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MÉTAPHYSIQUE SPÉCIALE

NOTIONS PRELIMINAIRES

Après avoir traité de l'être dans la Métaphysique générale, il faut consacrer la jMétaphysique spéciale à l'étude particulière du inonde, de Vâme et de Dieu. Cette partie débutera par la Cosmologie, non pas que son objet soit le plus noble ; mais c'est le premier connu par l'Ame humaine, qui se replie ensuite sur elle-même pour se connaître et s'élever jusqu'à Dieu.

1. Définition de la Cosmologie. — Le mot. Cosmologie tire son origine des deux mots grecs, zoo-ao; et Wyoç, et signifie science du monde.

L'invention de ce terme est attribuée ft VVolf. — Pline avait déjà dit : « Ce que la Grèce a nommé >cô(7fi0ç, c'est-à-dire ornement, nous l'appo- Ions monde {mundus), en raison de son incomparable élégance. »

En soi, la Cosmologie est la science des premiers principesi et des raisons d'être du monde plnjsique.

1° C'est une science, c'est-à-dire un ensemble raisonné de connaissances ; la division de la Philosophie nous a déjà montré que la Cosmologie est une partie de la Philosophie réelle, et l'on verra, dans le cours de ce traité, qu'elle possède les caractères d'une véritable science (Log., n. 238).

2° Elle traite des raisons d'être ou des jn'incipes supra-sensibles des corps. Elle diffère donc formellement des sciences expérimentales, comme la physique, la chimie et la géologie, dont l'objet consiste dans l'étude des phénomènes sensibles et des lois qui les régissent d'une manière immédiate, telles que les lois de la chaleur et de la lumière.

3" Enfin elle s'occupe des principes du monde physique ; voilà ce qui distingue la Cosmologie des autres parties de la philosophie réelle et surtout de la Psychologie, dont l'objet est l'homme, que l'on ne saurait, à cause de son <\me spirituelle, mettre au nombre des ol)j('ts purement physiques.

2. Importance et utilité de la Cosmologie. - Par ce qui précède, on entrevoit déjà que la Cosmologie, si elle n'est pas supérieure aux autres parties de la Philosophie, l'emporte cependant en dignité sur les autres sciences expérimentales, et on comprend combien elle doit être utile aux sciences philosophiques et naturelles.

T. Eu dignil.é, elle l'emporte sur les sciences expérimentales, — soit par l'étendue de son objet, qui n'est pas restreint à certaines espèces d'êtres matériels, mais qui les embrasse tous ; — soit par l'excellence de cet objet qui ne le cède point à son étendue ; il consiste, en effet, dans la recherche des causes supra-sensibles ; — aussi la Cosmologie répond-elle aux plus nobles exigences de l'esprit humain. « Qu'il est beau, dit le poète, de contempler le principe et l'origine des choses et d'en sonder les profondeurs ! Voilà l'idéal du sage : tout le reste n'est qu'un jeu laissé au vulgaire *. »

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