Relations du terme oral avec le terme mental
1" Le mot, par lui-même, signifie moins le concept de ceux qui
PRRMrÈRE PARTIE, DULKCTIQUR 4.3
écoutent que de ceux qui parlent. Le mot Dieu, par ex., n un autre sens dans la bouohe des panthéistes que dans celle des chréticms.
2° En outre, le terme oral signifie immédiatement le concept de l'intellect et médialement, par l'entremise du concept, la chose pensée. Ex. : le mot homme signifie l'idée que l'intellect se fait de l'hoiunu; ; l'idée, à son tour, exprime ce que l'homme est, à savoir, un animal raisonnable.
.'î° Pav sa nature, le terme mental est donc antérieur au terme oral ; il faut que l'idée, soit conçue par l'esprit, avant d'être exprimée an dehors par des signes sensibles. Pour l'auditeur, au contraire, le terme oral vient avant l'idée, car l'idée ne se manifeste à ceux (|ui écoutent que par le signe.
4° Aussi y a-t-il de grands rapports entre ces deux termes. Le terme mental et le terme oral, bien qu'ils diffèrent l'un de l'autre comme le signe de la chose signifiée, sont cependant si associés par l'habitude, que l'apparition de l'un des deux à l'esprit amène le plus souvent l'autre à la mémoire. Ex. : L'esprit pense-t-il à la figure de trois angles, aussitôt le terme triangle est rappelé au souvenir, et réciproquement.
54 his. Résumé : définition du terme logique- — C'est un signe sensible, instrumental, conventionnel, un mot d'ordinaire, oral ou écrit, substitut d'un objet, qui manifeste une idée.
ARTICLE n.
Espèces de ternies K
55. Principales divisions des termes. — H Y a deux divisions logiques des termes ; l'une est commune aux idf'^es ou termes mentaux et aux termes oraux, l'autre est propre aux termes oraux. Nous parlerons un peu plus loin de la seconde (n. 65-67) ; il ne s'agit ici que de la première division.
A ce point de vue, on peut diviser les termes en positifs et négatifs, concrets et abstraits, substantifs et adjectifs, singuliers, universels et particuliers, disparates, opposés ou associés.
56. Termes positifs et négatifs ; leurs espèces. — A. — Le terme positif e?>t celui qui exprime une réalité ; ex. : Dieu,
1. E. Blanc, Logique, chap. VI. — Bossuet, Logique, L. 4, ch. 3. 15. 16. 17. 42. •43. — L'Arl dépenser, l" partie, ch. 3-H.
sagesse. Le terme négatif exprime le manque, l'absence de réalité ; ex. : néant, cécité ; et, s'il exprime en outre un défaut ou le manque d'une perfection que l'on devrait avoir, on l'appelle 7?r/ra///; ex. : La cécité est une privation pour l'animal et non pour la plante.
B. — Un grand nombre de termes ont une forme positive, bien qu'ils expriment une idée négative, l'absencç d'une perfection ; ex. : mortel, fini... D'autres, sous une forme négative, ont un sens positif, car ils expriment une vraie perfection, ainsi : immortel, infini... Beaucoup sont à la fois, par le sens et par le mot, positifs ou négatifs ; ex. : vertu, science, ou bien injuste, impie.
Remarque. — Le terme négatif pré.*ente indirectement à i'e.sprit une réalité', toute négation, en effet, suppose une affirmation : ainsi la notion de cécité ne se conçoit pas sans celle de vision ; « L'idée du mal n'est que l'éloignement de l'idée du bien. » — Le terme doublement négatif & même une signification essentiellement positive ; deux négations, en effet, valent une affirmation. « Ainsi quand on parle d'un être immortel on y suppose tant de vie, que le non-être n'y trouve pas de place. Ce qu'on exprime par ce terme est très positif ; le ternie négatif le fait bien entendre » (Bossuet).
57. Termes concrets et abstraits. — Le terme concret représente un sujet avec ses qualités particulières ; le terme abstrait, la qualité sans son sujet. Qu'est-ce à dire ? L'esprit ne saurait concevoir un objet réel indépendamment des propriétés, des notes individuantes qui le spécifient, le distinguent des autres objets ; le terme, cependant, peut représenter ces notes, ces propriétés comme unies à un objet réel ou comme séparées de tout sujet par une abstraction mentale. Dans le premier cas, on a le terme concret ; le terme est abstrait dans le second. Donnons des exemples : cet homme, ce médecin, ce satje, ce papier blanc, sont autant de termes concrets ; au contraire, humanité, médecine, sagesse, b/anchenr, sont des termes abstraits.
Remarque. — d Ce qu'il va de plus remarquable dans les termes abstraits et concrets, c'est que le terme abstrait et le terme concret s'excluent nécessairement l'un l'autre, au lieu que leç termes concrets peuvent convenir ensemble... Pour cela nous disons que Dieu est mort pour nous et que Vhomme qui nous a rachetés est tout puissant ; mais c'est un
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l)lasphème de dire que la divinité soit morte nu que ['humanité soit loule puissante » (Hi)ssuet).
58. Termes substantifs et adjectifs. — Le terme substaiilif (tu abao/ii représoiitc iiiui substance ou chose qui subsiste par olle-nième, comme l'homme, ou au moins que l'on conçoit comme subsistant ainsi idéalement, par ex. : la sag;esse. Le terme adjectif, appelé aussi connotatif, représente une propriété inhérente à la substance, ou une manière d'être de la substance. Ex. : savant, sa<je, vivant, corporel, sont autant de termes adjectifs.
Remarque. — Le terme adjectif a plus d'extension en Logique qu'en grammaire. Souvent les substantifs de la grammaire sont logiquement de simples adjectifs. Ex. : médecin, peintre, musicien et d'autres semblables représerttent un homme versé dans l'art de la médecine, de la peinture, etc. ; par consé(iuent par rapport au substantif « homme », de pareils termes ne sont que des adjectifs.