‹ Cours de philosphie positiveChapitre 14 sur 28 · PRÉFACE PERSONNELLE XXI · texte numérisé non relu

PRÉFACE PERSONNELLE XXI

précisément en qualité de fondateur d'une nouvelle philosophie générale, à la fois historique et dogmatique, que je resterai constamment en dehors, sans aucune discussion possible, d'une corporation instituée pour ranimer, en les centralisant, les influences ontologiques, auxquelles je m'efforce de substituer enfin l'universelle prépondérance de l'esprit positif. Dans un autre cas, une illusion analogue m'avait d'abord, comme je l'ai franchement avoué au tome quatrième, conduit moi-même à compter sur l'appui, au moins moral, de la classe scientifique, qui semblait devoir prendre un vif intérêt direct à l'extension décisive de la positivité rationnelle. C'était l'erreur naturelle de la jeunesse, disposée à penser que les sciences sont habituellement cultivées en vertu d'une vraie vocation, et que les généreuses tendances spéculatives y prédominent sur les vicieuses impulsions actives. Mais, d'après les explications précédentes, celui qui a directement fondé une science nouvelle, la plus difficile et la plus importante de toutes, et qui, en même temps, a spécialement perfectionné la philosophie de chacune des sciences antérieures, sera nécessairement toujours repoussé de ce qu'on appelle improprement l'Académie des sciences, quand même il pourrait se résoudre à en solliciter l'entrée, ce qu'il ne fera certainement jamais, depuis les indignités qu'on s'y est permis envers lui. Il laissera donc, sans aucun regret, cet honneur, de plus en plus banal, à la foule de ceux qui accomplissent aujourd'hui d'une manière presque machinale, ces prétendus travaux scientifiques dont, le plus souvent, l'esprit humain ne saurait conserver, après dix ans. la moindre trace, malgré l'ambitieuse dénomination qui les décore spécialement d'une chimérique éternité.

Pour achever d'apprécier la tendance profondément naturelle de l'influence scientifique à se réunir aujourd'hui, contre mon essor philosophique, à l'influence métaphysique, et même à l'influence théologique, il faut enfin remarquer, d'après une exacte analyse de notre situation mentale, que, malgré leur antagonisme naturel, la première, en tant que dominée encore par les géomètres, doit être, au fond, beaucoup moins éloignée qu'elle ne le semble de transiger habituellement avec les deux autres, au détriment de la raison publique. Depuis que la rénovation finale des théories morales et sociales constitue directement, dans l'immense révolution où nous vivons, la nécessité prépondérante, la présidence

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