Le monde est parfait dune perfection relative
Ar(j. gén. — On appelle parfait d'une perfection relative, un monde dont l'ensemble est sagement ordonné en vue d'une lin ; or ce caractère appartient à notre globe, que nous qualifions, pour cette raison, de relativement parfait.
La majeure ne réclame aucune démonstration. Quant à la mineure, que les sciences naturelles établissent longuement, en voici une preuve rationnelle et une preuve expérimentale.
I. — A priori. — Dieu a donné l'existence au monde pour manifester dans une certaine mesure sa gloire à l'extérieur. Il a donc tout disposé pour la réalisation de cette fin.
On s'en convaincra en posant le dilemme suivant : ou Dieu a donné au monde l'aptitude la plus grande possible à atteindre son but, ou il a omis de le faire ; dans le premier cas, le monde est relativement parfait ; dans le second, la science, la sagesse ou la puissance ont fait défaut au Créateur ; autrement dit, Dieu a agi sans connaître les moyens les plus capables de réaliser son plan, ou sans vouloir les mettre en œuvre, ou sans avoir la puissance de le faire, ce qui est impossible. Donc le monde possède une perfection relative.
IL — Vexpèrience découvre, elle aussi, l'existence de cette perfection dans le monde. Pour s'en convaincre', il suffirait de contempler l'admirable succession des saisons, la grandeur et l'immensité des cieux, le cours si régulier des astres, l'ordonnance des éléments dans un cristal, une fleur ou un insecte, les rapports; de dépendance et de subordination qui régnent entre tous les règnes de la nature (Cf. Théod., n. 21).
Uue si à l'expérience vulgaire on ajoute la lumière des