Mode négatif
Si Pierre court, il se meut ; Or il ne se meut pas ; Donc il ne court pas.
Le mode négatif est légitime. Du moment que le conditionné n'est pas vérifié, c'est que la condition requise n'a pas été posée. Mais le mode positif est illégitime, car si le conditionné exige une condition, il n'exige peut-être pas celle-ci plutôt qu'une autre.
123. Le syllogisme disjonctif : ses modes. — C'est un syllogisme hypothétique dont F antécédent est une proposition disjonctive. — Il n'a qu'une figure, à cause de la parité des membres de la disjonction qui sont placés en mineure, mais cette figure a deux modes, tous deux légitimes.
1" Mode affirmatif-négatif. Il affirme un membre dans la mineure, pour nier l'autre dans la conclusion. Ex. :
.-r. .-<• ( Pierre se meut ou se repose;
Affirmatif- S ^ t.- »' '
, ,., < Or Pierre se 7n^j</ ;
négatif ( ^ ^.
^ Donc Pierre ne se repose pas.
2° Mode négatif-affirmatif. 11 nie un membre dans la mineure, pour affirmer l'autre dans la conclusion. Ex. ;
Pierre se meut ou se repose ;
Négatifaffirmati
p / J t^LlK^ Ol^ inclut V7U Ol^ I
,.„ 3 Or il ne se jneut pas :
( Donc u se repose.
La raison est la même dans les deux cas. Les membres de la véritable disjonctive ne sont pas seulement contraires mais encore contradictoires ; si donc on choisit l'un, il faut rejeter l'autre, et réciproquement.
Scolie. — On obtient les mêmes modes si la disjonctive a plus de deux membres : la conclusion sera simple, disjonctive ou copulative, selon la position des membres dans la mineure. Ex. :
Pierre est égal à Paul, ou plus grand, ou moins grand ; Or il lui est égal ;
Donc, il n'est ni plus grand, ni moins grand que lui. (La conclusion est une proposition copulative.) 123. Syllog-isme conjonctif : ses modes. — C'est un syllogisme hypothétique dont la majeure est une proposition conjonctive. Il n'a qu'une figure et deux modes : l'un vrai, l'autre faux.
1° Le mode affirmatif-négalif est légitime. En effet, la proposition conjonctive dit que deux choses ne peuvent être à la fois affirmées d'un même sujet ; affirmer l'un, c'est donc nier l'autre.
Aff aff (. ^'^"'^ "^^ P^^* ^ '^ '^•''^ courir et se reposer;
, .., \ Or Pierre court ;
négatif j ^ ., '
{ Donc il ne se repose pas.
2° Le mode nègatif-affirmatif est faux par lui-même. La
conjonctive, en effet, par elle-même, peut n'avoir que des
membres contraires .et non pas contradictoires; ils peuvent
donc être faux à la fois, et de la fausseté de l'un on ne saurait
déduire la vérité de l'autre.
f Pierre ne peut pas à la fois courir et se reposer ;
„„ ^ . „ \ Or Pierre ne court pas : nffîrmatif / r, .,
*- Donc u se repose.
Si donc, après la négation d'un membre, le second se trouve vrai, c'est parce qu'il arrive que la conjonctive est en même temps disjonctive, comme dans l'exemple suivant : Pierre ne peut à la fois se mouvoir et se reposer ; or il ne se repose pas ; donc il se meut.
Scolie, — Les syllogismes disjonctif et conjonctif se ramènent aisé-
PUEMlknE PARTIE, DIALECTIQIK K'J
ment nu conditionnel, et celui-ci nu catégorique ; ex. : Celui qui remue ne se repose pas ; or Pierre remue ; donc il ne se repose pas (n. 81).
i; II, — Formes imparfaites du sijllnfjisme.
On en cite habituellement cinq principales : Venthymème, le sorile, Vêpichérème, ]e po/ijsîjlhgisnie et le dilemme.
