‹ Cours de philosophie positiveChapitre 31 sur 38 · TOME VI · texte numérisé non relu

TOME VI

jjya puiLOsoPuiK positive.

fait l’économie qu’il ne dirige pas, et où la grandeur des masses constitue seule ordinairement la principale cause des admirations antérieures. C’est donc à chanter les prodiges de l’homme , sa conquête dé la nature, les merveilles de sa Gociabililé, que le vrai génie esthétique trouvera surtout désormais , sous l’active impulsion de l’esprit positif, une source féconde d’inspirations neuves et puissantes , susceptibles d’une popularité qui n eut jamais d’équivalent , parce qu’elles seront en pleine harmonie, soit avec le noble instinct de notre supériorité fondamenUle , soit avec l’ensemble de nos convictions rationnelles. Le plus éminent poète de notre siècle , le grand Byron, qui a jusqu’ici, à sa manière , mieux pressenti que personne la vraie nature générale de l existence moderne, à la fois mentale et morale , a seul tenté spontanément cette audacieuse régénération poétique , unique issue de l’art actuel. Sans doute la saine philosophie n’était point alors assez avancée pour permettre à son génie d’apprécier suffisamment, dans notre situation fondamentale , rien au delà de l’aspect purement négatif, qu’il a d’ailleurs admirablement idéalisé, comme je l’ai noté au cinquante-septième chapitre. Mais le profond mérite de ses immortelles compositions, et leur immense succès immédiat , malgré de vaines antipathies nationales , chez toutes les populations d’élite , ont déjà rendu irrécusable , soit la puissance esthétique propre à la nouvelle sociabilité , soit la tendance universelle vers une telle rénovation. Tous les esprits vraiment philosophiques peuvent donc comprendre maintenant que l’avénement nécessaire de la réorganisation universelle procurera spontanément à l’art inodei ne en même temps

une inépuisable aliiuenlalion , par le spectacle (général des merveilles humaines , et une e'minente destination sociale, pour faire mieux apprécier l’économie finale. Quoique la philosophie dogmatique doive toujours présider à l’élaboration directe des divers types, intellectuels ou moraux , qu’exigera la nouvelle organisation spirituelle , la participation esthétique deviendra cependant indispensable, soit à leur active propagation , soit même à leur dernière préparation ; en sorte que l’art retrouvera ainsi, dans l’avenir positif, un important office politique, essentiellement équivalent, sauf la diversité des régimes, à celui que le passé polythéique lui avait conféré, et qui depuis s’était effacé sous la sombre domination monothéique. Nous devons évidemment écarter ici toute indication générale relative aux nouveaux moyens d’une exécution esthétique qui ne saurait être assez prochaine pour comporter utilement aucune semblable appréciation actuelle. Mais, eu évitant, à ce sujet, les discussions prématurées et déplacées , il convient pourtant d’annoncer déjà que l’obligation fondamentale nécessairement imposée à l’art moderne, comme à la science et à l’industrie, de subordonner toutes ses conceptions à l’euserable des lois réelles , ne tendra nullement à lui ravir la précieuse ressource des êtres fictifs, et le contraindra seulement à lui imprimer une nouvelle direction, conforme à celle que ce puissant artifice logique recevra aussi sous ces deux autres aspects universels. J’ai, par exemple, signalé d’avance, au quarantième chapitre , l’utile emploi scientifique , et même logique , que la saine philosophie biologique pourra désormais retirer de la convenable introduction d’orga-

iiisines imaginaires, d’ailleurs en pleine harmonie avec toutes les notions vitales : quand l’esprit positif aura suffisamment prévalu, je ne doute pas qu’un tel procédé, essentiellement analogue à la marche actuelle des géomètres en beaucoup de cas importans, ne puisse vraiment faciliter, en biologie, l’essor des conceptions judicieusement systématiques. Or, il est clair que lé but et les conditions de l’art doivent y permettre une application bien plus étendue de semblables moyens , dont l’usage théorique deviendrait aisément abusif. Chacun sent d’ailleurs que leur emploi esthétique devra principalement se rapporter à l’organisme humain , supposé modifié , soit en mal , soit surtout en bien , de manière à augmenter convenablement les effets d’art , sans cependant jamais violer les lois fondamentales de la réalité.

