.
Après avoir considéré le perfectionnement des mesures astronomiques, soit angulaires, soit horaires, relativement aux principaux moyens matériels qu’on y emploie , il faut maintenant envisager les moyens intellectuels qui sont au moins aussi nécessaires , c’est-à-dire la théorie des corrections indispensables que les astronomes doivent faire subir à toutes les indications de leurs instrumens pour les dégager des erreurs inévitables dues à diverses causes générales, et surtout aux réfractions et aux parallaxes.
11 existe, comme je l’ai indiqué ci-dessus, une'
harmonie fondamentale entre ces deux ordres de perfectionnemens. Car il faut des instrumens d’une certaine précision pour que la réfraction et la parallaxe deviennent suffisamment appréciables; et, d’un autre côté, il serait parfaitement inutile d’inventer des instrumens extrêmement exacts , si la réfraction ou la parallaxe devaient , à elles seules, apporter dans les observations une incertitude supérieure à celle qu’on se propose d’éviter par l’amélioration des appareils. Pourquoi, par exemple, les Grecs se seraient- ils efforcés de perfectionner beaucoup leurs instrumens, lorsque l’impossibilité où ils étaient de tenir compte des réfractions et des parallaxes introduisait nécessairement dans leurs mesures angulaires des erreurs habituelles de un à deux degrés, et quelquefois même davantage? C’est sans doute dans une telle corrélation qu’il faut chercher l’explication véritable de la grossièreté des instrumens grecs , qui forme un contraste si frappant avec la sagacité d’invention et la finesse d’exécution dont les anciens ont donné tant de preuves irrécusables dans d’autres genres de productions.
Ces corrections fondamentales peuvent être distinguées, d’après leurs causes, en deux classes. Les unes tiennent, d’une manière directe et cvi-
ASTRONOMIE. ( 6g
dente, à ia position de l’observateur, et n’exigent aucune connaissance approfondie des phénomènes astronomiques : ce sont la réfraction et la parallaxe ordinaire proprement dite. Les autres, qui ont sans doute, au fond, la même origine, puisqu’elles proviennent des mouvemens de la planète sur laquelle l’observateur est situé, sont fondées, au contraire, sur le développement même des principales théories astronomiques : ce sont la parallaxe annuelle, la précession , l’aberration et la nutation. Nous devons nous borner, en ce moment , à envisager les premières , qui sont d’ailleurs habituellement les plus importantes, les autres étant plus convenablement examinées à mesure qu’il sera qhestion des phénomènes compliqués dont elles dépendent.
Considérons, en premier lieu, la théorie générale des réfractions astronomiques.
La lumière qui nous vient d’un astre quelconque doit être, inévitablement, plus ou moins déviée par l’action de l’atmosphère terrestre, qu’elle est obligée de traverser dans toute sou étendue avant d’agir sur nous. De là une source fondamentale d’erreur, dont toutes nos observations astronomiques ont besoin d’être soigneusement dégagées, avant de pouvoir servir à former aucune théorie précise. Conçue d’une manière gé->
yO PHILOSOPHIE POSITIVE,
nérale, son influence consiste évidemment, d’a- » près la loi de la réfraction, à rapprocher constamment l’astre du zénith , en le laissant toujours dans le même plan vertical; et cet effet, qui ne peut être rigoureusement nul qu’au zénith seul, devient graduellement de plus en plus considérable à mesure que l’astre descend vers l’horizon. La manifestation la plus simple de celte altération s’obtient en mesurant la hauteur du pôle, en uti lieu quelconque, comme étant la moyenne entre les deux hauteurs méridiennes d’une même étoile circompolaire. Cette hauteur, qui naturellement devrait être exactement la même de quelque étoile qu’on se fût servi, éprouve au contraire des variations très sensibles suivant les diverses étoiles employées ; et elle devient d’autant plus grande que l’étoile descend plus près de l’horizon , ce qui rend évidente l’influence de la réfraction.
Quoique l’altération qui provient d’une telle cause ne puisse porter immédiatement que sur les distances zénithales , il est clair que , par une suite nécessaire, elle doit affecter indirectement toutes les autres mesures astronomiques, à l’exception des azimuths-, qui restent seuls inaltérables. Par cela même que l’astre se trouve élevé dans son plan vertical, sa distance au pôle, l’instant de son passage au méridien, l’heure de son
ASTRONOMIE
levei- et de son coucher, etc., éprouventvdes modifications inévitables . Mais ces effets secondaires seraient évidemment très faciles à calculer avec exactitude par de simples formules trigonométriques, si l’effet principal était une fois bienjconnu. Toute la difficulté se [réduit donc a [découvrir la véritable loi suivant laquelle la réfraction diminue les diverses distances zénithales, et c’est en cela que consiste le grand problème des réfractions astronomiques, dont il s’agit maintenant^ d’apprécier la nature.
