Notion de la substance considérée en elle-même
A. — Par son ètymologie, la substance (sub stare) désigne ce fond caché et permanent des choses, qui est le sujet d'inhérence des divers accidents et des modifications que Ton remar- ([ue dans les objets. Les Grecs la désignaient par les noms de yTToxeipEvov, et plus souvent de ouata ; ces termes signifient proprement ce qui est en soi et sous les phénomènes.
B. — Eii elle-même, la sul)stance se définit ordinairement : une réalité, qui, lorsqu'elle existe, subsiste en elle-même et non dans une autre,
1° C'est une réalité existant de fait dans la nature. La substance, au sens strict, désigne donc des objets particuliers, actués par l'existence et déterminés par certains modes.
2° C'est une réalité existante (ju susceptible d'existence ; de même que l'accident, et contrairement à l'opinion panthéistique, la substance ne jouit pas nécessairement d'une existence actuelle.
3° Cette réalité, lorsqu'elle existe, subsiste en elle-même. Mais ces mots, être en soi, ne sont pas synonymes à'aséité. Ils n'indiquent donc aucunement que la substance tire dellemênie son origine : et, de fait, les substances créées sont sorties des mains de Dieu. Etre en soi, c'est donc simplement subsister en soi-même, sans avoir besoin d'aucun sujet d'inhérence.
4" Enfin, dire que la substance subsiste en elle-même et non dans un autre être, c'est la distinguer de l'accident, qui a pour caractère d'exister dans un autre être, c'est-à-dire de s'appuyer sur la substance, comme sur un substratum.