‹ Cours de philosophie scolastiqueChapitre 167 sur 291 · dans la forme. . 'i. (Jualité · texte numérisé non relu

dans la forme. . 'i. (Jualité

toute la substance.. 4. Relation.

qu. .apporte a \ |" '"■•'".^ «^"^«^••. •' ^î- i'^''"}un autre objet / '^ matière passive., b. Passion. •■ \. les parties de la quant. 7. Situation.

h) [ mesure son extension 1

qui se rapporte ^ mesure sa durée. . . 9. Temps. a la substance i adjacent à sa subs-

I ^; \ \ elle-même. ' tance lU. Habit.

116. Accident absolu et modal. — Mais ces neuf accidents ])euvent se ramener à diverses espèces. La division lu plus importanle est celle (|ui, l)asée sur leur entité, distingue les accidents absolus et les accidents niodaiix. L'accident absolu est une enlité réelle, émanant de la substance et reposant en elle d'une manière immédiate ; telles sont la quantité et la qualité dans les êtres physiques. L'accident modal, au contraire, n'est autre chose qu'un mode suivant lequel la substance se trouve affectée, ou bien encore c'est simplement un mode des accidents absolus. Ainsi, la quantité est un accident absolu ; la rondeur, la forme carrée, etc., sont des modes qui déterminent la quantité elle-même.

Or il existe une tri[)le différence entre l'aceident et le mode.

1° L'accident absolu est une réalité, h; mode une détermination de cette réalité. Ex. : le mouvement d'un objet et la rapidité plus ou moins grande de ce mouvement.

2° Un accident peut demeurer le même, bien ([ue les modes changent fréquemment. Ex. : l'intensité de la chaleur, qui ne saurait se confondre avec la chaleur elle-même.

3" Comme on le verra bientôt (n. 119), un accident peut cesser d'être uni à la substance, sans pour cela perdre l'existence ; mais aucun mode ne saurait jamais subsister sans une

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chose modifiée. — Il faut donc reconnaitre la réalité d'une distinction entre l'accident et le mode.

§ III. — Distinction de l'accident et de la substance.

117. État de la question. — A. — Il est hors de doute que les accidents, tant relatifs qu'absolus, sont unis à la substance de telle façon qu'ils constituent avec elle un seul individu, c'est-à-dire un être un et distinct di' tout autre. — En outre, il faut évidemment établir une distinction, au moins de raison, entre la substance et ses accidents, puisqu'on conçoit la substance comme une réalité subsistant en elle-même, tandis que l'accident n'est capable de subsister qu'en un autre être. La discussion philosophique porte sur la question de savoir si la distinction des accidents et de la substance est réelle et objective. Mais il faut se garder de confondre cette question avec celle de leur séparabilité, dont il sera parlé plus loin (n. 119).

15. — Descartes et ses disciples n'ont vu dans les accidents que des modes de la substance ; à leurs yeux, toute distinction rçelle entre la substance et ses modifications devait être rejetée. « La substance créée n'a ([U^un attribut, qui est dans les corps l'extension, dans les esprits la pensée, et cet attribut constitue son essence *. » Cette doctrine avait déjà été soutenue par les anciens atomistes, notamment par Démocrite et Kpicure.

Elle est combattue par les péripatéticiens, tant anciens que modernes et par les scolastiques, ijui, avec S. Thomas, proclament avec raison la distinction réelle de la substance et des accidents. Leibnitz a fini par se ranger à leur avis ; et, toiit en appelant les accidents des modifications ou des déterminations de la substance, il enseigne contre Descartes leur distinction réelle ^. Quant aux modernes, et en particulier aux éclectiques et aux rationalistes, ils passent cette grave question sous silence ou en travestissent le sens 3.

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il 8. Dans les objets créés, il y a des accidents absolus, réellement distincts de la substance.

I. — La preuve en est fournie par les quatre causes des accidents, qui expliquent leur tiature, leur origine, leur sujet et leur ^77,

i. Principes, n. 53. — 2. Essais de théodicée, p. III, n. 393. Systema theologimm. — 3. Garnier, Traité des facultés de l'âme, L. IV, c. v ; Damiron,Pj/sc/ioioff»e; Franck, Diction, des scienc. philos,, art. Accident.

