‹ Cours de philosophie scolastiqueChapitre 50 sur 291 · Inférence immédiate ; sa nature ; ses espèces · texte numérisé non relu

Inférence immédiate ; sa nature ; ses espèces

A. — L'inférence immédiate se définit : Le passa/je lofjiqne et immédiat d'une proposition à nne autre; ex. : aucune matière ne pense, donc ce qui pense n'est pas matière.

1° C'est le passage d'une proposition à une autre. La première s'appelle antécédent, la seconde conséquent (n. 00).

2° C'est un passage /ogirjueqiù s'opère en vertu de la consé-

bO LOGIQUE

quence, c'est-à-dire du lien logique qui relie une proposition à l'autre.

3" C'est un passage immédiat. L'esprit peut passer d'une proposition à une autre en vertu d'un moyen ternie ou sans moyen terme. Dans le premier cas, on a l'inférence médiate ou syllogisme ; dans le second, on a l'inférence immédiate : c'est de cette dernière que nous parlons.

B. — Toutes les inférences immédiates reposent sur les propriétés des propositions. On les ramène à trois classes :

1° Les unes proviennent de la conversion des propositions et, avec les mêmes mots, expriment des idées différentes ; ex.: aucun homme n'est ange ; aucun ange n'est homme (n.90) ;

2° D'autres viennent de rèquipollence, et sous divei'ses formes expriment une même idée. Il est nécessaire que l'homme soit doué de raison ; donc il est impossible qu'un homme ne soit pas doué de raison (n. 88). A cette classe se ramènent toutes les inférences fondées sur l'identité ou la synonymie ; ex. : la sphère est ronde, donc le globe est rond.

.3° Les autres enfin, sous des formes différentes, expriment des idées différentes : et c'est sur V opposition qu'elles se fondent. En effet. — 1 . De la fausseté d'une contradictoire on doit conclure à la vérité de l'autre et réciproquement. Ainsi de la fausseté de cette proposition : tout homme est prudent, on conclut : donc quelque homme n'est pas prudent.

2. De la vérité d'une contraire on peut inférer la fausseté de l'autre, mais non pas réciproquement. Si donc il est vrai qu'aucun homme ne soit une brute, il est faux que tout homme soit une brute.

3. De la fausseté d'une sous-contraire, on déduit logiquement la vérité de l'autre, mais non pas réciproquement. S'il est faux que quelque homme soit un ange, il est vrai que quelque homme n'est pas un ange.

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