Liberatuiv, Comp . hum,, n
mais chaque organe n'a qu'une fonction incomplète, subordonnée et dépendante de l'ensemble. Preuve manifeste qu'il n'y a qu'une seule vie. répartie suivant la loi de la division du travail, et que toutes les cellules dérivées vivent de la vie unique de la cellule-raère.
Remarque. — Cette unité de vie n'empêche pas sa multiplicité latente. A la mort de l'individu ou de la cellule-mère, toutes les cellules dérivées naissent à une vie indépendante, suivant l'axiome célèbre : lita simplex in aciu, multiplex in potentia (n. 108). Ainsi se trouvent admirablement conciliés les phénomènes successifs d'unité et de multiplicité constatés par la science •.
B. — Elle doit exister. — Autrement, comment chaque organe qui, séparé des autres, n'a qu'une vie incomplète et insuffisante, pourrait-il s'entendre et se concerter avec les autres? — Du reste, admettre que chaque cellule jouit d'une vie propre et indépendante, c'est supposer ou bien qu'elle n''agit sur sa voisine que par un mouvement transitif, et alors on ruine la conception essentielle de l'immanence du mouvement vital ; ou bien que chaque cellule se meut elle-même d'une vie propre et immanente, et alors l'unité de l'individu est détruite, puisque chez Pierre ou Paul il y aura autant d'individus que de cellules. — Enfin dans l'une et l'autre explication, c'est la ruine de l'unité substantielle dans chaque être vivant, indispensable pour expliquer l'admirable unité des fonctions de l'organisme où tout conspire vers un même ])ut. L'unité d'organisme est donc la condition de l'unité de l'individu vivant, et de l'unité d'Ame, comme nous le disons plus loin (n. 106).
ARTICLE m.
Les Phénomènes vitaux dans la Plante.
La ^•ie végétative est celle qui permet à une substance de se nourrir, de croître et de se propager. Il y a donc trois fotictions dans la vie végétative : la nutrition, la croissance et la génération ; et le sujet de ces fonctions est bien la plante, jamais le minéraL Montrons-le en deux paragraphes.
d. Meicier, Psych., p 48, n. 28.
IKUISIKMK l'AiniK, LA VIK 4G9
5< L — Fondions de la cie véfjélatice. 89. Théorie sommaire de la nutrition. —A. — Aa uulriiion est la fonction en vertu de laquelle une substance organique change en sa propre substance un aliment étranger.
Change en sa propre substance, disons- nous, et en cela là nutrition diffère de la combinaison chimique: l'hydrogène et l'oxvgène combiiK-s donnent un troisième corps, l'eau, qui diffère spécifiquement des deux corps composants. Dans la nutrition, au contraire, l'aliment devient la substance même de l'être vivant, laquelle ne change pas de nature.
li. — Les divers actes que requiert implicitement la fonction nutritive se ramènent à quatre. Ce sont :
1" \j' absorption d'une substance étrangère. Dans la plante, cette absorption se l'ait surtout par les racines ; chez les animaux supérieurs, elle suppose le concours des mains, de la bouche, et s'achève par la mauducation. 2" L'élaboration. La digestion, au moins chez l'animal, conumence cette fonction, la respiration la complète. S'^ La circulation des sucs ou du sang conduit ces liquides nutritifs jusque dans les dernières parties des tissus organiques. 4" Enfin, l'assimilation ou changement des aliments en substance vivante. — Après la nutrition, vient l'œuvre de désassimilation, qui par diverses étapes achève le circuit du tourbillon vital.
C. — La raison s'unit à l'expérience pour démontrer la nécessité de la nutrition. Le germe ne saurait grandir, évoluer, devenir une plante, un animal parfait, sans s'assimiler de nouvelles substances ; d'autre part, c'est un fait que l'organisme meurt et se désagrège, aussitôt que, par défaut de nutrition, il devient incapable de réparer ses pertes.
90. Définition de la croissance. — C*est une fonction en vertu de laquelle une substance organique acquiert par la nutrition le développement dont est susceptible son espèce.
{" Dont est susceptible son espèce. La science démontre, en effet, qu'il est un développement minimum, au-dessous duquel les individus d'une espèce ne descendent jamais, et un développement maximum qu'ils ne sauraient dépasser.
2° Cette croissance s'opère y)a/' Id nutrition : autrement, elle ne serait qu'une pure addition extérieure de matériaux étran^
Philosophie. — Tome 1 27
gers. Les minéraux ont ce mode de croissance : mais les êtres vivants qui se nourrissent, croissent par l'absorption intérieure des aliments, dont ils se nourrissent.
91. La génération chez les êtres vivants. — La définition la plus commune de la génération est la suivante : C'est l'origine d'un être vivant p-ovenant d un principe vivant de nature semblable à la sienne, par voie de production.
1° C'est l'origine d'un être vivant. — Ce n'est, en effet, que dans un sens très large qu'on applique aux corps inorganiques le terme de génération ; à proprement parler, l'être vivant est le seul qui soit engendré.
2° Provenant dun principe vivant. — Ainsi se trouve exclue la génération spontanée, en vertu de laquelle une matière inorganique, sans le concours d'aucun germe préexistant, donnerait spontanément naissance à des êtres vivants.
3° D'une nature semblable à la sienne. — Le père et le fils, l'être qui engendre et l'être engendré, sont de même espèce : c'est ce que l'on exprime en disant que l'acte de la génération est toujours « univoque », et jamais « équivoque ». Quant au nombre de générations successives de même espèce qui peuvent sortir d'un même ancêtre, il est indéfini.
4° Par voie de production. — Par là on n'entend pas une simple production d'accidents dans une substance préexistante, mais une production de substance ; non pas sans doute une production ex nihilo, ou création proprement dite, mais le passage de la puissance à l'acte d'une nouvelle forme substantielle dans une matière préexistante.
92. Ces trois fonctions sont-elles distinctes les unes des autres ? — De la solution de cette question dépendra la réponse à ce problème : Combien y a-t-il de facultés végétatives ? Des phénomènes divers supposent, en effet, des puissances diverses : il y aura donc autant de puissances végétatives différentes que de fonctions végétatives formellement distinctes.
Les botanistes et les physiologistes modernes ramènent à deux classes toutes les fonctions végétatives : la nutrition et la reproduction ; partant ils ne distinguent pas la force de croissance de la force nutritive. A chaque fonction, disent-ils, sont appropriés des organes spéciaux ; or la force de croissance n'a pas d'organes distincts des organes de nu-