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1" l^i'cuvc par la natwe ou cause formelle dos accidents. La nature des accidents consiste en ce qu'ils soient wnù forme inhérente à un sujet. Or des iralitcs qui adhèrent à une suhstance, doivent par conséquent s'en distinguer. Eu voici quatre témoignages : — à) la conscience le montre, car les opérations de l'esprit, telles que les actions de la volonté, quoicjuelles ne soient pas notre Ame, sont cependant quelque chose de réel et d'ahsolu ; — b) l'expérience commune révèle que le mouvement par ex., ou la chaleur d'un corps, ou ses changements de volume, sont (fuelque chose à la ibis de réel et de distinct de cv corps ; — c) /«sf/ence démontre, par de multiples expériences, que heaucoup de phénomènes nouveaux sortent de la puissance de la suhstanc(^ et viennent à l'existence; — cf) enfin, comme le remarque le Docteur Angélique, « il répugne au sens commun de confondre avec la suhstance de l'Ame ses états et ses diverses opérations ».

2° Preuve par Vorif/ine ou cause efficiente des accidents. Les accidents ont une douhie cause efficiente. Tantôt ils naissent de leur sujet d'inhérence, ex. : la pensé(>, ce sont alors des accidents propres à sa nature et intrinsèques ; tantôt ils viennent du dehors et se surajoutent à ce sujet, ex. : la passion, et ils prennent, en ce cas, le nom d'accidents extrinsèques. Mais, dans les deux hypothèses, apparaît une réelle distinction entre l'accident et la substance ; pour l'accident intrinsèque, la différence, qui existe entre lui et la substance, n'est autre que celle de la cause et de l'effet, pour l'accident extrinsècpie, c'est le rapport de la chose reçue avec celui qui la reçoit.

3° Preuve par le sufei ou cause matérielle des accidents. Le sujet des accidents est une substance permanence et une; l'accident, au contraire, a des propriétés opposées et incompatibles : ils ne sont donc pas identiques. En effet : 1. — L'accident est variable ; il s'ajoute à l'essence comme l'action, augmente ou dimimie commMa quantité, se perfectionne comme la qualité. 2. — Les accidents sont nombreux et dissemblables. « Autre chose, dit S. Augustin, est la grandeur, autre chose la couleur ou la figure. Que la taille diminue, la couleur et la ligure peuvent demeurer identiques ; la couleur peut varier tandis que la grandeur et la figure ne varient point ; enfin il il n'y a point de corrélation nécessaire entre l'altération de la

figure et celle de la taille ou delà couleur. » Il n'y a donc pas, d'après les règles mêmes de la distinction réelle (n. o4), d'identification possible entre les accidents et la substance.

4" Preuve par la fin ou cause finale àe^'àccxàenis. — La substance incréée possède la plénitude de la perlection ; la substance créée, au contraire, est imparfaite et n'ac([uiert ses perfections que graduellement et par additions successives. Or un élément qui s'acquiert ne saui'ait se confondre avec celui qu'il vient C(jmpléter.

II. — On peut ajouter à Tappui de cette thèse deux nouveaux arguments, qui en font sentir l'un, la vraisemblance et l'autre, l'importance.

1" Le premier est tiré d'une analogie de la foi avec la raison. D'après l'enseignement de l'Eglise, la grâce sanctifiante, les vertus infuses et toutes les qualités surnaturelles sont des réalités « qui remplissent les cœurs des fidèles et les ornent d'une façon permanente » ; or, on ne saurait les assimiler à la substance de l'Ame, car elles appartiennent à l'ordre surnaturel et peuvent être augmentées ou perdues, sans que l'àme soit atteinte dans son existence. Donc, par analogie, on peut, dans l'ordre naturel, conclure à la distinction des accidents et de la substance.

2° Le second est fourni par l'étude des conséquences de la thèse opposée. Refuser aux accidents une entité spéciale, c'est prétendre que les changements physiques, dont tout le monde est témoin, sont des changements de la substance elle-même. Mais cette concession accordée, on aboutit insensiblement : — a) à l'évolutionnisme ou transformation des essences ; — 6) au panthéisme, car les substances, sujettes à des changements intrinsèques, ne sont plus réellement que des phénomènes dont le sujet d'inhérence unique est la substance même de Dieu ; — c) au scepticisme, qui découle comme corollaire logique, de la doctrine du flux contiuuel des essences et de toute vérité essentielle.

§ IV. — Séparabilité des accidents et de la substance '. 119. État de la question. — 1. Sens de cette question. — C'est un fait, qu' « après la consécration de l'Eucbaristie, les accidents du pain » demeurent sans leur substance. Voilà la doctrine théologique, qui donne lieu en philosophie à une vive controverse sur la possibilité de la séparation des substances et des accidents. Que si l'on croyait cette séparation impossilde. il faudrait conclure que les espèces consacrées ne

\. Farges, Vidée du continu p. 91.99.

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