‹ Cours de philosophie, Volumes 3-4Chapitre 3 sur 39 · III · texte numérisé non relu

III

Or, il me semble qu'en général on 9'occitpe beaucoup plus du premier point que du second, el que les idées qu'on donne du bien se renferment trc^ dans l'histoire et ne s'élèvent pas assez à la théorie.

Long-temps j'ai essayé de me contenter de cette manière de traiter et de résoudre la question; mais sans cesse après m'ètre dit : le bien est là certainement ; je me demandais ce qu'il y était. J'étais certain de son existence et , si l'on peut le dire , de sa localisation ; mais je ne l'étais pas de son principe et de sa nature générale. Je n'aurais eu nulle difficulté à le montrer et à le marquer du doigt , mais je n'aurais pu le définir. Je le voyais dans la justice , dans la charité , dans la piété, dans le courage et la prudence, dans une foule d'autres vertus ; mais qu'était-il dans toutes ces vertus ? Il y avait du bien dans chacune d'elles; mais qu'était-ce que le bien ? Voilà ce que je ne voyais pas.

J'ignore si je suis parvenu à mieux résoudre le problème; mais je m'y suis appliqué , et voici comment j'y ai procédé. Je suis parti de cette vérité , qui est avant tout de raison^ mais qui est aussi d'expérience , ou que du moins l'expérience vérifie à chaque instant, savoir : que

PRéPACE. , XI

tout être a un but et l'a ccmforme à sa natare , qu'ainsi l'homme a le aien et l'a conforme à sa nature.

J'en ai conclu que sa nature doit révéfer son but , et que la science de l'une une fois faite , la «cience de l'autre ne peut manquer.

Or, comme le résultat le plus général des études psychologiques, c'est que l'homme est une force qui , douée d'intelligence , de sensi-. bilité et de liberté , est par là même morale; il m'a paru par cette raison que son but ou son bien , dans sa plus haute généralité , est de se développer et de se perfectionner comme force morale , d'agir moralement le plus ^ le mieux possible, d'agir le plus et le mieux ]X)ssiblè aelon les lois de ses fiicultés et l'ordre de ses rapports, d'aroir en im mot, aux conditions qui lui sont imj)Osées par le Créateur, toute l'activité qu'il est dans son essence et son pouvoir de déployer.

Agir, voilà son bien, comme c'est le bien de toute force; agir, cela s'entend , convenablement à* sa nature, convenierUer naturœ; car toute autre espèce d'action, toute action qui ne serait pas selon les {principes de sa nature, ne serait pas une action vraie , ne serait pas une

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