‹ Cours de philosophie scolastiqueChapitre 56 sur 291 · PREMIÈRE PARTIE, DIALECTIQUE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, DIALECTIQUE

cinns ; d'autres énoncent moins des rèfjlea pratiques que des principes généraux sur la nature du syllogisme. Il est clair, «Ml effet, que les prémisses du syllogisme doivent contenir la conclusion de telle façon que celle-ci en découle nécessairement.Mais pour le vérifier, le meilleurest encore de recouriraux huit règles des anciens, consacrées par l'usage et l'expérience ; elles seules montrent, à coup sur et très facilement, dans tous les cas possibles, la vérité ou la fausseté d'un syllogisme.

ARÏKJ.E IV.

fJspi'ces: ffr syllogisme.

119. Division du syllogisme- — La division du syllogisme diffère selon qu'on se place au point de vue de sa forme ou de sa matière.

A. — Aupoint de vue de sa forme : — 1° Si l'on considère la disposition artificielle des termes : Il y a d'abord autant de syllogismes que de figures et de modes (n. 108). — Puis le syllogisme peut être scolaslique ou oratoire. Il est scolastlque, si les termes et les propositions sont groupés dans l'ordre rigoureux dont nous avons parlé. Il est oratoire, si les termes sont disposés en vue de l'élégance du style, ou de l'effet du discours. Ex. : « Si vous vivez selon le monde vous ne pouvez espérer le salut que Dieu a promis à ceux-là seuls qui vivent chrétiennement. » — Enfin il est parfait ou imparfait, car en dehors du syllogisme scolastir/ae, appelé aussi syllogisme en forme, ou syïloghme parfait, il existe d'autres espèces d'argumentations qui s'y ramènent facilement, ou n'en diffèrent que comme l'imparfait diffère du parfait. Telles sontl'enthymème et le sorite, dont nous parlerons plus loin (n. 124).

2° Si l'on considère le nœud qui rattache le conséquent à l'antécédent, le syllogisme est déductif ou inductif (n. 48).

B. — Au point de vue de la matière, on peut considérer la vérité ou la composition d'un syllogisme.

Dans le premier cas, le syllogisme est démonstratif, dialectique ou sophistique, selon qu'il se compose de propositions vraies, probables ou fausses. Nous en parlerons au troisième livre de la Dialectique.

Dans le second cas, le syllogisme est simple ou composé.

Le syllogisme simple, au sens habituel du mot, est celui dont les deux prémisses sont des propositions simples ; ex. : ce qui est bon doit être aimé ; or Dieu est bon ; donc Dieu doit être aimé. — Le syllogisme est composé, si une prémisse au moins est composée. Si la prémisse composée exprime quelque chose de complexe on a le syllogisme complexe ; ex. : la gloire est chose yaine : or la plupart sont désireux de la gloire ; donc... — Si la prémisse est hypothétique, on a le syllogisme hypothétique.

Il ne reste donc plus qu'à parler : — 1° du syllogisme hypothèiiqxie ; — 2° des formes imparfaites d'argumentation.

§ I. — Du syllogisme hypothétique.

120. Sa nature, sa valeur, ses espèces. — A. — Le syllogisme hypothétique, comme nous venons de le dire, est un syllogisme dont la majeure n'est pas une proposition catégorique, mais hypothétique. — Pour être légitime, il faut : l — qu'une partie de la majeure composée contienne la conclusion, et que l'autre partie montre la cause logique de cette conclusion ; 2 — que l'affirmation d'une des parties dans la mineure soit la condition- de la négation ou de l'affirmation de l'autre partie dans la conclusion ; ex. : si Dieu est juste, il est vengeur du crime : or Dieu est juste ; donc il est vengeur du crime.

B. — Cette forme de raisonnement est très naturelle ; et les hommes sont très portés à s'en servir. C'est qu'en effet on y trouve une grande vigueur de logique, soit pour répondre aux objections, soit pour pousser un adversaire. On y voit, en outre, exprimée une modalité de temps dont le syllogisme catégorique fait abstraction, et qui rend l'argumentation plus concrète et plus saisissante.

C. — Le syllogisme hypothétique peut revêtir trois formes : il est conditionnel, disjonctif ou conjonctif, selon que la prémisse est conditionnelle, disjonctive ou conjonctive, comme nous allons l'expliquer plus longuement (n. SI).

121. Le syllogisme conditionnel : ses figures. — Le syllogisme conditionnel est celui dont la majeure exprime une coudilion. On en compte deux figures :

A. — Dans la pn-emière, la condition ou antécédent est placée

Page 1