Dans celte rapide appréciation de l’action esthétique propre à la philosophie positive, j’ai dû me bornera considérer explicitement le premier de tous les beauxarts, celui qui, par sa plénitude et sa généralité supérieures, a toujours dominé l’ensemble de leur développement. Mais il est évident que cette régénération de l’art moderne ne saurait être limitée à la seule poésie, d’où elle s’étendra nécessairement aux quatre autres moyens fondamentaux d’expression idéale , suivant l’ordre indiqué par leur hiérarchie naturelle, signalée au cinquante-troisième chapitre. Ainsi, l’esprit positif, qui, tant qu’il est resté à sa phase mathématique initiale , a dû sembler mériter les reproches habituels de tendance anliesthétique, que lui adresse encore injustement une appréciation routinière, deviendra finalement, au contraire, d’après son entière systématisation sociologique.

la principale base d’une organisation esthétique non moins indispensable que la rénovation mentale et sociale dont elle est nécessairement inséparable.

Cette triple élaboration positive, toujours dominée par un même principe fondamental, conduira donc certainement rimmanité au régime universel le plus conforme à sa nature, où tous nos attributs caractéristiques trouveront habituellement à la fois la plus parfaite consolidation respective, la plus complète harmonie mutuelle , et le plus libre essor commun. Immédiatement destinée à l’ensemble de l’occident européen, les cinq élémens essentiels de cette noble élite de notre espèce y apporteront chacun l’indispensable participation continue de son génie propre, annonçant déjà, par un tel concours, leur intime combinaison ultérieure. Sous la salutaire prépondérance, également philosophique et politique, assurée à l’esprit français d’aprè.s l’ensemble de la transition moderne, l’esprit anglais y fera puissamment sentir sa prédilection caractéristique pour la réalité et l’utilité , l’esprit allemand y appliquera son aptitude native aux généralisations systématiques, l’esprit italien y fera con ve • nableinent pénétrer sou admirable spontanéité esthétique, enfin l’esprit espagnol y introduira son double sentiment familier de la dignité personnelle et de la fraternité universelle.

En achevant ici cette rapide indication générale de l’action définitive propre à la philosophie positive que je me suis efforcé de constituer par l’ensemble de ce Traité,

j’ai donc enfin terminé complctemenl la longue et difficile opération que j’ai osé concevoir et exécuter pour renouveler convenablement aujourd’hui la grande impulsion philosophique de Bacon et Descartes, qui, ayant dû se rapporter surtout à l'élaboration préliminaire de la positivité rationnelle , devait se trouver essentiellement épuisée depuis que , d’après le suffisant accomplissement d’une telle préparation, l’esprit humain était conduit à aborder directement la rénovation finale , qui n’avait pu être d’abord que confusément entrevue, et qui maintenant devait correspondre aux irrécusables exigences d’une situation sans exemple, où l’intervention philosophique doit radicalement dissiper une anarchie toujours imminente , en transformant l’agitation révolutionnaire en activité organiijue. Dans le cours d’un travail que les embarras de ma position ont fait durer douze ans, mon intelligence , à l’âge de la pleine ardeur, a nécessairement marché, en reproduisant personnelleincnt, avec une fidélité spontanée, selon mon plan primitif, les principales phases successives de cette moderne évolution mentale. Mais cet inévitable jjrogrès a toujours été, j’ose le dire, entièrement homogène, comme chaque lecteur peut maintenant s’en convaincre d’après le parfait accord de ces trois chapitres extrêmes de conclusions générales avec les deux premiers chapitres d’introduction fondamentale : la longue élaboration intermédiaire est d’ailleurs restée constamment conforme aux conditions scrupuleuses d’une exacte continuité , à la fois logique et scientifique. Un simple rapprochement entre la table totale des matières et le tableau synoptique initial pourra meme aisément rappeler ci-dessons que le plan originaire

n’a jamais subi aucune altération réelle, au moins quant à l’ordre des diverses parties , dont l’extension proportionnelle a seule c'prouvé un accroissement imprévu envers la science finale que j’avais à créer, et qui, en conséquence , ne pouvait d’abord être aussi précisément mesurée que les différentes sciences préliminaires déjà constituées. Meme en ayant égard à cette unique exception, tous les bons esprits reconnaîtront, j’espère, que, dans cette appréciation systématique de tous les élémens essentiels propres à la philosophie fondamentale, chacun d’eux a reçu spontanément le développement effectif que méritait, au fond, sa véritable importance philosophique.

