‹ Cours de philosophie scolastiqueChapitre 4 sur 291 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Depuis longtemps déjà, la célèbre formule : il faut traverser Kant, retentissait à la Sorbonne et dans les Revues, comme un glas funèbre. Aujourd'hui que l'exode est terminé, le système de Kant a vécu, au moins en France, et ce ne sont pas les bruyants hourras du centenaire allemand qui le réveilleront dans son tombeau.

Parmi les causes multiples qui ont hâté son déclin et son trépas, nous aimons à compter le mouvement de renaissance néo-scolastique, qui commence à rayonner, depuis vingt-cinq ans, de ses trois principaux foyers : Rome, Louvain et Paris- Mais c'est bien d'un vice constitutionnel que le kantisme devait mourir, et qu'il est mort en effet, car il portait en son sein un principe fatal de dissolution et de ruine.

Il avait promis d'affranchir définitivement la raison humaine, la raison théorique et la raison pratique, en décrétant leur « autonomie ». Quel beau rêve, quel idéal séducteur, pour une société nouvellement éclose de la Révolution, et comme on comprend la faveur et l'engoùment qu'il souleva en France, jusqu'au sein de la Convention nationale, qui s'empressa — sans l'avoir jamais lu — d'honorer Kant du titre de citoyen français ! Mais comment ce philosophe a-t-il tenu son orgueilleuse promesse, quel nouveau rationalisme, quelle nouvelle morale indépendante a-t-il offert à la libre-pensée?

Que signifient et que valent cette « autonomie de la Raison », et cette « autonomie de la volonté », imaginées par cet auda-

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