‹ Cours de philosphie positiveChapitre 12 sur 28 · PRÉFACE PERSONNELLE XVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE PERSONNELLE XVII

qui dominent partout la presse périodique, voient aujourd'hui surgir une philosophie supérieure à leur influence, et qui tend directement à faire cesser leur prépondérance actuelle, sous l'inflexible prescription continue de rigoureuses conditions mentales, à la fois logiques et scientifiques qu'ils se sentent incapables de remplir suffisamment.

Considérons enfin la troisième classe spéculative, celle qui seule constitue aujourd'hui le germe très imparfait mais direct de la vraie spiritualité moderne. Là se trouvent ceux à qui j'ai fait l'honneur de demander à gagner honnêtement mon pain, parce qu'ils sont de ma famille intellectuelle : tandis que je n'ai rien dû attendre des deux autres catégories, comme m'étant essentiellement étrangères et même involontairement hostiles, sauf Tunique exception personnelle dont j'avais si mal à propos honoré M. Guizot. Afin d'apprécier convenablement à leur égard ma situation naturelle, il y faut distinguer avec soin les deux écoles, spontanément antagonistes, qui s'y partagent, quoique très inégalement jusqu'ici, l'empire général de la positivité rationnelle : l'école mathématique proprement dite, dominant encore, sans contestation sérieuse, l'ensemble des études inorganiques, et l'école biologique, luttant faiblement aujourd'hui pour maintenir? contre l'irrationnel ascendant de la première, l'indépendance et la dignité des études organiques. En tant que celle-ci me comprend, elle m'est, au fond, plus favorable qu'hostile parce quelle sent confusément que mon action philosophique tend directement à la dégager de l'oppression des géomètres. J'y ai trouvé non seulement mon plus complet appréciateur scientifique, dans la personne de mon éminent ami M. de Blainville, mais aussi de nombreux et honorables adhérents, dont le concours constate mieux une telle sympathie collective. Malheureusement ce n'est pas de cette classe, comme on sait, que dépend mon existence personnelle. Or, quant aux géomètres, sous la domination desquels je suis naturellement forcé de vivre, les indications précédentes ont assez fait pressentir ce que je dois attendre d'une classe scientifique dont l'ensemble de mon opération philosophique, soit mentale, soit sociale, détruit nécessairement la suprématie provisoire, graduellement développée pendant le cours de la longue élaboration préliminaire propre aux deux derniers siècles, comme l'expliquent spécialement les trois chapitres extrêmes de ce volume final.

A. C. - VI. h

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