La vie corporelle ou organique ; sa nature, ses espèces
A. — /ai rie oi'(jaiiiqiœ est tiiie acUvité en vertu de laquelle un organisme se forme, se meut et se multiplie lui-même.
Un organisme est un tout corporel, composé de parties exerçant chacune une fonction spéciale, qui concourt à la vie de ce tout. C'est seulement dans l'organisme et par l'organisme que s'exercent les fonctions vitales : celui-ci se meut d'un mouvement spontané et immanent, et à ce titre il est au moins sujet de la vie. Quant au principe qui permet au corps de se former et de vivre, c'est l'àme ; nous en parlerons dans le second chapitre.
B. — La vie organique est double, végétative et sensitive. C'est de ces deux vies et nullement de la vie spirituelle de l'homme que s'occupe la Cosmologie : elle se borne, en effet, au monde purement sensil)le.
86. Formation de l'organisme vivant. — A l'origine, une seule cellule est tout l'ètiv vivant. J)e cette unique cellule sortent successivement des cellules dérivées, qui deviennent des organes et des systèmes d'organes.
1. La cellule est un corpuscule de dimensions microscopiques et de forme sphérique. Trois éléments la composent, savoir la nucléole, le protoplasme et la membrane. Cette cellule se nourrit, à l'instar de tout être vivant, par l'assimilation des substances extérieures, se développe, et par divisions successives se multiplie. Par cette multiplication, se construit progressivement de toutes pièces (c'est répigénèse), un système d'organes dont aucune ébauche ne préexistait dans la cellule originelle '.
2. La disposition de plusieurs cellules dérivées de la cellule-mère constitue un organe. Un organe est une portion de
i. Farges, La Vie el VivoluHon, p. 176-183,
/{■()(') COSMOLOGIK
l'organisme total, ayant une constitution physique spéciale et une fonction vitale propre, tels sont : le cœur, le foie,...
3. Les sijstèmes se composent de plusieurs organes concourant tous à une seule et même fonction. Tel le système digestif, constitué par la bouche, l'œsophage, l'estomac, l'intestin et les glandes, qui concourent au travail de la digestion. Dans un organisme d'animal parfait, on trouve un système digestif, respiratoire, nerveux, musculaire... etc. Ce qu'est la cellule à l'organe, et l'organe aux fonctions, les divers systèmes le sont à l'être vivant. Tous concourent, par la dimdon du traoail, au but total de l'être vivant.
87. Caractères spécifiques des corps organiques. — Les corps organiques diflerent des corps inorganiques au point de former un genre de corps tout diffèrent, comme en témoignent les sciences expérimentales.
1° La chimie nous apprend qu'un corps composé inorganique ne renferme que deux ou trois éléments. Tout corps organique, au contraire, en a toujours plus de deux ; il est composé de trois ou quatre éléments et presc[ue toujours des mêmes, que les chimistes désignent par les lettres 0. H. C. Az. (oxvgène, hydrogène, carbone et azote).
2° h' embryologie, à son tour, démontre abondamment qu'il y a une différence essentielle entre les minéraux et les êtres vivants, aussi bien dans leur origine cjiie dans leur évolution. Dans les êtres organiques, on trouve partout et toujours une génération proprement dite, génération produite par un principe vivant semblable. — Ils évoluent naturellement, par la force d'un principe interne vers une forme déterminée, et vers une taille que jamais ils n'excèdent. — Ils ne vivent que par un mouvement incessant d'assimilation et de désassimilation (tourbillon vital); — et enfin, après un certain temps, ils meurent et se désagrègent.
Il n'en va pas de même chez les êtres inorganiques. On ne découvre en eux ni naissance, ni évolution, ni mort. S'ils existent, c'est par l'union fortuite de divers éléments due à la force d'affinité et de cohésion. S'ils croissent et décroissent, c'est par une addition extérieure des parties et jamais par intussusception, encore moins par aucun procédé d'assimilation et de désassimilation ; aussi sont-ils indéfiniment suscep-
TUOISIKMK l'AHTlK, LA VIK 4t»7
tibles do croissance ou de diminution. Enfin, s'ils périssent et se désajj;règent, ce n'est pas par l'arrêt d'un mouvement interne, car d'eux-mêmes ils peuvent durer indéfiniment, mais c'est sous l'action des forces extéricnires qui les détruisent fortuitement conmie elles les avaient produits.
']" La zoolo(/ie, la botanique étai)lissent que, dans une seule et même substance vivante, il existe divers organes remplissant diverses fonctions, en vertu de la division du travail : c'est ce qu'on appelle la différenciation des organes et des fonctions. Chez le minéral, au contraire, dans un morceau de fer, par exemple, ou une goutte d'eau, tous les éléments sont semblables, leurs parties sont homogènes.
4° La pathologie démontre enfin que le trouble d'un organe jette le trouble dans tout l'organisme, y occasionne la maladie, voire même la mort. Or aucun de ces phénomènes ne saurait même se concevoir dans le monde inorganique.
Il existe donc une différence essentielle entre les corps inorganiques et les corps organi([ues. Plus l'être vivant est parfait, plus son organisme est parfait ; et plus s^accentue la preuve de la distinction ([ue nous venons d'établir '.
88. Unité de l'organisme dans chaque individu. — Etant donné que l'organisme est composé de cellules, il s'est trouvé des savants (pii ont considéré l'organisme comme une colonie de cellules individuelles et indépendantes. Etablissons contre eux la thèse suivante :
TnicsE
Une véritable unité d'organisme existe et doit exister
dans l'être virant.
A. — Elle existe. — L'embrycdogie nous enseigne que la cellule primitive est unique, et que, loin de se multiplier elle-même, elle ne fait que multiplier ses instruments avec les cellules dérivées, en sorte que toutes les cellules dérivées vivent uniquement de la vie de la cellule-mère. Voilà pourquoi les fonctions vitales de la cellule-mère et de l'individu sont réparties entre les divers groupes de cellules dérivées ; les uns sont chargés de la nutrition, les autres de la respiration, ceux-ci de la circulation, ceux-là de la locomotion, etc. ,