TROISIÈME PARTIE, LES CATÉGORIES DE l'ÈTRE 34ij
veinent local, c'est-à-dire le passage d un corps dun lieu dans un autre. « Au sens propre, dit Aristote, le mouvement consiste à changer de place. » — Remarquons toutefois que le mouvement local peut être de trois sortes, suivant que le changement est purement local ou que, en môme temps, il affecte un caractère qualitatif ou quantitatif. En effet, les mouvements locaux ne produisent pas seulement des changements de lieu ; ils engendrent aussi des transformations atteignant la qualité et même la quantité. Telles sont, par ex., les vibrations moléculaires, qui déterminent l'élévation de la température, et par là la dilatation des corps.
W. — Au sens abstrait, le mouvement, étant un passage à l'acte, est défini par Aristote « un acte commencé », autrement dit : « l'acte d'im être eu puissance, en tant qu'il est encore en puissance » : H toO §vvâf/£t ô'vtoç virùiytia., v? tojoûtov. Le mouvement est un acte, c'est-à-dire quelque chose de positif, car il est un mode de l'être réel. Mais c'est un acte imparfait: ce qui se meut est en voie de parvenir à l'acte accompli, lequel cependant n'est atteint qu'au terme du mouvement, et cet acte est celui d'une puissance, considérée comme telle ; c'est donc l'évolution incomplète de cette puissance, une marche et une tendance vers un terme '.
C. — Aussi distingue-t-on trois moments dans le mouvement ; l'état de simple puissance, l'acquisition de la perfection, iin[i\\ la possession de cette perfection. Mais formellement, le mouvement consiste dans l'acquisition, et celle-ci tient le milieu entre les deux extrêmes, qui sont les deux termes dii mouvement. L'un est le point de départ du mouvement, l'autre, son point final d'arrivée.
Xota. — Quant à l'existence du mouvement dans la nature, i>ersonnë n'en a jamais douté, si ce n'est autrefois les Eléates et, de nos jours, llerbart et Fouillée. Mais leurs scrupules sont vains, car « rien ne saurait prévaloir contre ce fait évident ; le mouvement est là 80U8 nos yeux, manifeste, palpable ; on le prouve en marchant. Serions-nous réduits à l'impuissance de l't'xpli(]uer, il n'en existerait pas moins i ».
l38. Théorie péripatéticienne du mouvement- — On peut la ramener à quatre points fort importants.
1. Parges, ibii., p. 51. — 2. Cf. Farges, ibii., 27, cU. i" en euliur.
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