THOISIÈME PARTIE, LA VIE
Preuve de la majeure. Conçoit-on que des cellules, des monades si l'on veut, en nombre infini, pour ainsi parler, concourent à un ouvrage unique, marchent à une même fin, sans rtre dirigr-es par un principe unique?
Preuve de la mineure. I" D'une seule cellule, nous l'avons déjà vu (n. 86, 88), sort, comme de sa source, un organisme complet dont les parties innombrables sont si bien reliées les unes aux autres que chacune d'elles paraît être la continuation et le complément de sa voisine '. Il y a donc unité d'organisme.
2° Les opérations dépendent elles-mêmes les unes des autres, se prêtent un mutuel concours, tendant toutes au même but, l'évolution, la consei'vation de l'organisme et la reproduction d'un individu semblable. Il y a donc unité d'opération.
W. — Preuve indirecte tirée de l'insuffisance des explications alléguées par nos adversaires. — Que nous proposct-on à la place d'un principe unique, pour expliquer cette unité ? Vintelligence et le concert dans chaque cellule individuelle ? Comme si les cellules, semblables à des abeilles ou des fourmis, pouvaient se voir et se concerter sur un même objet. — L'harmonie préétablie '1 Mais le rùle de la même molécule de carbone, par ex., n'est nullement fixé à l'avance, puisqu'elle peut en avoir un nombre indéfini dans toutes les espèces vivantes déplantes et d'animaux. — \ut\. loi naturelle, la volonté divine ? Mais cette loi n'est autre chose qu'une manière d'agir naturelle à chaque agent, dont Dieu ne contredit pas la nature par sa volonté.
C'est donc dans l'unité du principe vital qu'il faut, en dernier ressort, chercher la raison de l'unité de l'organisme et de la fin unic{ue à laquelle tendent toutes ses opérations. Toutes les autres explications sont vaines.
107. L'âme sensitive est-elle en même temps végétative ? — La question se pose directement pour l'animal et indirectement pour l'homme, dont l'ùme végétative est en même temps sensitive, voire intellectuelle, comme on le montrera en Anthropologie. Nos adversaires sont les ultraspiritualisles, qui expliquent les opérations sensitives chez l'animal comme chez l'homme par une âme intelligente, et les opérations végétatives par un principe vital distinct.
\ . Liberatore, Comp. hum., n. 132-lil.
48(i COSMOLOGIE
Thèse
C'est la même âme qtii, chez ranimai, est à la fois
végétative et sensitive.
A. — La première preuve se tire de ce fait que c'est rame végétative qui est principe des organes de la sensation. Voici notre raisonnement :
Deux choses qui, l'une sans l'autre, seraient inutiles, et qui, réunies, sont le principe d'une seule et même opération, dérivent d'un seul et même principe ; or tel est le cas pour les sens et leurs organes. Inutiles seraient les organes sans les sens, et impossible l'exercice des sens sans les organes. Réunis, au contraire, les organes et les sens forment une faculté qui a autant d'espèces d'opérations qu'il y a d'organes. Donc l'àme qui construit les organes y produit aussi la sensibilité, en d'autres termes elle est principe à la fois de vie sensitive et de vie végétative.
B. — La seconde preuve découle de ce principe que dans un même individu il ne petit g avoir qu'un seul principe d'opérations et d'activité. Car s'il y avait deux Ames chez l'animal, cette dualité ferait de lui deux êtres vivants, ayant deux fins et deux directions '.