Inférence par subalternation ; sa nature ; ses espèces
A. — l^our n'être pas une opposition proprement dite, la subalternation n'en est pas moins la source principale des inférences. Les subalternes, en effet, ne diffèrent que par V extension du sujet. Or ce qui est vrai de tous est vrai de quelquesuns et de chacun en particulier. Ex. : tous les hommes ressusciteront : j'en conclus : donc Pierre, lui aussi, ressuscitera. —
PRKMIKRE PARTIE, DIALECTIQUE G9
Si, au contraire, quelque propriété nécessaire manque à quelques êtres, il faudra ntiiclure qu'à plus forte raison elle manque à tous. Si cette proposition est fausse : quelque homme est brute, cette autre le sera aussi : donc tout homme est brute.
li. — Tout cela est vrai si les subalternes mnt dis tributives ; mais l'inférence ne se fera pas de la même manière, si elles sont collectives. En effet :
1° Dans les proposilions affirmatives, il n'est plus permis de conclure de toute la collectivité à chacune de ses parties. Une partie, en effet, en tant que partie, n'a pas la même propriété que le tout. Ainsi l'on ne peut dire : tous les habitants sont la cité, donc chaque habitant est la cité.
2° Dans les négatives, au contraire, l'inférence est possible. Ce qui, en effet, ne convient pas à la collectivité ne saurait convenir aux parties en tant que parties. Ainsi, si toute la cité ne peut résister à l'ennemi, un seul citoyen ne peut pas non plus lui résister.
G, — Enfin on ramène aux inférences par subalternation, celle qui s'appuie sur l'extension du prédicat. Ainsi :
l» D'un terme moins universel on conclut affirmativement à un terme universel. Ex. : l'homme est animal ; donc, à plus forte raison, il est corps, donc il est substance.
2" D'un terme supérieur on conclut négativement à un terme inférieur. Ex. : une pierre n'est pas un végétal ; donc, à plus forte raison, elle n'est pas un animal.
Remarque. — Il y a encore d'autres inférences (les enthymèmes, par ex.) qui renferment matériellement deux propositions et formellement trois. Leur étude appartient au chapitre du raisonnement (n. 121).