Erreur de Kant concernant le principe de causalité
Cette erreur est double :
\ 0 D'après Kant, le principe de causalité serait, non pas analytique, mais syiithélique a 'priori., c'est-à-dire imposé à l'intellect humain par une aveugle nécessité (Log., n. 115). Cette prétention est illégitime, car : — «) Le principe en question est d'une évidence analytique, puisque sa négation envelopperait contradiction, comme on l'a démontré plus haut. — h) Alors même qu'une nécessité innée pourrait nous obliger à formuler ce principe, elle ne pourrait nous le montrer évident par lui-même, s'il ne l'était pas. Or, il se montre tel. — c) Enfin il n'y a pas lieu de concéder aux néo-criticistes que ce principe doit être admis, quoiqu'il ne soit fondé que sur une foi aveugle, car la science s'appuie sur l'évidence et non pas sur la foi.
2° La seconde erreur de Kant consiste à formuler ainsi le
QUATRIKME PARTIE, LES CAUSES DE l'ÈTRE 375
principe de causalité : « Tout ce qui commence provient dune cause elle-même produite. » — Si « la contingence » fait partie de la notion « d'effet », elle n'est nullement essentielle au concept de « cause ». Au contraire, le contingent ne trouve son explication complète que dans une cause non causée. Toute cause d'ordre contingent n'est que cause partielle. La cause principale, c'est celle qui ne dépend d'aucune autre et dont toutes les autres sont des dérivés.
167. Erreur positiviste concernant le principe de causalité. — Hume, Stuart 31111, (vonite et les positivistes énoncent, comme il suit, le principe de causalité : « Tout effet ou tout phénomène a un antécédent. » Or cette formule présente un trij)le inconvénient.
a) Elle confond la causalité avec la simple succession. Toute cause précède son effet, mais tout antécédent n'est pas une cause. La nuit vient avant le jour sans pour cela le produire.
b) Nier l'efficacité de la cause, c'est enlever toute raison d'être ci l'antécédent qui préfvde l'effet. Que si le père n'engendre pas véritablement son fils, la nécessité de l'action du père pour l'existence du fils n'est plus intelligible.
c) Bien plus, la nature de l'effet devient par là indépendante de celle de l'antécédent, en sorte que d'un antécédent donné peut résulter un effet quelconque. Et rien n'empêche, par ex., dans cette hypothèse, qu'une grenouille soit le produit d'un œuf de poule. Le positivisme ruine donc entièrement la certitude de la connaissance « par les causes » c'est-à-dire qu'il ôte toute valeur à la science.