VI AVERTISSEMENT DE L AUTEUR
n08 i3, 20 et 21 du même recueil hebdomadaire, au commencement de 1826, ont, en effet, exposé, depuis longtemps, à tous les penseurs européens, les divers principes caractéristiques de l'ensemble de mes travaux ultérieurs sur la philosophie politique (1). Chacun pourra s'en convaincre aisément par la comparaison directe de ces anciens écrits au volume que je publie maintenant comme dernier élément indispensable de mon système général de philosophie positive.
Un retour aussi complet et aussi spontané à ces premières inspirations* de la jeunesse, seulement perfectionnées, dans l'âge mûr, par une aussi longue série de méditations méthodiques sur le système entier de nos conceptions scientifiques, constitue, à mes yeux, une des épreuves les plus décisives qui puissent m'animer d'une confiance vraiment inébranlable dans la justesse fondamentale de la direction que je me suis ouverte, et dont la nouveauté doit tant, faire sentir le besoin des vérifications les plus variées. Tous les juges compétents partageront, j'espère, la même impression, en voyant, dans ce quatrième volume et dans le suivant, quelle consistance et quelle lucidité nouvelles mes principes essentiels de philosophie politique tirent naturellement de leur intime connexion avec les indispensables antécédents scientifiques que je leur ai graduellement préparés par les trois premiers volumes de ce Traité. C'est pourquoi je me féliciterai toujours d'avoir, dès l'origine, nettement écarté le conseil irrationnel
(i) Si j'écrivais ici une notice historique sur mes travaux en philosophie politique, je devrais môme faire remonter l'énumération précédente jusqu'à un travail important publié, en 1820, dans un recueil intitulé l'Organisateur, et qui, quoiqu'il ne portât pas mon nom, m'était réellement propre. La marche générale des sociétés modernes depuis le onzième siècle y fut examinée en deux articles distincts, dont l'un exposa la décadence continue de l'ancien système politique, tandis que l'autre expliqua le développement graduel des éléments du système nouveau. Quoique ma découverte de la loi fondamentale de succession des trois états généraux de l'esprit humain et de la société ne fût point encore accomplie, j'ai tout lieu de croire que cette première ébauche n'a pas été sans quelque influence sur les travaux postérieurs de divers esprits distingués relativement à l'histoire politique des temps modernes.