Par cette universelle élaboration , mon intelligence , aussi complètement dégagée de toute métaphysique que de toute théologie, se trouve donc parvenue enfin à l’état pleinement positif, où elle tente d’attirer tous les penseurs énergiques , pour y construire en commun la systématisation finale de la raison moderne. Il me reste maintenant à annoncer ici la part personnelle que je me propose de prendre ultérieurement à cette construction directe, après l’avoir convenablement instituée dans le Traité que je viens d’achever, et qui devient désormais le simple point de départ général de tous les travaux réservés à mou âge d’entière maturité. En indiquant ces quatre ouvrages essentiels , je vais les mentionner suivant l’ordre où je les ai successivement conçus, dès la première origine de ce Traité fondamental , mais en avertissant déjà que je ne m’eiiga;;e nullement à le suivre, et que je me réserve, à cet égard , toute la liberté d’exécution que me procure désormais la base universelle que je viens de poser, et dont je pois toujours , sans aucune lu-

conséquence , varier à mon gré l’application spéciale , soit d’après les exigences plus ou moins éventuelles du grand mouvement philosophique, soit même selon les seules convenances de ma situation personnelle : tandis qu’il ne pouvait en être ainsi auparavant, vu l’inflexible nécessité de suivre scrupuleusement, à tout prix , l’ordre unique qui correspondait à une telle fondation , en écartant avec une invariable opiniâtreté les divers conseilsirra* tionnels qu’une sollicitude peu judicieuse m’avaitsouvent donnés jadis sur le morcellement arbitraire de la composition actuelle. Au reste, je terminerai cette indication par la discussion rapide du meilleur ordre d’une telle élaboration, étant d’ailleurs très-disposé maintenant à accueillir avec reconnaissance les réflexions que pourraient m’adresser à ce sujet tous ceux qui , ayant suffisamment compris la nature et la portée de cette nouvelle philosophie , s’intéressent aujourd’hui à son essor ultérieur.

Deux de ces ouvrages seront directement destinés à consolider méthodiquement le nouveau système philosophique ; les deux autres se rapporteront surtout à son application générale.

Quant aux premiers, il faut reconnaître que, dans ce Traité original , je devais essentiellement apprécier chaque élément fondamental de la systématisation finale en restant, autant que possible, dans la situation d’esprit conforme à sa constitution actuelle, afin de m’élever ainsi successivement, en même temps que le lecteur , avec une pleine sécurité et une efficacité mieux assurée , jusqu’à l’état définitif que j’avais d’abord aperçu, mais qui ne pouvait être suffisamment caractérisé que par cet essor graduel , reproduction spontanée , suivant le pré-

cepte cartésien , de l’ensemble de l’évolution moderne. Or, quels que dussent être les avantages essentiels de cette marche à postériori , sans laquelle mon but eût été certainement manqué , il en résulte nécessairement que les diverses philosophies spéciales , d’après lesquelles je crois avoir enfin fondé la vraie philosophie générale, ne sauraient avoir ici leur véritable caractère définitif, qui ne peut maintenant s’établir que sous l’universelle intervention normale de la nouvelle unité philosophique , régénérant ainsi , à son toür , tous les élémens qui ont dû concourir à sa propre formation. Cette réaction nécessaire, qui, convenablementaccomplie, constituera directement, au moins' dans l’ordre abstrait, l’état final de la systématisation positive , exigerait donc, par sa nature, autant de Traités philosophiquement spéciaux, tous dominés par l’esprit sociologique, qu’il existe réellement de différentes sciences fondamentales. Mais l’évidente impossibilité d’exécuter dignement cette entière élaboration pendant le peu de vie qui me reste, même quand le temps m’y serait désormais mieux ménagé , m’a d’avance déterminé à me restreindre, à cet égard, aux deux termes extrêmes, qui doivent être, en effet, les plus décisifs , et qui d’ailleurs me sont plus familiers : ce qui me conduira donc à systématiser méthodiquement , d’une part, la philosophie mathématique, d’une autre part, la philosophie politique ; laissant ainsi à mes divers successeurs ou collègues à constituer semblablement les quatre philosophies intermédiaires, astronomique, pliysique, chimique et biologique.