On en peut chercher la solution par deux voies opposées : l’une rationnelle, l’autre empirique, que les astronomes ont fini par combiner.
Si l’atmosphère terrestre pouvait être regardée comme homogène, la lumière n’y subirait qu’une seule réfraction à son entrée, et sa direction demeurant ensuite invariable, il serait aisé de calculer a priori la déviation , d’après fi» célèbre loi du rapport constant qui existe entre les sinus des angles que le rayon réfracté et le rayon incident font avec la normale à la surface réfringente : il resterait tout au plus à déterminer, par l’observation, un seul coefficient, si l’on ignorait la vraie voleur de ce rapport. Tel est le procédé très simple d’après lequel Dominique Cassini construisit la première table de réfractions un peu satisfaisante.
”2 FH1LOSOPHIE POSITIVE.
lorsque Descartes et Snellius eurent découvert cette loi générale de la réfraction. 11 avait heureusement, jusqu’à un certain point, compensé, à son insu, ce que l’hypothèse d’homogénéité avait ' île profondément défectueux , en supposant à l’atmosphère une hauteur totale beaucoup trop petite. Mais la diminution de la densité des différentes couches atmosphériques à mesure qu’on .s’élève est trop considérable, et d’ailleurs trop intimement liée à la notion même d’atmosphère, pour qu’une telle solution puisse être envisagée comme vraiment rationnelle. Or, c’est là ce qui fait la difficulté, jusqu’ici insurmontable, de cette importante recherche. Car il résulte de cette constitution nécessaire de l’atmosphère, non pas une réfraction unique , mais une suite intinie de petites réfractions toutes inégales et croissantes à mesure que la lumière pénètre dans une couche plus dense, en sorte que sa roule, au lieu d’être simplement rectiligne, fortne une courbe extrêmement compliquée, dont il faudrait connaître la nature pour calculer, par sa dernière tangente comparée à la première, la véritable déviation totale. La détermination de cette courbe deviendrait un problème purement géométrique, d’ailleurs plus ou moins difficile à résoudre , si la loi relative à la variation de la densité des couches
ASTRONOMIE. 7 3
atmosphériques pouvait être une fois exactement obtenue; ce qui , en réalité, doit être jugé impossible lorsqu’on veut tenir compte de toutes les causes essentielles.
Sans doute > en considérant l’équilibre mathématique de notre atmosphère comme simplement produit par la pression de ses diverses couches les unes sur les autres , en vertu de leur seule pesanteur, on trouve aisément la loi suivant laquelle leur densité varie; mais un tel état est évidemment tout-à-fait idéal. D’abord , l’atmosphère n’est jamais et ne saurait être eu équilibre, et ses mouvemens peuvent altérer beaucoup la densité statique de ses diverses parties, en changeant leurs pressions. De plus, en supposant cet équilibre, il ' est clair que l’abaissement graduel et très considérable qu’éprouvent les températures atmosphériques à mesure qu’on s’élève, et même leurs variations non moins réelles dans le sens horizontal, doivent altérer notablement le mode de changement des densités qui correspondrait à la seule considération des pressions. La solution rationnelle du problème des réfractions astronomiques ne seraitdonc réductible à des difficultés purement mathématiques, qui pourraient bien d’ailleurs se trouver finalement très grandes, que si l’on avait préalablement découvert la véritable loi de la
température dans l’atmosphère, sur laquelle nous n’avons encore aucune donnée exacte, et qu’on ne saurait guère espérer d’obtenir jamais d’une manière assez précise pour une telle destination. C’est pourquoi les travaux de Laplace et de quelques autres géomètres à cet égard ne peuvent être raisonnablement envisagés que comme de simples exercices mathématiques, dont l’influence sur le perfectionnement réel des tables de réfraction est fort équivoque. Il faut donc renoncer, au moins dans l’état présent de la science, et probablement aussi pour jamais, à établir d’une manière purement rationnelle une vraie théorie des réfractions astronomiques.