124. Définition de l'enthymème . —A. — Aristoto, les scolastiques et Wolf lui-même le définissent : Un syllogisme où la conclusion n'est basée que sur des vraisemblances. Ev. : les pères aiment leurs enfants : or Titius est fils de Sempronius : donc Titius est aimé de Sempronius. En ce sens, l'enthymème ne diffère du syllogisme que sur un point ; c'est que les prémisses, et parlant la conclusion, ne sont pas en matière nécessaire, mais seulement contingente.
B. — Mais, d'après le plus grand nombre de philosophes modernes, renthymème est lu^ syllogisme tronqué ; l'inie des promisses est sous-entendue, ("est un argument composé de deux propositions, dont Fune est déduite de t autre. Ex. : Tout corps est étendu; Donc l'àme n'est pas un corps.
La mineure est sous-entendue : or l'Ame n'est pas étendue. I/enthymème est donc une espèce d'inférence immédiate qui se résout facilement en un syllogisme explicite (n. 93).
125. Définition et règles du sorite. — A. — Le sorite (tw,cô;) ou groupe de syllogismes, est un argument composé de plusieurs propositions tellement unies, que I attribut de la première devient sujet de la seconde ; F attribut de la seconde, sujet de la troisième, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'on rencontre la conclusion dont le sujet doit être le sujet de lapremiiire jtroposition et l'attribut est T attribxU de la dernière proposition. Ex. : Vavare a beaucoup de désirs ;
Celui qui a beaucoup de désirs manque de bien des choses ; Celui qui manque de bien des choses n'est pas heureux ; Donc l'avare n'est pas heureux.
B. — Bien que le sorite soit une argumentation légitime, c'est avec raison que Cicéron Ta appelé le raisonnement le plus captieux. Aussi devons-nous examiner avec attention les règles qui le régissent.
1° Le sorite se ramènera à des sgllogismes simples ; ainsi apparaîtra sa vérité ou sa fausseté. Or il s'y trouve autant de syllogismes simples que de prémisses, moins une.
2° Toutes les propositions et chacune en particulier doivent ^^/•e tvrt /es : ce qu'il faut examiner avec soin, car l'erreur se glisse facilement dans l'une ou l'autre des propositions qui le composent.
?^° Aucune proposition, sauf la première, ne doit être particulière. La raison en est que le sujet de chaque proposition, si ce n'est celui de la première, est pris comme moyen terme.
126. Définition de l'épichérème- — L'épichérème fut défini par Arislitte : un sijllogisnie probable dans lequel Tune ou Vautre des prémisses. <m nuhne toutes les deux sont munies de leurs preuves.
Ex. : « Pour qu'un homme soit soupçonné de parricide il faut qu'il soit un scélérat, car le parricide est un crime horrible ; or tel n'est pas le cas de Sextus Roscius : il n'est ni audacieux, ni luxurieux, ni avare ; partant il ne peut être suspect de parricide. »
D'après cet exemple on voit que l'épichérème diffère du syllogisme parfait: soit parce qu'il renferme une proposition ajoutée comme preuve à une ou à deux prémisses ; soit parce que la conclusion découle de prémisses seulement prohahles.
127. Définition du poly syllogisme. — Le polysyllogisme, comme le mot l'indique, est un argument composé de deux ou de plusieurs syllogismes, disposés de telle façon que la conclusion de l'un soit la prémisse de l'autre, comme dans l'exemple suivant :
Ce qui a des parties est composé ; «
Or tout corps a des parties ; / ,> x- x j
„ , . , . r Contient deux
Donc tout corps est compose. > ...
„ , . X .• • -, . V svlloû-ismes.
Or le compose est divisible ; i . c
Donc tout corps est divisible. '
128. Définition et règles du dilemme. — A. — Le dilemme (Sic ).aiiÇavM, je prends deux fois) est un argument « cà deux cornes » ou à deux tranchants. On l'appelle encore un syllogisme hypothético-disjonctif, parce que la majeure est une proposition disjonctive. — On le définit d'ordinaire : tm argument oi( après avoir divisé le tout en ses parties dans la majeure., on affirme du tout dans la conclusion, ce qui dans la mineure a été affirmé de chaque partie.
C'est-à-dire que dans le dilemme : — 1 . on énumère d'ahord