La philosophie mathématique sera l’objet direct d’un ouvrage spécial en deux volumes, dont le premier se rap-

portera naturellement k la mathe'niatique abstraite, ou analyse proprement dite , et le second à la mathématique concrète, spontanément décomposée en j'éométrie et mécanique, suivant les principes ici établis. Quand j’ai composé, il y a douze ans, le tome premier du Traité actuel , j’avais encore une opinion beaucoup trop favorable de la portée philosophique propre aux géomètres de notre siècle ; en sorte que j’y ai dû croire suffisamment indiquées plusieurs vues importantes de philosophie mathématique, qui sont au contraire restées jusqu’ici complètement ina|ierçues, faute d’avoir été assez distinctement caractérisées pour des esprits maintenant parvenus, à force de dispersion empirique, à un degré de rétrécissement dont j’avais moi-même d’abord une trop faible idée avant une telle épreuve , quoique je sois forcé de vivre au milieu d’eux. Ainsi , outre le motif fondamental ci-dessus indiqué , qui m’impose l’obligation directe de construire spécialement, d’après mon point de vue actuel, une vraie philosophie mathématique, on voit que des considérations passagères, mais aujourd’hui fort importantes, doivent me faire mieux sentir le besoin d’accomplir une portion aussi décisive de la construction générale.

Envers le second ouvrage , uniquement consacré à la philosophie politique, il a été ici si souvent indiqué, depuis le début du tome quatrième , qu’il serait maiutenan t superflu d’en signaler expressément la destination et l’urgence. Il se composera de quatre volumes , dont le premier traitera de la méthode sociologique , le second de la statique sociale, le troisième de la dynamique sociale, et le dernier de l’application générale d’une telle doctrine.

CONCUJSIONS GÉNÉRALES.

Tous ceux qui auront convenablement apprécié ma création de la sociolo<;ie dans la seconde moitié de ce Traité sentiront aiséuient, d’après mes nombreux avis incidents, qu’elle ne rend nullement superflue cette nouvelle composition , à laquelle se trouve seulement ainsi préparée une base indispensable. Ayant ici consacré deux volumes A l’élaboration originale de la sociologie dynamique, on doit d’abord craindre qu’un seul ne puisse pas me sufRre ultérieurement pour sa propre construction finale : mais il faut considérer que j’ai été forcé de mêler , à beaucoup d’égards, à l’élude purement dynamique que je devais avoir surtout en vue, des discussions spontanées relatives à la partie statique, et même à la méiliode, qui auront été alors suffisamment constituées d’avance ; en sorte que, d’après l’ensemble des préparations antérieures, ce volume unique suffira, j’espère, àl’appréciation abstraite de l’évolution sociale. Cet ouvrage est, ce me semble, par sa nature, le plus important de tous ceux qui me restent à exécuter; puisque le Traité actuel ayant finalement abouti à l’universelle prépondérance mentale , .A la fois logique et scientifique, du point de vue social, on ne saurait, à tous égards, plus directement coopérer à l’installation finale de la nouvelle pbilosopbie qu’en élaborant l’état normal de la science correspondante, quand même les hautes nécessités pratiques ne commanderaient pas évidemment une telle construction spéciale.

Passant jnaintenant aux deux ouvrages relatifs à l’application générale du nouveau système philosophique , je dois d’abord annoncer , en troisième lieu, un Traité fondamental sur l’éducation positive, qui , d’après la maturité actuelle de mes idées, nie semble réductible à un

PlIfLOSOPUIE POSITIVE.

seul volume. Ce f;rand sujet n’a pu encore être abordé chez les modernes d’une manière convenablement systématique , puisque la marche générale de l’éducation individuelle ne peut être, à tous égards, suffisamment appréciée que d’après sa conformité nécessaire avec l’évolution collective, seule immédiatement jugeable, suivant les explications directes du cinquante-huitième chapitre. Mais, la vraie théorie de cette évolution fondamentale étant maintenant établie , on peut enGn traiter aussi de l’éducation proprement dite. D’une autre part, la destination sociale d’un tel travail est ici nettement posée d’avance, en même temps que son principe philosophique, comme devant constituer la première base universelle de la régénération politique , dont l’inévitable avènement se trouve déjà démontré et caractérisé. Ce troisième ouvrage dérive donc, de la manière la plus naturelle, du Traité actuel. Quant à sa haute importance , elle ne saurait être douteuse , surtout à cause de l’organisation positive de la morale , qui constituera la principale partie d’une telle élaboration , et qui doit aujourd’hui déterminer avec le plus d’efficacité l’entière élimination de la philosophie théologique, dont la domination surannée entrave encore , à tant d’égards , malgré sa propre impuissance, l’essor fondamental de la pensée et de la sociabilité modernes.

