PREMIÈRE PARTIE, DIALECTIQUE O'J
pies. — La vérité ou la fausseté de ce genre de propositions dépend de la connexion ou du manque de connexion entre le conséquent et l'antécédent, et nullement de la vérité ou de la fausseté de l'antécédent et du conséquent pris séparément. Dans cette proposition : « si Judas est apùtre, il est traître », l'antécédent et le conséquent pris séparément sont vrais; mais, en tant qu'hypothétique, la proposition est fausse.
2° La proposition disjonctiKe est celle dont les propositions simples sont sé])arées par la particule ou^ou bien, soit... Ex. : la substanct- est corporelle ou incorporelle. — Pour que la proposition disjonctive soit vraie, il doit y avoir une vraie iiicduipatibilité {\>.a.yr, rù.ziu), une contradiction véritable entre les membres de la proposition, de façon qu'ils ne puissent être ni ensemble vrais, ni ensemble faux. Dans la proposition disjonctive il ne peut donc y avoir plus d'un membre vrai. Aussi ne dira-t-on pas : ou Pierre lit i»u il marche, car il peut à la ois lire et marcher.
3» La proposition conjonctive est celle dont les propositions simples ont des attributs unis grammaticalement par la particule et, et aussi. — Pour qu'elle soit vraie, il suffit d'une opposition contraire entre ses membres. En d'autres termes, il suffit que logiquement les attributs ne puissent convenir à la fois à un même sujet. Ex. : Pierre lit et ne dort pas. Mais on ne dira pas : Pierre lit et n'est pas assis, car il peut à la fois être assis et lire.
Au reste pour voir clairement la vérité ou la fausseté des propositions disjonctive et conjonctive, il faut les ramener à des conditionnelles. De cette disjonctive : la substance est corporelle ou incorporelle, on fait une conditionnelle : si la substance est corporelle, elle n'est pas incorporelle. De cette conjonctive : personne ne peut servir Dieu et l'argent, on fait cette conditionnelle : si quelqu'un sert Dieu, il ne sert pas l'argent (n. 123).