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Définition du nom ou sujet : ses espèces

A. — Aristitfe l'a défini : « /'// mot qaiqxir suite d'une convention, a un sens qui fait abstraction du temps et dont aucune partie n''a son vrai sens indépendamment des autres. »

1" C'est un mot qui, par suite dune convention, a un sens ; t'est-à-dire que c'est un des signes arbitraires (n. 52), et non pas un mot inutile et vide de sens (n. 65).

2" Le nom fait abstraction du temps, et en cela, il diffère du verbe. Le nom se décline: nominatif, génitif,... mais aucun

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de ces cas n'indique le temps. Bien plus, les noms qui signifient le temps comme jour, mois, année, soir, matin, font abstraction du présent, du passé ou du futur.

3" Enfin, aucune partie du nom n'a son vrai sens indépendamment des autres parties. En d'autres termes, quoique matériellement composé (arc-en-ciel), le nom est formellement simple, parce qu'il ne désigne qu'une seule chose.

B. — Parmi les noms, les uns désignent la personne. Ex. : je, tu... ; les autres, une nature, ex. : arbre ; d'autres sont à la fois des noms de personnes et de nature, Ex. : Pierre. — Distinguons encore le nom substantif, ex. : arbre, le mot connotatif, ex. : vert.

71. Définition de l'attribut ou du verbe attributif: ses espèces. — L'attribut n'est pas, comme le nom, un terme absolu, mais relatif : c'est l'attribut d'un sujet. S'il comprend la copule unie à l'attribut, on l'appelle verbe attrilnitif. Voici sa définition.

A. — « C'est un inotqui, enverlu d'une convention, indique avec les modalités du temps, une propriété du sujet. »

1° Ce mot indique les modalités du temps, et ainsi il diffère du nom. On conjugue le verbe attributif par temps et modes, pour indiquer si la qualité est dans le passé, le présent ou le futur. Ex. : il étudie, il a étudié, il étudiera. Aussi l'infinitif, comme étudier, est-il un nom plutôt cju'un attribut.

2" Ce mot marque une propriété du sujet. Ex. : Pierre étudie. L'action d'étudier actuellement est attribuée à Pierre.

B . — Comme les noms, on divise les verbes attributifs en substantifs, et adjectifs, selon qu'ils accordent au sujet l'acte d'existence simplement comme le verbe être, ou quelque chose de surajouté à l'existence comme le font tous les autres verbes, même le verbe avoir. Mais les uns et les autres, quand ils sont pris dans le sens attributif, renferment le verbe copulatif ou la copule dont il nous reste h parler.

72. Le verbe copulatif ou copule. — La copule est, pour ainsi dire, le lien du sujet et de l'attribut dont il exprime l'union objective. De même que dans un édifice, le ciment est le lien qui réunit les pierres, ainsi dans une proposition, les matériaux, sujet et attribut, sont unis par quelque mot. La copule est donc le mot qui affirme la convenance ou la disconvenance du sujet et de l'attribut.

Or le temps présent du verbe être remplit seul ces condi-

PREMIKRE PARTIE, DIALECTIQUE 53

l'ions : jt; SUIS, tu es,ilest,je ne suis pas, tu n'es pas, il n'est pas ; c'est donc lui qu'on entend par copule.

1° Le temps présent est seul vraiment copulatif. Ce temps, en eiïet, est toujours celui de l'affirmation ou de la négation ; les autres temps, au contraire, passé, futur, n'affectent que l'attribut. Pierre ètufJiera demain, signifie que Pierre est devant étudier demain.

2° T^e verbe être est le seul verbe copulatif. Mais il se trouve implicitement contenu dans tous les autres. Ex. : Pierre coiu't, est la môme chose que : Pierre est courant.

3" Le verbe être est donc pris ici dans son sens copulatif. Ex. : Dieu est bon ; — et non au sens attributif; ex. : Dieu est ; en ce cas il désignerait l'existence, mais le sens copulatif y est sous-entendu : Dieu est existant. En ce sens les modernes ont raison d'appeler le verbe être le verbe par excellence, puisque seul il affirme ou il nie, unit ou sépare l'attribut et le sujet.

ARTICLE II

Espèces de propositions.

Il y a deux manières de diviser les propositions, selon que l'on fonde la division sur les éléments essentiels de toute proposition ou sur des éléments propres seulement à cj[uelquesunes. On a ainsi la division ^r/moire et la division secondaire.

^ I. — Division primaire des propositions. 73. Principales espèces de propositions. — Dans toute proposition il y a quatre choses à considérer : la matière, c'est le sujet et l'attribut, — la forme ou qualité de la copule ; — la riérité ou sa conformité avec l'objet ; — et la quantité ou extension du sujet. Par conséquent on peut tout d'abord diviser toutes les propositions :

Au point de vue de la matière,

En nécessaires et conlingenles,

impossibles et possibles.

.\u point de vue de la qualité, Au point de vue de la vérité.

en affirmatives et négatives. en vraies et fausses.

Au point de vue de la quantité.

en singulières et universelles,

particulières et indéfinies.

74. 1" Au point de vue de la matière, on distinguo quatre espèces de propositions. En effet, il est évident que, dans une proposition, le sujet et l'attribut qui en composent la matière, ou se conviennent nécessairement entre eux, ex. : l'homme est un animal ; — ou sont opposés par essence comme si l'on disait : l'homme est un ange ; — ou bien ne conviennent entre eux qu'accidentellement et non par essence, ex. : Pierre ment ; — ou bien enfin ne se conviennent pas, mais pouxTaient seulement se convenir, ex. : l'homme est menteur. Les propositions se divisent donc en nécessaires, — impossibles, — contiiifj entes, — et simplement jtwss/é/es.

75. 2° Au point de vue de la forme, on divise les propositions en ni^fjaiives et positives. La copule est la forme même de la proposition (n. 72), Or cette copule — tantôt unit le sujet et l'attribut ; c'est la proposition affirmative ou positive ; ex. : l'hojnme est mortel ; — ou tantôt les sépare ; c'est la proposition négative, ex. : l'àme n'est pas un corps.

Il est à remarquer que la particule « non, ne pas » peut porter sur lo svijot, l'attribut ou le verbe. Si elle porte sur le sujet ou l'attribut elle les rend indéfinis, mais la proposition reste affirmative ; ex. : « ne pas aimer la sagesse est une folie ». Pour que la proposition soit négative, la particule négative doit porter sur le verbe copulatif, comme dans l'exemple déjà cité : l'âme n'est pas un corps.

76. 3° Au point de vue de la vérité, la proposition est vraie ou fausse. Une proposition xraïe est celle qui énonce un jugement vrai ; et un jugement vrai est celui qui convient à l'objet jugé. Ex. : l'homme est mortel. Une proposition fausse est celle qui exprime un jugement faux, c'est-à-dire un jugement qui ne convient pas à l'objet jugé. Ex. : Dieu n'est pas providence.

Une proposition négative peut être vraie ou fausse aussi bien qu'une proposition positive. On doit, en effet, distinguer Yaffirmation vraie et la négation vraie, ['affirmation fausse et la négation fausse.

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