PREMIÈRE PARTIE, DIALECTIQUE
les hypothèses contraires, en les séparant par la particule ou, ou bien ; — 2. on montre ensuite que chaque hypothèse est opposée à l'opinion de l'adversaire ; — 3. enfui on conclut que dans toute hypothèse l'adversaire a tort.
Tertullien, par exemple, argumente ainsi contre les tyrans :
Les chrétiens sont coupables ou innocents ;
S'ils sont coupables, pourquoi défendre l'enquête ?
S'ils sont innocents, pourquoi les punir quand même ?
Donc vous agissez mal dans l'un et l'autre cas.
Autre exemple : « Si j'ai mal parlé, rendez témoignage du mal que j'ai (lit; si j'ai bien parlé, pourquoi me frappez-vous ?/. (S. Jean, XVIII, 23).
B. — Pour que la conclusion du dilemme soit légitime, il Y a deux règles à observer : ["La disjonction doiirfre complî'Je\ autrement l'adversaire pourrait échapper en alléguant une troisième hypothèse, comme dans l'exemple suivant :
Ou ces livres (ceux de la bibliothèque alexandrine) contiennent la même chose que l'Alcoran lui-même, ou ils contiennent le contraire;
Dans le premier cas, ils sont inutiles, et doivent être brilles ;
Dans le second, ils sont mauvais et doivent être encore livrés aux flammes.
2° // est nécessaire quune des parties de la disjonction amène logiquement la conclusion. Autrement l'argument pourrait être rétorqué par l'adversaire, comme dans ce cas :
Vous administrerez vos subordonnés bien ou mal ; si vous les administrez mal, vous déplairez à Dieu ; si vous les administrez bien, vous déplairez aux hommes ; donc il ne faut pas prendre le gouvernement.