Le natiirel et ce qui n'est pas naturel. — A. — Est
nature I U)\\{ ce qui « est selon les exigences, les forces, la lin de chaque nature individuelle, ou de toutes les natures créées, prises collectivement ».
Nous avons dit : 1" sehîn les exigences : il y a, en efiet, certaines conditions sans lesquelles on ne peut concevoir aucune nature, par ex., les éléments qui constituent l'essence de l'être, et aussi les forces dont il a besoin pour agir.
2° Selon les forces: en effet, tout ce qu'un être peut faire par ses seules forces, découle de sa nature.
3° Selon la fin vers laquelle chaque être évolue par son opération. C'est ainsi qu'il est naturel à l'homme d'avoir un corps et une ;\me, des facultés, des actes et une fin.
Comme on le voit, l'essence n'est pas la seule chose naturelle dans un être, et le xnoinaturel a une acception plus large que le mot essentiel.
B. — N'est /jo.s naturel, au contraire, tout ce qui ne constitue pas l'essence, ou n'en découle pas directement ou indirectement. Mais il faut distinguer le surnaturel et le préternatiirel.
On appelle surnaturel im être qui surpasse toute la nature créée, ou bien toute participation par similitude à un tel être dans une nature créée. Ainsi l'Eti-e divin est surnaturel ; sa grâce, à lacpielle aucune créature n'a droit, l'est pareillement, et s'appelle surnaturelle par participation gratuite.
On appelle préternaturel rjuelque chose de naturel en soi, mais qui se fait dans une nature quelconque en dehors du mode normal d'opération de cette nature : si Pierre, par ex,, d'ignorant qu'il était, devient subitement savant ; si un aveugle recouvre subitement la vue, et autres faits de ce genre, qui sortent du cours normal de la nature.
ARTICLE II
V Des Lois de la nature.