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PREMIÈRE PARTIE, DIALECTIQUE

sont des tormos nniror/ues, applicables à Ions les honinios, à

tous les animaux, etc — D'autres termes sont appli([U(''s à

plusieurs individus, mais avec une signilitation toute diflérente : ce sont les termes rt/uirogues ; le mot chien, par exemple, désigne un animal ou une constellation. — D'autres ternies enfin, sans avoir une signification absolument la même, sont pourtant appliqués à plusieurs individus dans un sens un peu différent ; ce sont les ternies analogues.

Ces ternies analogues tiennent, pour ainsi dire, le milieu entre les ternies univoques et les termes équivoques ; ainsi, la miséricorde, la justice, sont applicables à Dieu et à l'honinus non pas dans le même sens, mais en vertu de quelque ressemblance ; de même la substance et le mode sont des êtres, mais dans des sens un peu différents (c'est l'analogie dite par proportion). D'autre part le mot sain s'applique à la médecine, à l'air, à la nourriture, parce que tout cela se rapporte à la santé de l'animal, qui seul est vraiment et proprement sain (c'est Vannlopepar af/rihn/ion).

67. Règle à suivre dans le choix des termes. — Le terme doit être usité, clair, fixe et propre.

1° Usité. Un terme inusité est ipnoré d'nulrui. Or les termes ont pour but de nous permettre de converser avec les autres hommes, comme nous conversons avec nous-mêmes par les idées. Il ne faut donc pas employer de termes inusités qui soient inconnus des auditeurs.

2' Clair. Un terme obscur est celui dont le sens n'est pas assez évident pour tous. Par conséquent, tant que les auditeurs ou les lecteurs n'auront pas été avertis du sens donné à ce mot, il ne saurait être choisi pour signe des idées.

3» Fixe. Un terme peut être fixe ou vague selon qu'il a ou qu'il n'a pas de sens précis et déterminé. Le mot nature, par exemple, peut signifier l'essence des choses, l'univers ou le Créateur lui-même (Cosmol., n. 120). Or, « prendre un mot dans plusieurs sens, ce serait faire comme ce mathématicien pour qui le chiffre 8 vaudrait tantrtt 7 et tantôt 9 » (Locke).

40 Propre et non métaphorique : ainsi le veut la science. Chaque art, chaque science a son langage. L'orateur, il est vrai, parle le langage vulgaire et use de figures ; mais le philosophe, le savant doivent avoir un langage rigoureusement exact et nettement défini.

68. Règle à suivre dans l'interprétation des termes. — Le. sens philosophique ou sens de fauteur, ressort du sens même des mots, de tout le contexte, ou de certaines circonstances extrinsèques.

Premièrement du sens même des mots. — Il faut, en effet, supposer que l'auteur a pris le mot dans son sens reçu. Ceci est vrai, surtout quand il s'agit d'une phrase détachée.

Secondement du contexte tout entier. — Les professeurs de littérature savent bien que la série des mots qui précèdent et suivent, ou le contexte de l'ouvrage change très souvent le sens naturel des mots.

Enfin des circonstances extrinsèques, comme les mœurs, le milieu, l'époque où vit l'auteur. Ses opinions aussi, son génie et autres qualités, le but enfin qu'il se propose concourent à nous expliquer les termes dont il s'est servi.

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