PREFACE. IX
que le bien est dans telles ou telles actions; dans celles, par exemple, du dépositaire fidèle , du magistrat intègre , du soldat dévoué , du héros d'une juste cause, du martyr d'une sainte foi ; on le dit de même d'une foule d'actions que l'on raconte, que l'on décrit et que l'on propose pour modèles à la conscience de chacun. Et cette méthode n'est .pas mauvaise ;« mais', à mon avis, elle est insuffisante; elle est bonne pour commencer et non pour finir la science; elle constate les faits, mais ne les explique ni ne les définit; elle atteste le bien, le montre , le met en tableaux , mais ne le réduit pas en théorie. C'est assez sans doute pour l'enseignement pratique et populaire , c'est assez pour l'éducation, mais ce n'est pas assez pour la science ; car si la science est de l'histoire, elle est aussi quelque chose de plus; elle est de l'histoire généralisée et formulée eu principes. Cela est vrai de toute science , et en particulier de celle du bien. Si donc,^au sujet du bien, on débute par des exemples, il faut ensuite s'élever aux généralités et aux abstractions ; il faut pouvoir non-seulement affirmer qu'il y a du bien , mais déterminer en quoi il consiste et en faire la philosophie.