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PREMIERE PARTIE, DIAtECTIQIE

77. 4" Division des propositions au point de vue de la quantité. — I-i ([uantitt' iriiiip propositicMi r'ost rcxU'nsion du sujet ; or le sujet est universel, particulier, siiiiiulier ou indéfini. Les propositions se divisent doneen toiirerse/Zcs, particu- /ièri's, sin//u/ii'rpf< et inr/é/hties.

Les partieules fout, quicoiiqup, nu/, marquent les premières, ex. : tout homme est animal. — Les secondes ont pour particules, f/uelt/ues-u)ies, f/ue///u'un, ex. : quelques hommes sont savants. — Pour exprimer les troisièmes, on a les prénonisy^, if. . . le nom propre ou des notes individuantes, ex. : Cicéron est orateur. — La (/uatriè/ne est dite indéfinie, car elle n'est affectée d'aucune note assimilahh^ à celle des autres propositions. Son extension n'est donc pas déterminée par les mots : elle l'est toujours cependant par le sens. Aussi toutes les proj>()sitions de ce genre se résolvent-elles en propositions universelles, particulière's ou mémesing'ulières. En voici des exemples. Elles se résolvent :

J'reinièrenieiit en unicersi'Ues, si ce sont des propositions en matière nécessaire. En eiïet, dans une proposition nécessaire, le sujet et l'attrihut ne peuvent être séparés ; toujours on les ti'ouve nécessairement unis. Par conséquent cette proj)Osition indéfinie : l'homme est un animal, équivaut à cette autre universelle : tout homme est animal.

Secondement en particulières, si ce sont des propositions en matière contingente. Ainsi cette proposition indéfinie: les hommes sont prudents, ne diffère pas de cette proposition particulière : quelques hommes sont prudents. Dans une proposition contingente, en effet, l'attribut est une propriété ajoutée au sujet accidentellement. Or l'accident convient à quelques individus, il ne saurait convenir à tous, toujours et nécessairement.

En singulières enfin. Le sens singulier peut, en effet, ressortir du contexte. Aussi lorsqu'on dit : « le Juste a été mis à la place des coupables », il s'agit ici non pas d'un juste indéterminé, mais de N.-S. Jésus-Christ.

78. Définition de l'universel métaphysique, physique et moral. — Ces mots expriment, pour ainsi dire, trois degrés d'universalité. Toute proposition, en effet, est néces.saire ou contingente : une proposition en matière nécessaire est appe-

lée métaphysiqiiement universelle, parce qu'elle a pour fondement l'essence même des choses ; ex. : tout cercle est rond. — Des propositions en matière contingente, les unes n'ont qu'une universalité provenant des lois physiques de la nature, ex. : aucun mort ne ressuscite ; ce sont les propositions physiquement universelles ; — l'universalité des autres vient de la nature morale dos hommes, ex. : toutes les mères aiment leurs enfants ; ce sont des propositions moralement universelles.

Or l'universalité métaphysique est absolue ; les essences ne pouvant être changées. Il n'en va pas ainsi de l'universalité physicpie : Dieu, en effet, auteur de la nature, peut, par miracle, déroger aux lois établies par lui. A plus forte raison, 1 'univei"salité morale n'est-elle pas absolue; ce n'est autre chose que la manière de faire la plus copimune parmi les hommes. — La première ne relève par conséquent d'aucune volonté ; la seconde est soumise à la volonté de Dieu ; le libre arbitre de l'homme peut déroger à la troisième.

Aussi, dans la discussion, on ne saurait de la vérité d'une proposition moralement universelle, inférer la vérité d'une proposition sing-ulière. 11 ne serait donc pas légitime de faire ce raisonnement: Les frères s'aiment entre eux ; donc Gain a aimé son frère Abel (n. 185).

79. Extension et compréhension de l'attribut. — Nous venons d'examiner l'universalité des propositions, c'est-à-dire lac^uantité du sujet ; c'est maintenant l'extension de l'attribut c|u'il convient de déterminer pour empêcher la proposition d'avoir un sens ambigu.

Première règle. — Dans une proposition affirmative, l'attribut n'est pas pris dans toute son extension en vertu de Vaffirmation ; mais il est pris dans toute sa compréhension. Dans cette proposition : l'homme est un animal, lattribut n'est pas énoncé du sujet, dans toute son extension, car il y a bien d'autres animaux que l'homme ; mais il convient au sujet dans toute sa compréhension ; c.-à-d. que tout ce qui convient à l 'animal se rencontre chez l'homme, comme la sensation, la vie la substantialité, etc.

Nous avons dit : « en vertu de l'affirmation » ; accidentellement, en effet, « en raison de la matière » l'attribut sera quelcjuefois pris dans toute son extension. C'est le cas de toutes les

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(léliuitiuns, dv luiitcs les propositions où l'allribut ombrassaut resseiîce totale et rien que l'essence du sujet, exprime exactement la même idée qui^ le sujet. Si je dis l'honimc est lin. animal raisonnable, j'exprime la même idée qu'en disant : un animal raisonnable est un homme.

Seconde rèyle. — Dans une proposition néqative, l'attribut l'st pris dans toute son extension, mais non dans toute sa comjj/'é/fension. Ainsi dans cette proposition, l'homme n'est pas un ange, l'attribut ange est refusé au sujet dans toute sou extension, aucun ange, en eiïet, n'est homme ; mais l'attribut ne lui est pas refusé dans toute sa compréhension ; nombre de propriétés angéliques en effet, se retrouvent chez riiommc, l'intelligence, la vie, et autres semblables...

Par conséquent, la force de l'aflirmation et la force de la négation sont en raison inverse l'une de l'autre. L'affirmation accorde au sujet la compréhension, mais non pas toute l'ext(Mision du prédicat ; la négation lui en refuse non pas toute la compréhension, mais toute l'extension.

§ II. — Division secondaire des propositions.

Nous avons dit que toute proposition se compose de quatre éléments. Or, parmi ces éléments, ni la quantité, ni la vérité, ne se peuvent subdiviser. Au contraire, la matière peut être composée ; quant à la forme, elle peut exprimer outre la convenance du sujet et de l'attribut, une condition ou un mode de cette convenance. De là une triple division.

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