Quant au procédé empirique , il est aisé de comprendre que si les réfractions étaient rigoureusement constantes à une même hauteur, on en pourrait dresser facilement, par l’observation, des tables fort exactes et suflisamment étendues, pour les diverses distances zénithales. Un peut d’abord mesurer la vraie hauteur du pôle, sans avoir besoin de connaître exactement les réfractions, par les deux hauteurs méridiennes d’une étoile très rapprochée du pôle, comme la polaire, entre autres, ce qui est surtout susceptible d’exactitude dans les latitudes supérieures à 45°. Cela posé, il suffit de choisir une étoile qui passe au méridien
‘ * ASTRONOMIE. ^5
extrêmement près du zénith : en observant, à l’instant de ce passage, sa distance zénithale, qui fera connaître immédiatement sa distance polaire, on pourra calculer d’avance, par la simple résolution d’un triangle sphérique , sa véritable distance au zénith à telle époque précise qu’on voudra de son mouvement diurne. La parallaxe des étoiles étant tout-à-fàit insensible, comme il sera dit plus bas , l’excès plus ou moins grand que l’on trouvera ainsi sur la distance apparente directement observée sera dû entièrement à la réfraction, , dont il mesurera l’influence effective. Le grand nombre d’étoiles qui admettent convenablement de telles comparaisons permet, évidemment, des vérifications très multipliées, qui peuvent d’ailleurs être complétées, sous un autre point de vue, par la confrontation des résultats obtenus dans des observatoires différens, inégalement rapprochés du pôle. Telle est, en effet, essentiellement la marche laborieuse, mais sûre, que suivent les astronomes poür dresser leurs tables de réfraction, depuis que la grande précision de leurs instrumens, soit angulaires, soit horaires (sans laquelle ce procédé serait évidemment illusoire), a permis de l’adopter. Ils emploient néanmoins, d’une manière secondaire, l’une ou l’autre des diverses formules rationnelles proposées par les géomètres,
Dk
mais seulement pour.se diriger, ou pour remplir les lacunes inévitables que laisse l’observation. L’usage réel de ces formules est tellement peu fondamental désormais, dans les déterminations de ce genre , que l’on regarde comme presque indifférent, par exemple, de supposer la réfraction proportionnelle au sinus ou à la tangente de la distance zénithale apparente. Si des tables qu’on présente comme fondées sur des hypothèses mathématiquement aussi différentes coïncident néanmoins, en réalité, d’une manière presque absolue, jusqu’à 8o# du zénith, c’est sans doute \ parce que ces hypothèses n’ont pas joué un rôle effectif bien important dans leur construction.
La marche ainsi caractérisée laisserait peu de regrets , du moins quant aux observations astronomiques, sur l’imperfection nécessaire de la théorie mathématique des réfractions, si l’on pouvait supposer une constance rigoureuse dans les résultats obtenus; mais il est malheureusement évident que les innombrables variations qui doivent survenir continuellement dans la densité, et par suite dans la puissance réfringentede chaque couche atmosphérique, en résultat de l’agitation de l’atmosphère et de ses changemens thermométriques, barométriques, et même hygrométriques, ne sauraient manquer d’altérer plus ou moins la
fixité des réfractions. On tient compte, il est vrai, maintenant, d’une partie de ces modifications, en notant avec soin l’état du baromètre et celui du thermomètre au moment de chaque observation , ce qui permet d’apprécier, d’après deux lois physiques actuellement bien établies, les changemens survenus dans la densité , et par suite dans les réfractions. Mais, quelque précieuses que puissent être ces corrections , elles sont nécessairement fort imparfaites. Outre qu’elles ne concernent qu’une partie des causes d’altération, il faut encore y noter que, meme à l’égard de cette partie, nos instrumens ne peuvent nous instruire, suivant la juste remarque de Delambre , que des variations tliermomélriques et barométriques de l’atmosphère à l’endroit où nous observons, et nullement de celles qu’ont pu éprouver toutes les autres portions du trajet de la lumière, et qui, quoique relativesà des couches moins denses, ont peut-être beaucoup contribué à l’effet total. Aussi ne faut- il point s’étonner desdissidences plus ou moinsgraves que présentent des tables de réfractions également bien dressées pour des observatoires différens, et même pour un lieu unique, en divers temps. On sait que Delambre a trouvé, du jour au lendemain, des différences inexplicables, et pourtant certaines, de quatre ou cinq minutes dans la réfrac-
jS PHILOSOPHIE POSITIVE,
tion horizontale , après avoir cependant tenu compte des indications du baromètre et du thermomètre, à la manière ordinaire. Toutefois, il , importe de reconnaître, pour ne rien exagérer, que oes fâcheuses irrégularités deviennent seulement sensibles dans le voisinage de l’horizon, et disparaissent presque entièrement à io* ou i5* d’élévation, ce qui fait présumer qu’elles proviennent principalement de l’état éminemment variable de la surface terrestre. Ainsi, la conclusion pratique de cet ensemble de considérations est qu’il faut, autant que possible, éviter d’observer très près de l’horizon, à canse de la trop grande incertitude des réfractions correspondantes, et c’est ce qu’on peut presque toujours faire en astronomie, tandis qu’on n’en a point, au contraire, la faculté dans les opérations géodésiques. Avec une telle précaution, la réfraction, qui est seulement d’une minute à 45° de distance zénithale , de 51 ou 6' à 80% et d’environ 3^ à l’horizon, doit être regardée comme suffisamment connue, dans l’état actuel des mesures angulaires, d’après les tables maintenant usitées, surtout si l’on a soin de préférer, toutes choses d’ailleurs égales, dans chaque observatoire, celles qui y ont été construites. On voit donc que les inextricables difficultés fondamentales du problème des réfractions
ASTRONOMIE. J
astronomiques n’exercent point, à beaucoup près, sur l’imperfection réelle de nos observations ordinaires, autant d’influence effective qu’elles semblent d’abord devoir le faire inévitablement.
