Nature et espèces des qualités corporelles
A. — On appelle habituellement qualités des corps les propriétés qui dérivent de la forme et font que le corps est tel ou tel (OntoL, n. 126). — Ce sont des propriétés, distinctes par conséquent de l'essence des corps : tout ce qui est qualité, en effet, ajoute à l'essence des corps déjà constituée, un mode d'être nouveau qui varie selon les divers sujets, et revêt par suite la nature d'un accident. — Elles découlent de la forme substantielle, comme de leur principe : par où elles diffèrent de la quantité, (|ui dérive de la matière. — Elles se subjectivent cependant dans la quantité ; de même, en effet, que la forme est reçue dans la matière, de même les qualités, en tant qu'étendues, sont reçues dans la quantité, et lui sont proportionnées, par ex., la chaleur. — Enfin, si c'est en raison de sa quantité qu'un corps est celui-ci ou celui-là, c'est en raison de sa qualité qu'il est tel ou tel.
B. — La division des c[ualités corporelles est la même que la division des qualités en général (OntoL, n. 127). Les unes perfectionnent les corps dans l'ordre de son opération ; on les appelle forces physiques, nous en avons déjà parlé (n. 34). Les autres dans l'ordre de sa substance ; on les appelle simplement qualités ; et il y en a deux principales : 1° la figure ou forme accidentelle ; 2» les qualités sensibles, ainsi appelées parce que seules elles sont l'objet propre des sens (Anthrop., n, 47).