‹ Cours de philosphie positiveChapitre 11 sur 28 · XVI PREFACE PERSONNELLE · texte numérisé non relu

XVI PREFACE PERSONNELLE

l'histoire générale des sciences positives, que seul encore je pourrais remplir de nos jours, et à laquelle j'eusse spontanément donné un caractère convenablement relatif à l'ascen • dant scientifique et logique de la nouvelle philosophie. Or, après diverses tergiversations, M. Guizot, qui a fondé, là et ailleurs, pour ses adhérents ou ses flatteurs, tant de chaires inutiles ou même nuisibles, fut bientôt entraîné, par ses rancunes métaphysiques, à écarter définitivement une innovation qui pouvait honorer sa mémoire, et dont il avait d'abord semblé comprendre la valeur naturelle. Je fus même ensuite obligé de publier, dans deux journaux, en octobre i833, avec quelques commentaires spéciaux, la note philosophique que j'avais dû composer à ce sujet, afin d'empêcher au moins que cette proposition, qui, en effet, est ainsi restée ultérieurement intacte, ne se trouvât finalement gaspillée au profit de quelque courtisan. Quant à la partie de l'école métaphysique qui constitue aujourd'hui ce qu'on appelle vulgairement l'opposition, et dont la principale influence réside dans la presse périodique, ses dispositions envers moi sont, sans doute, assez caractérisées par l'étrange silence que ses divers organes, quotidiens ou mensuels, ont unanimement gardé, pendant douze ans, pour la première fois peut-être, envers ma publication philosophique. C'est jusqu'ici seulement en Angleterre, du moins à ma connaissance, que ce Traité a donné lieu à un sérieux examen, par la consciencieuse appréciation dont un illustre physicien (sir David Brewster) honora en i838, dans la célèbre Revue d'Edimbourg, mes deux premiers volumes, quoiqu'il eût d'ailleurs assez peu compris l'ensemble de mon opération philosophique, malgré l'admission formelle de ma loi fondamentale, pour regarder un tel préambule comme constituant mon principal objet. Sauf cette unique discussion, ainsi plutôt scientifique que vraiment philosophique, ce long travail n'a jamais été même annoncé dans aucun journal de quelque importance, sans que Ton puisse assurément attribuer une telle réserve au sentiment personnel d'une insuffisance d'instruction préalable qui n'empêche pas l'essor habituel des jugements les plus tranchés. Quoique quelques organes avancés aient dû, à ce sujet, attendre naturellement la fin d'une élaboration qui n'est, en effet, pleinement jugeable que dans son ensemble total, on ne peut douter que ce silence exceptionnel ne soit surtout dû à la répugnance involontaire avec laquelle les métaphysiciens,

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