Passons maintenant à la considération générale de la théorie des parallaxes, qui est , par sa nature, beaucoup plus facile, et par suite, bien plus satisfaisante.
Les observations célestes faites en des lieux différons ne seraient pas exactement comparables , si on ne les ramenait point sans cesse, par la pensée, à celles qu’on ferait d’un observatoire idéal, situé au centre de la terre, qui est d’ailleurs le véritable centre des mouveraens diurnes apparens. Cette correction , qu’on a nommée la parallaxe y est parfaitement analogue à celle que l’on fait journellement dans les opérations géodésiques, sous la dénomination plus rationnelle de réduction au centre de [la station ; et elle suit exactement les mêmes lois , sauf la difficulté d’évaluer les coefficiens.
Il est d’abord évident que l’effet de la parallaxe porte directement , comme celui de la réfraction , sur la seule distance zénithale, et consiste, en lais* sant toujours l’astre dans le même plan vertical , a 1 éloigner du zénith , tandis que la réfraction 1 en rapproche. Cette nouvelle déviation, qui
aussi n’est rigoureusement nulle qu’au zénith , croît d’ailleurs constamment à mesure que l’âstre descend vers l’horizon , ainsi que dans le cas de la réfraction , quoique ce ne soit pas suivant la même loi mathématique. De d’altération fondamentale delà distance au zénith, résultent pareillement aussi des modifications secondaires pour toutes les autres quantités astronomiques, excepté encore à l’égard des seuls azimuths; et qui s’en déduisent absolument de la même manière que dans la théorie des réfractions ; en sorte que les mêmes formules trigonométriques servent pour les deux cas, en changeant seulement le signe de la correction et les valeurs des coefliciens. Toute la difficulté essentielle se réduit donc également à déterminer la rectification que doit subir la distance zénithale; ce qui, pour être effectué de la manière la plus rationnelle, consiste simplement ici dans un problème élémentaire de trigonométrie rectiligne, au lieu de présenter cet ensemble de profondes recherches physiques et mathématiques qui fera toujours le désespoir desgéomètres dansla théorie des réfractions. 11 convient , au reste , de noter que cette opposition d’effets assujettis à une marche semblable, a dû contribuer beaucoup à empêcher les astronomes de prendre plus promptement en considération , soit la réfraction, soit
ASTRONOMIE
la parallaxe , dont une telle opposition tend à dissimuler, quoique très imparfaitement sans doute, l’influence propre dans les observations effectives.
A l’inspection du triangle rectiligne formé par le centre de la terre, l’observateur et l’astre, il est clair que la loi mathématique de la parallaxe consiste en ce que le sinus de la parallaxe est nécessairement proportionnel à celui de la distance zénithale apparente. La raison constante de ces deux sinus, qui constitue ce qu’on appelle justement la parallaxe horizontale, est évidemment égale au rapport entre le rayon de la terre et la distance de son centre à l’astre; du moins en supposant la terre sphérique, ce qui est pleinement suffisant dans toute cette théorie. D’après ces lois simples et exactes, il est sensible que la parallaxe ne produit point, comme la réfraction , un effet commun sur tous les astres , son influence est, au contraire, fort inégale suivant les astres que l’on considère , et même selon les diverses situations de chacun d’eux. Elle est complètement insensible pour tous ceux qui sont étrangers à notre système solaire , à cause de leur immense éloignement; et elle varie extrêmement, dans l’intérieur de ce système, depuis la parallaxe horizontale d’EJranus, qui ne peut jamais atteindre enlière-