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La distinction logique ; ses espèces et son fondement

A, — Il V a aussi deux espèces de distinctions de raison : la distinction de raison raisonnée et celle de raison raisonnante, ainsi nommées par les scolastiques, d'après le caractère plus ou moins passif ou actif du rôle de la raison dans ces distinctions. La première, ou distinction virtuelle, est la plus célèbre des distinctions thomistes. Elle est effectuée par l'esprit, mais repose sur un fondement objectif. C'est ainsi que la justice et la bonté divines diffèrent entre elles, parce qu'elles produisent des effets divers. La seconde, ou distinction jOM/'eme/i? logique, existant seulement dans l'intelligence, est dépourNiie de toute base réelle et véritable. Telle est la distinction que nous établissons entre Pierre et Céphas, entre le nombre 2 et 1-|-1. De telles distinctions, on le voit, sont d'ordre tout intellectuel ou purement subjectif.

B. — La distinction virtuelle s'appuie sur un double fonderment: — 1. Sur la perfection de la chose, qui, en elle-même, équivaut virtuellement à plusieurs réalités, et peut, par sa

SECONDE PARTIE, PROPRIÉTÉS DE l'ÈTRE 279

propre vertu, engendrer des effets divers. Ainsi, la perfection de Dieu contient toutes les perfections des créatures ; de même, l'Ame humaine vaut à la fois une àme végétative, une âme sensitive et une âme intelligente. — 2. Sur l'imperfection de notre intellect, qui, en raison de sa faiblesse, ne peut saisir que l'un après l'aulro les divers aspects d'un objet. Dans l'homme, la raison, la sensibilité, la substance et la vie ne font qu'un : ces réalités sont pourtant analysées d'une manière successive par l'esprit, qui se les représente à l'aide de concepts formellement différents.

56. Remarque sur la distinction formelle ou scotiste. — Outip les «niatro distinctions (■miininV'es plus liant, Scot et ses disciples

iint imaji-iné une autre distinction, qui ne serait ni léeWe, ni purement topique, mais intermédiaire ; cette distinction a reçu le nom de formelle, scotiste ou réelle minime. Elle existerait, d'après ses partisans, entre diverses perfections d'un môme être, lorsque celles-ci, sans être réellement distinctes et sans pouvoir se séparer, .sont de telle nature qu'elles exigent des définitions différentes, indépendamment du travail de l'esl)rit : telles seraient la rationabilité et l'animalité dans l'homme.

Mais c'est là une vaine subtilité, car toute distinction est réelle ou no l'est pas. Il n'y a pas de milieu. Aussi, la distinction scotiste se ramcnet-elle facilement à la distinction virtuelle.

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