II. Elle éclaire les sciences physiques et philosophiques
1° Les premières lui demandent une direction et un complément qui les perfectionne. — Faute de cette direction, le savant ne saurait s'élever à la hauteur de l'idée synthétique ; il serait exposé à se cantonner dans la considération des faits et à verser ainsi dans le naturalisme. — Il trouve ce complément dans les enseignements que fournit la Cosmologie sur les principes premiers et l'origine des choses, principes qui dépassent l'expérience sensible, et sans lesquels toute explication de la nature demeure incomplète.
2" Dans le domaine philosophique, la Cosmologie joue le rùle d'introducteur à la Psychologie et à la Théologie naturelle. Dans son état pi'ésent, en effet, l'esprit humain n'arrive à la notion de l'immatériel, Dieu et l'àme, que par l'intermédiaire des objets sensibles. Aussi les Scolastiques ont-ils reconnu qu'il était indispensable au philosophe de scruter avec
I. Gard, de Polignac, L'Anli-Lucrèce. —2. Léon Xdl, Encycl. JElerni Palrii.
NOTIONS PRKLIMINAIRES
soin la nature physique, et de se livrer à une étude approloiulic (lu nioiido des corps, avant de s'élever plus haut.
3. Histoire de la Cosmologie. — La Cosmologie n'a pas toujours revêtu le caractère scientifique que nous lui reconnaissons actuellement.
1" De fréquentes confusions se sont produites, dans les temps modernes, entre la Cosmologie et les sciences physiques, naturelles et mathématiques. Ainsi, suivant dWlembert et Littré, la Cosmologie comprendrait les sciences du ciel, de l'air, de la terre, de l'eau, etc.
2° Certains auteurs ne distinguent point la Cosmologie des autres parties de la Philosophie. Ils traitent, par exemple, en Ontologie, la ([ueslion de la nature des corps, examinent en Logique celle du miracle, et discutent en Théodicée sur la contingence du monde.
3" D'autres enfln, à la suite d'.\ristote. font de la Cosmologie la science de l'homme, autant que celle des minéraux et des animaux ; et ils lui donnent le nom de Physique.
Pour éviter de si graves confusions, il convient de faire de l'homme l'objet d"une science spéciale, car les substances matérielles sont sujettes à la corruption, tandis que l'Ame humaine, par son immortalité, se distingue essentiellement de l'Ame des bétes. M faut aussi que la Cosmologie n'ait d'autre but que celui 'd'étudier les corps en général, soit en eux-mêmes, soit dans leurs relations, afin de découvrir les premiers principes du monde purement sensible et du mouvement qui l'agite.
4. Division de la Cosmologie. — Les causes, dont la recherche constitue l'objet de la Cosmologie, sont au nombre de quatre, dont deu.x extrinsèques et deux intrinsèques (Ont., n. 138). Leur étude se fera donc en quatre livres : le l*"" traitera du monde au point de vue de son origine ; le 2* et le .3^ parleront des corps et de la vie, pour déterminer les principes intrinsèques en vertu desquels les corps sont inorganiques ou organiques ; le 4"= sera consacré à l'étude de la nature, et considérera les choses de ce monde au point de vue de leur fin.
Cette division est à la fois méthodique et conforme aux besoins actuels de l'enseignement philosophique. — Après avoir déterminé ['origine du monde, on voit ce qu'il est en lui-même, et en dernier lieu on montre la fin vers laquelle il tend. Telle est bien la méthode circulaire (Log., n. 295). — Et cette méthode se trouve en harmonie avec les exigences des erreurs du temps présent, car, au premier livre, le panthéisme est mis en regard de la thèse créatianniste ; au second, vient la réfutation de l'atomisme et du dynamisme ; le troisième donne la réponse à Terreur matérialiste sur le principe de la vie ; et enfin lévolutionnisme
est combattu dans ce qu'il a d'excessif, par le quatrième livre qui met en lumière la marche et la fin de l'univers.