‹ Cours de philosophie scolastiqueChapitre 44 sur 291 · Définition de l'opposition : ses espèces. — A. — Cette · texte numérisé non relu

Définition de l'opposition : ses espèces. — A. — Cette

ingénieuse et fort utile « lutte » des propositions, qu'on appelle opposition, se peut définir au sens strict : « L'affirmation et la négation du même attribut, d^un même sujet sous le même rapport.)^ Ainsi ces propositions : tout homme est juste, aucun homme n'est juste, sont opposées. Il y a en effet :

l'HEMIÈRE PARTIE, DIALECTIn^^: 01

1° une affirnintion : tout homme est; — 2° une négation : aucun homme n'est; — 3° affirmation et négation d'un môme attribut, d'un môme sujet : c'est do l'homme que la justice est affirmée et niée ; — 4° sous le môme rapport : le mot juste est pris dans le même sens relatif à l'homme.

B. — Il y a quatre espèces d'opposition. En effet : l" Les propositi(jns peuvent ne différer y«'e/i quantité ; ex. : tout homme est juste; quelque homme est juste; — ou encore : aucun homme n'est juste ; quelque homme n'est pas juste. — Elles diffèrent en quantité, puisque l'une est universelle, l'autre particulière ; et seulement en quantité, puisque toutes deux sont affii'matives ou négatives. On les appelle propositions subalternes et on les définit : deux propositions affirniatives ou négatives dont fane, la subalternante, est universelle et r autre, la subalternée, particulière.

2° Les propositions peuvent ne différer qu'en qualité : tout homme est juste, aucun homme n'est juste ; ou encore : quelque homme est juste, quoique homme n'est pas juste. — Elles diffèrent en qualité, puisque l'une est affirmative, l'autre négative, et rien qu'en qualité, puisqu'elles sont toutes deux universelles ou toutes deux particulières.

a) On les nomme contraires, quand toutes deux sont universelles. Et on les définit : Deux propositions universelles dont l'une est affirmative, l'autre négative.

b) On les nomme sous-contraires, quand toutes deux sont particulières. Et on les définit : Deux propositions particulières dont l'une est affirmative, Fautre négative.

3° Les propositions opposées peuvent différer à la fois en qualité et en quantité, ex. : tout homme est juste ; quelque homme n'est pas juste ; ou encore : aucun homme n'est juste, quelque homme est juste. — De telles propositions diffèrent en qualité : l'une est affirmative, l'autre négative, et en quantité : l'une est universelle, l'autre particulière. L'Ecole les nomme contradictoires, et les définit : Deux propositions dont tune est universelle, négative ou affirmative, t autre particulière, affirmative ou négative.

Comme on le voit, la déflnition donnée de l'opposition ne convient ni aux subalternes, ni aux sous-contraires ; celles-ci ne sont pas, en efîet, strictement opposées. Les contraires le sont, mais jusqu'à l'excès : aussi Philosophie. — Tome 1 4

entre elles se trouve un milieu, qui n'existe pas entre deux propositions contradictoires, dont l'une nie seulement et précisément ce qui est nécessaire à l'affirmation de l'autre. Aussi la contradiction est-elle la plus iiiande et la plus parfaite de toutes les oppositions.

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