EnGn, le quatrième ouvrage, également formé d’un seul volume , consistera en un Traité systématique de l’action de l’homme sur la nature, qui n’a jamais été , à ma connaissance , rationnellement appréciée dans son ensemble. Malgré l’intérêt propre de ce vaste sujet, il n’y saurait être conçu que dans son institution philosophi-

que ; puisque son élaboration spéciale exigerait évidemment, d’après mes principes encyclopédiques, la construction préalable de la science concrète , encore essentiellement prématurée. En cet état, il est aisé de concevoir l’intime connexité de cette dernière composition avec le Traité fondamental : car son principal objet consistera à organiser directement la vraie relation finale qui doit exister, à tous égards, entre la science et l’art. La fluctuation radicale qui persiste encore à ce sujet, surtout envers les cas les plus importans, et qui suscite ou maintient tant de vicieux conflits élémentaires où la théorie et la pratique sont également compromises , caractérise certainement l’une des plus intimes diflicultés de la situation moderne. Il est donc aisé de sentir aussi l’importance spéciale d’un ouvrage destiné surtout à dissiper directement ces obstacles intellectuels à l’établissement durable de l’harmonie la plus décisive entre les deux éléiiiens nécessaires de l’organisme positif.

D’après cette indication successive , le lecteur voit maintenant que, comme je l’ai annoncé ci-dessus, l’ensemble de mon élaboration ultérieure peut indifleremment affecter un ordre quelconque envers ces quatre ouvrages essentiels , puisque chacun d’eux se rapporte directement à la pensée fondamentale dont je viens d’achever la constitution originale, et au plein ascendant de laquelle tous sont réellement indispensables. Si j’étais certain de pouvoir l’accomplir entièrement, malgré la brièveté de ma vie et les graves embarras d’une position que la préface de ce volume a suffisamment caractérisée, je serais encore disposé à conduire cette exécution suivant l’exposition précédente , comme je l’ai projeté il y a vingt

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ans, en arrêtant ilêjà la conception et la destination de ces divers travaux philosophiques , tous incideinmentproinis, quoique avec une inégale insistance , dans ce Traité : ce serait peut-être Tordre le plus efficace, au moins finalement , pour le progrès général de la raison publique. Mais, une telle sécurité étant fort loin d’exister chez moi, je serai sans doute conduit à exécuter d’abord , pendant les quatre ou cinq années qui vont suivre, le second de ces ouvrages , comme étant à la fois le plus étendu et le plus décisif. Le quatrième est assurément le moins urgent, quelle qu’en soit la haute utilité; et le troisième n’a probablement pas autant besoin que le second d’une exécution immédiate à laquelle le public actuel est d’ailleurs moins préparé. D’une autre part , quelque éminent avantage logique que dût offrir aujourd’hui l’apparition directe du premier Traité , pour attirer aussitôt à la grande élaboration philosophique des esprits qui s’arrêtent maintenant au premier degré de l’initiation scientifique , son ajournement n’offre peut-être aucun grave inconvénient réel; puisque les géomètres actuels semblent peu mériter d’ordinaire qu’on s’occupe tant de les élever méthodiquement à la dignité philosophique , que le mouvement universel les forcera bientôt de rechercher.

Telle est l’indication générale par laquelle j’ai cru devoir terminer enfin ce grand ouvrage , qui doit aussi constituer désormais une simple introduction fondamentale aux divers travaux essentiels du reste de ma carrière spéculative, si je n’y suis pas trop entravé d’après l’état, à la fois subalterne et précaire , où , suivant les douloureuses explications de ma préface, se trouve encore , au milieu

CONCLUSIONS GÉNÉKALES.

de ma quarante-cinquième année, ma laborieuse existence personnelle, toujours exposée jusqu’ici , malgré le scrupuleux accomplissement continu de mes divers devoirs spéciaux , à être inopinément bouleversée sous l’aveugle ou malveillante impulsion des préjugés et des passions propres à notre déplorable régime scientifique.

FIV ou TOMK SIXIÈME ET DERMEK.

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