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Importance capitale de l'usage légitime des termes

On volt déjà la grande difri(?ulté (ju'il y a do faire un hoii em-

I. Mgr Desgeorges, De l'abus des mots. — Locke. Essai sur l'enlend. humain., I, :{.

ploi des ternies, et quel soin on doit mettre dans le choix do ceux dont le sens est doutenx. « Il faut, nous dit S. Augustin, prendre garde qu'un usage inconsidéré des mots ne donne une fausse idée des choses signifiées. » C'est ainsi que de graves erreurs, l'expérience le prouve, ont pris une grande extension, sous les noms équivoques de liberté, de fraternité, de tolérance, d'honneur, etc.

Il ne faut donc pas imiter certains logiciens modernes qui négligent l'élude des mots. Les mots en effet constituent l'objet secondaire de la Logique, puisqu'ils sont les signes des com-epts ; ils sont aussi présentement la condition de la pensée. Ils ont donc une influence considérable sur la pensée elle-même, et une grande utilité soit en philologie, soit en herméneutique, sur tous les points qui touchent à la philosophie. — Pour ces raisons notre étude des termes ne sera pas inutile, elle va nous permettre d'établir des règles sur la signification, V application, le choix et Vinterprétation des mots.

65. Règle du sens des mots- — C'est le sens du mot et non pas la lettre qu'il faut considérer. — Par conséquent :

1» Tout mot vain et vide de sens, qui n'exprime aucune idée, doit être exclu de la Logique. En fait, dit avec raison Aristote, « il n'y a de mot que celui qui signifie quekjue chose ».

Beaucoup de mots, pris séparément, n'ont aucun sens : nul, tous, personne, quelque, mais ils prennent un sens dès qu'ils sont unis à d'autres mots : tout homme, quelques personnes. Le terme qui pris seul a un sens complet est nommé catégorématique (y.KTnyopsM, je signifie). Celui qui n'a pas de sens sans être uni à un autre est appelé syncatégorénmtique ((7uy avec, et v.y.ri'-jopiM).

2° Parmi les mots, les uns, quoique littéralement composés, n'expriment en réalité qu'î/ne seule idée : ce sont les termes complexes ; ex. : aucun animal, animal raisonnable. D'autres, quoique simples littéralement, expriment plusieurs idées ; ex. : médecin, philosophe. Le logicien devra distinguer ces idées complexes, pour éviter la confusion.

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