CHAPITRE SECOND
LA VÉRITÉ TRANSCENDENTALE DK l'ÉTRE.
A la vérité, s'oppose la fausseté : nous traiterons donc en deux articles : I. de la Vrrifi' ; II. de la Fausseté.
ARTICLE I
La Vérité.
Il sera question : 1° de la Nature ; 2" de V Existence ; 3° du Fondement de la vérité métaphysique.
v; I. — iXature de la vérité métaphysique.
57. Sens divers du mot « vérité ». — La vérité en général est une relation de l'objet avec lintelligence. Elle se prend en plusieurs sens.
1. Au sens le plus large, elle peut désigner l'objet lui-même que l'on rapporte à l'intelligence; dans cette acception, elle prend le nom de vérité fondamentale ou essentielle à l'être. Elle est ce qui est.
2. Au sens strict, la vérité, c'est la relation entre l'objet et l'intelligence, et elle se définit : la conformité ou \ adéquation de l'objet avec l'intellect; c'est la mvVé proprement dite ou formelle, rnétaphysique et transcendentale.
3. On applique aussi souvent le mot de vérité à la connaissance ; de là, son nom de vérité logique, vérité de la connaissance ; c'est la conformité de la connaissance avec l'oljjet connu.
4. Enfin on prend parfois le mot vérité comme synonyme de véracité de langage ; il marque alors l'accord de la parole avec la pensée ; c'est la vérité 7norale.
En Ontologie, la vérité est prise dans sa deuxième signification, c'est-à-dire formellement et on tant qu'elle indique la relation de l'objet avec fintellect.
Le premier sens doit être laissé ici de côté ; c'est, en effet, le sens « causal » et, à ce point do vue, la vérité ne peut se distinguer de l'être, même par une simple distinction de raison. — Il ne faut pas non plus s'arrêter au troisième sens, car la vérité, envisagée de cette façon, appartient au domaine de la Logique (n. 176). — A fortiori, doit-on passer sous silence le quatrième sens, dont le caractère est tout moral. La vérité sera donc ici étudiée formellement, c.-à-d., en tant qu'adéquation de l'objet avec l'intelIecL