CONSTITUTION DE LA NATURE
Pour mettre en lumière cette constitution, il faut expliquer trois choses : la notion, les lois et l'ordre de la nature.
ARTICLE I
N^otion de la nature.
115. Définition de la nature. — A. — Ce mot a des sens multiples : tantôt il désigne l'ensemble des êtres créés ; tantôt ses lois naturelles, c'est ainsi que l'on dit : la nature ne fait rien en vain ; tantôt l'essence de chaque être ou sa forme substantielle ; mais le plus souvent, il signifie le principe actif ou passif du mouvement et du repos.
li. — Dans le sens où nous le prenons ici, le mot nature désigne : Un principe premier et permanent de passion et d'action, intrinsèque à un être ou commun à tous les êtres.
[o C'est un principe cF action et de passion, c'est-à-dire la source d'où découlent toutes les modifications, tous les mouvements soit actifs, soit passifs de l'être.
2° C'est un principe premier : en effet, les forces ou les facultés qui concourent directement à l'opération de l'être, sont les principes prochains de cette opération, et elles découlent elles-mêmes de l'essence ou nature de l'être.
3° C'est un principe permanent, comme la substance de l'être elle-même. La substance peut, en effet, être considérée en elle-hiême, ou relativement à ses opérations. Or la substance, en tant que douée de forces, et source première de toute activité dans l'être, s'appelle aussi la nature de l'être.
4" Ce principe se trouve dans chaque être. La nature n'est pas, en effet, une chose distincte des êtres créés, mais elle est en chacun, et se multiplie avec eux : rien n'est plus intime à l'être même ; aussi se distingue-t-elle de Dieu, qu'on appelle quelquefois Nature, parce qu'il est l'auteur des natures créées par lui dans le monde : de là la distinction de certains philosophes entre la nature naturante et la nature naturée.
0° Enfin, le mot nature désigne souvent la collection et
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l'ensemble des choses créées, en tant qu'elles poursuivent leur fin, par leur activité propre. En ce cas, on no doit point entendre par ce mot une substance générale qu'on appellerait « force génératrice » ou « milieu plastique », comme plusieurs l'ont imaginé, l'ne telle substance, qui ne serait ni corporelle ni spirituelle, et qui répandrait la vie dans tout le monde physique, est une pure fiction, que repoussent à la fois l'autorité et la raison.